VI PRÉFACE DE L'ÉDITION DE
alors que celles-ci disparaissent. Son secret n'est donc pas un secret d'un jour. Or il est une chose que la Franc-Maçonnerie n'ignore pas : c'est qu'en comparant ses différentes attitudes selon les temps et les circonstances, on peut arriver à s'apercevoir qu'elle donne le change sur son but véritable et que celui qu'elle annonce n'est nullement celui qu'elle poursuit. Il en résulte qu'elle est obligée de cacher soigneusement non seulement ce qu'elle fait dans le présent, mais encore, et avec plus de soin peut-être, ce qu'elle a fait dans le passé, afin d'éviter qu'on ne la mette en face de contradictions révélatrices.
Pour arriver à ce résultat auquel tendent déjà les serments imposés aux initiés, les chefs occultes de la Franc-Maçonnerie emploient encore deux autres moyens : ils font publier des ouvrages composés tout exprès pour tromper le public (1) ; et, en même temps, ils s'appliquent à faire disparaître de la circulation les ouvrages écrits par des auteurs compétents et consciencieux. C'est donc augmenter la difficulté pour eux que de renouveler les éditions épuisées de ces derniers. Or le grand principe, toujours vrai à la guerre^ quelle que soit d'ailleurs l'espèce de guerre qu'on fasse, c'est de gêner constamment l'adversaire, dans les petites comme dans les grandes choses.
(1) A l'appui de cette affirmation, je puis citer le fait suivant. On se rappelle louvrage soi-disant anti maçonnique : Le Diable au dix-neuvième siècle, qui fit tant de bruit et qui bouleversa Tesprit dun si grand nombre de catholiques en 1892. Ce livre était signé : le docteur Bataille, et cette signature couvrait les deux personnalités de Léo Taxi! et d'un certain docteur Hacks. Or, ledit docteur, qui feignait une si grande indignation contre la Franc-Maçonnerie dans les assemblées de laque le il montrait le diable intervenant en personne, est toujours francmaçon, et franc-maçon des plus militants. A telles enseignes qu'il représentait la Loge de Fécamp au Congrès des Loges du Nord-Ouest qui eut lieu au Havre, en 1902.