CHAPITRE III
Origine et org^anisation de la Frcoic-M açonnerie . comme confrérie.
Gomme eonfrérie, la Franc-Maçonnerie a com- (nencé vers l'an 1720 de notre ère. Plusieurs soutiennent qu'elle est beaucoup plus ancienne; il m est même qui la font remonter jusqu'à Caïn et ï Lucifer. Peut-être ne distinguent-ils pas sa coni- Uitution organique de ses principes et de son but.. Pindel et les autres maçons qui ont écrit son histoire, disent qu'elle ne remonte pas plus haut que ia date indiquée ; or, si elle remontait plus haut, ils se seraient bien gardés de lui ôter son caractère* l'antiquité. Ses archives sont maintenant bien connues, et cependant il n'y en a pas d'antérieures i cette époque. Enfin l'Église de Jésus-Christ, {ui est la colonne et le soutien de la vérité, la gardienne du dépôt sacré de la foi, n'aurait pas nanqué d'apercevoir la Maçonnerie et de la conlamner, si elle avait existé de toute antiquité. ?as une hérésie n'a échappé à son regard vigi- ^ ant : à peinç les hérésies étaient-elles nées, que
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déjà elle les avait anathématisées. Comment donc cette Église si remplie de sollicitude pour préserver le troupeau de Jésus-Christ de la contagion de rhérésie serait-elle arrivée jusqu'au xviii^ siècle, avant de découvrir la Maçonnerie, la plus formidable des hérésies?
« Outre le secret commun à toutes les sectes détachées de Tunité catholique, celui de travailler en leur manière au développement de ce grand œuvre de contradiction et d'iniquité qui ne cesse de s'opérer depuis les siècles apostoliques, la Franc-Maçonnerie, par la raison seule quelle tendait au même but par la voie la plus courte et les moyens les plus atroces, devait s'envelopper aussi d'un secret plus profond. C'était sous l'allégorie du temple de Salomon, bâti par ordre de Dieu, détruit ensuite par les Assyriens, puis rétabli par Cyrus, que les francs-maçons déguisaient leur plan de conjuration. Us convinrent d'entendre par le temple de Salomon la liberté et t égalité uturelles que l'homme a reçues de Dieu ; par les Assyriens, les deux puissances du Sacerdoce et de l'Empire, qui sont censées avoir établi leur domination sur les ruines de l'égalité et de la liberté des autres hommes ; et, enfin, par le conquérant que le ciel suscita pour le rétablissement du temple de Salomon, ils entendent leur association, dont le but est de relever l'édifice dégradé de la liberté et de l'égalité. C'est par suite de cette allégorie qu'ils se nomment Maçons et s'envi-
rdnnent dans leurs loges de divers instruments en usage dans la maçonnerie *. »
Pour façonner cette secte, qui est son grand chef-d'œuvre, Satan prit d'abord ce qu'il y avait de pire dans les hérésies et les sectes qui ont attaqué l'Église pendant les dix-sept premiers siècles, et il en fit un condensé, qui est devenu le symbole ou credo du maçon. La Franc-Maçonnerie est l'égout collecteur de tout ce que le génie du mal a produit de pire : « En elle, dit le pape Grégoire XVI, comme dans une sentine, coule, mêlé à toutes les immondices, tout ce qu'il y a de sacrilège, tout ce qu'il y d'infamie, tout ce qu'il y a de blasphème dans les hérésies et les sectes les plus crijninelles ^ » Toutefois, comme Satan assouvit d'autant plus sa fureur contre Dieu, qu'il dégrade davantage l'homme, qui est fait à l'image de Dieu, et le plonge plus profondénient dans la fange, il a, de préférence, pris les matériaux de l'édifice maçonnique dans les abominables hérésies des Gnostiques et des Manichéens. Selon le rituel du 48° grade de la Maçonnerie écossaise, appelé Rose-Croix, le chef doit porter l'Etoile d'Italie sur la poitrine quand il est revêtu des