‹ La franc-maçonnerie est-elle juive ou anglaise?Chapitre 12 sur 24 · I . '/.'ai'rr ) Il · texte numérisé non relu

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sa fortune finira avec lui. En 1776, on dut constituer une chambre de justice, pour faire rendre gOTge aux traitants ; ils trouvèrent appui, moyennant finances^ auprès des grands, et parvinrent à se racheter; quelques-uns cependant furent condamnés : ce furent Bourvarais, Le Normant, Paparel. Le nom de traitant fut à son tour changé en celui de fermiers généraux.

A la même époque, liaw^ essaie de créer une banque d'Etat, et, en 1718, il enlève les fermes à la société des fermiers généraux. Son désordre et sa folie de spéculation le perdirent. Les fermiers généraux en profitèrent et le ruinèrent; ce fut leur revanche et le retour à Tancien système.

Les fermiers généraux, qui redeviennent alors maîtres des finances et qui, suivant le mot du marquis de Souvré, soutiennent l'État comme la corde soutient le pendu, ce sont les frères Paris, de la Bouexière, Dupin, les Grimod, de la Live de Bellegarde, Tillion de Villeneuve, Helvétiiis, Savalette, Perrinet de Jars, Durand de Mézy, Bouret, La Popelinière, Beaujon, S^ James.

Avec ces financiers, durant tout le xviii® siècle, la noblesse et la bourgeoisie spéculent, agiotent à qui mieux mieux ; mais dans les grandes affaires

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financières en France, on ne voit plus fig-urer un seul juif.

Il en est de même dans tous les autres pays . Bédarride constate et loue la tolérance du Sénat de Venise qui, durant le moyen-âge, a protégé et favorisé les Juifs. Cependant il s'étonne de voir qu'au xvii*^ siècle ces sentiments ont changé et que, de sympathiques qu'ils étaient, ils deviennent hostiles. Ils n'y a rien là que de très naturel, si Ton veut bien se placer au point de vue qui est toujours le véritable, le point de vue financier.

Tout gouvernement a besoin de s'appuyer sur une force financière. Jusqu'au xvii^ siècle, le gouvernement de Venise, olig-archie ombrag^euse et despotique de patriciens, ne pouvait s'appuyer sur une force financière de capitaux nationaux. Ces capitaux auraient été fournis par des commerçants et leur auraient donné une puissance politique qui aurait pu faire échec à celle de l'aristocratie. Le sénat de Venise favorise donc les Juifs qui, au point de vue politique, ne peuvent lui porter ombrage et dépendent entièrement de lui, et c'est à eux seuls qu'il réserve la puissance financière. Mais, à partir de 1687, il dispose d'une banque nationale d'Etat, qui est en mesure de lui rendre

28 LA FRANG-3IAÇ0NNERIE EST-ELLE

les services que lui rendaient antérieurement les Juifs ; ceux-ci ne sont plus que des concurrents, non seulement inutiles, mais nuisibles à la banque de TEtat, et les dispositions du g-ouvernement à leurég"ard se trouvent immédiatement retournées.

A Gènes, le développement du commerce a pareillement donné naissance aune grande banque d'Etat; et, en Hollande, va bientôt apparaître la banque d'Amsterdam, qui sera la plus puissante de toutes.

L'Angleterre devait suivre la même voie.

A Londres, où le commerce avait toujours en quelque sorte résumé la vie nationale, les marchands de la cité capitalisaient leurs bénéfices en lingots d'or qu'ils déposaient à la Tour. En j64o, Charles P'", à bout d'expédients, voulut se saisir de ces dépôts. Les marchands se résignèrent à garder leurs lingots chez eux, mais leurs caissiers les engagèrent clandestinement aux orfèvres qui avaient besoin de métaux précieux, eji se faisant payer un intérêt pour la durée du dépôt. Les marchands, s'en étant aperçus, prêtèrent directement leurs lingots aux orfèvres qui inspiraient confiance, et en perçurent eux-mêmes l'intérêt. Durant la guerre civile, les seigneurs dont les

châteaux se trouvaient menacés firent de même. Les orfèvres, devenus chang-eurs pendant la révolution, spéculaient en outre sur la différence de poids des pièces d'or dont la frappe était irrég-ulière, et on les accusa, dans la suite, d'avoir profité de leurs connaissances dans la science des métaux précieux pour altérer la monnaie *; à la fois chang"eurs et dépositaires de sommes considérables, les orfèvres, payant pour ces dépôts un intérêt peu élevé, les employaient à escompter des billets et à prêter à un taux plus élevé.

Sous Cromwell. les Juifs, après trois siècles d'exil, demandèrent à rentrer en Ang-leterre. Sans doute, l'avènement d'un nouveau régime leur faisait espérer de ressaisir la puissance financière. Leurs requêtes furent examinées et discutées longuement sans résultat. Aucun document n'indique que Cromwell, qui leur était favorable, leur ait conféré aucun droit; il est probable que, de même qu'en France, sans être officiellement rappelés, ils furent tolérés en Ang-leterre.

Les orfèvres demeurèrent en possession de la

I. Godfrey. -1 short Account of the Bank of England. — Cf. Remarks on the proceedinjs of the commissionners for putting into exécution an Act passecl last session for Establishing a Land Bank.

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banque, et, sous la Restauration, c étaient eux qui soumissionnaient pour les impôts, comme plus tard en France les fermiers généraux. La seule différence est que les orfèvres de Londres soumissionnaient individuellement pour une certaine somme, chacun suivant ses moyens, tandis que les fermiers généraux devaient former une société. Mais ces banquiers isolés les uns des autres, recherchant les prêts avantageux de préférence aux prêts de toute sécurité, n'olïrirent bientôt plus de grandes garanties. Parmi eux les faillites furent nombreuses; en outre, et précisément parce qu'ils opéraient isolément, il leur était difficile de donner pleinement satisfaction aux besoins financiers de l'Etat. Ce furent ces conditions, mises en lumière par une série de libelles et de brochures, qui amenèrent la création d'une banque d'Etat, la banque d'Angleterre, fondée en 1694 par Williams Paterson.

Ce qui nous importe et ce que démontrent les critiques adressées aux orfèvres au sujet des monnaies, c'est que la banque d'Angleterre prit la suite de leurs opérations. De telle sorte qu'en Angleterre,. avant 1649, il n'y a pas de Juifs dans le royaume; de i64o à 1O94, la banque est aux

mains des orfèvres de Londres; en 1694, elle passe à un établissement national.

En résumé, depuis le xvi« siècle, les Juifs n'ont plus la puissance financière; ils ont été chassés des grands Etats par une concurrence contre laquelle ils ne pouvaient lutter ; ceux qui y sont restés ontpu s'enrichir individuellement en faisant le commercera banque et l'usure, mais leurs opérations de banque ont été limitées à la clientèle des particuliers ; ils n'ont pas fait les emprunts d'Etat, ils n'ont pas eu la concession des impots, ils n'ont pas eu la puissance de l'argent.

Us se sont retirés dans les principautés d'Allemagne, dans les villes des bords du Khin, où ils trouvaient encore des conditions analogues à celles du moyen-àçe : un souverain dont le i^ouvernement avait besoin d'arg^ent, et une nation incapable de créer une puissance financière. C'est là (pie nous les retrouverons plus tard; c'est de là qu'ils partiront pour jeter les bases de leur nouvelle puissance.

On le voit donc, et c'est ce qui découle des faits que nous venons de rappeler : à l'époipie où s*esl fondée la franc-maconnerie, les Juifs ne disposaient pas de moyens (jui leur permissent de la fonder.

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