‹ La franc-maçonnerie et la question religieuseChapitre 3 sur 27 · PRÉFACE DE L'ÉDITION DE 1905 VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'ÉDITION DE 1905 VII

Lorsque ce livre parut, en 1892, il fut considéré comme la conception d'un esprit enclin à l'exagération. Ainsi sont toujours jugées les œuvres des avertisseurs. J'avais vu certaines choses que le public ignorait; je l'en prévenais ; il me répondait : ce que vous nous racontez n'est pas possible ! Rien n'est plus malheureux que cette résistance à admettre ce qu'on ignore, lorsqu'il s'agit de choses importantes ; mais aussi rien n'est plus naturel.

J'ai donc dû attendre que le temps vérifiât mes observations et qu'il se chargeât d'ouvrir les yeux que je ne parvenais pas à ouvrir moi-même. Aujourd'hui, on peut se rendre compte à quel point j'étais modéré et combien je m'étais tenu en deçà de la vérité.

Si modeste qu'elle fût, ma publication apportait une vue nouvelle. Elle plaçait la question maçonnique sur le terrain exclusivement politique. On a donné une République à la France, disais-je, et on lui a fait croire que c'était pour lui assurer la liberté. En réalité, sous le couvert de cette étiquette républicaine et parlementaire, une association dont personne ne se préoccupait s'est emparée du Parlement et, par ce moyen, a mis la main sur la République et sur la liberté des citoyens. Si on n'y prend garde, c'est une véritable tyrannie qu'elle établira sur la France. Cette association, c'est la Franc-Maçonnerie. Et je le prouvais.

La question maçonnique cessait par là d'être une question purement religieuse et de n'intéresser que les catholiques. Elle devenait une question républicaine ; et, par suite, elle devait tôt ou lard passionner tous les citoyens. Mais pour cela, il fallait attendre que les circonstances sur lesquelles j'avais essayé

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