‹ La Franc-maçonnerie et les moyens pour arreter ses ravagesChapitre 16 sur 78 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

D^horribles serments €\% le poignard, clef.de voûte de la constitution de la Franc -Maçonnerie.

Les horribles serments et la justice du poignard, qui donnent à la constitution franc-maçonnique sa solidité et sa puissance formidable, méritent un chapitre à part. Le but de la Franc- Maçonnerie et le plan conçu pour l'atteindre doivent demeurer ensevelis dans les ténèbres les plusinpénétrables; le plan surtout est l'objet d'un secret absolu. 11 est naturel qu'elle procède ainsi : fille du prince des ténèbres, elle doit marcher dans les ténèbres ; car, dit le Sauveur, quiconque fait le mal hait la lumière y et il ne vient point à la lumière de peur que ses œuvres ne soient découvertes. Mais celui qui accomplit la vérité vient à la lumièrej afin. que. ses œuvres soient manifestées^ parce qu'elles ont été faites en Dieu *. La première raison qui a déterminé le pape Clément XII à condamner la Franc-Maçonnerie, est, dît le pape

i. Év. selon saint Jean, chap. HT, 20 et 21.

Benoît XIV S la fia vers laquelle elle tend, et la •deuxiëme raison est cet engagement rigoureux •d'un impénétrable secret sur tout ce qui se passe •dans les conventîcules. « Le but de l'ordre, a dit un franc-maçon, doit être son premier secret; le monde n'est pas assez robuste pour en supporter la révélation. » Le franc-maçon Dufresne a dit : « La durée de notre existence maçonnique dépend de la conservation rigoureuse de nos se- •crets. » En effet, la Franc-Maçonnerie ressemble à certaines larves qui se creusent des galeries dans les troncs d'arbres et ravagent quelquefois ^esforêts entières ; elles sont terribles, puissantes, tant qu'elles sont à l'abri de la lumière, sous l'é- <5orce et dans l'intérieur des arbres; mais, si vous les mettez au soleil, elles ne savent plus marcher ^t ne tardent pas à périr. Dans une circulaire adressée en 1794 aux arrière-Loges, la Franc- Maçonnerie allemande disait : « Vos maîtres devaient vous dire, comme nos pères nous l'avaient appris, que les secrets de l'association ne peuvent être connus que par quelques maîtres. » En 1849, un franc-maçon des hauts grades disait dans la Loge de Brème : « Il y a tel maçon qui ne parviendra jamais à connaître notre secret, pas même par les Loges et nonobstant tous ses grades : ce n'est qu'un profane, fût-il assis à rOrient du Temple et fût-il revêtu des insignes

1. Constitution, Pwvidas Romanorurriy 15 des calendes d'avril 1751.

^ du Grand-Maître. » Les francs-maçons qui croient <;onnaître les secrets ne sont que des dupes, et Weishauptles traite d'imbéciles : « Laissez-moi là les brutes, les grossiers et les imbéciles. Il est cependant une espèce d'imbéciles à qui il ne faut pas le dire, parce qu'on peut tirer avantage de leur sottise. Sans avoir de l'esprit, ils ont au moins des écus. Ce sont de bonnes gens, que ces genslà, et il nous en faut. Ces bonnes gens font nombre et ils remplissent notre caisse. Augent nume^ mm et âsrarium. Mettez-vous donc à l'œuvre, il faut bien que ces messieurs mordent à l'hame- <;on. Mais gardons-nous bien de leur dire nos seeretb. Ces sortes de gens doivent toujours être persuadés que le grade qu'ils ont est le dernier *. » Les secrets sont scellés par un serment tout à fait impie et scélérat, qui, par suite, n'est qu'un horrible parjure, comme l'enseigne le pape Léon XII avec le troisième concile de Latran '1; Y a-t-il, en effet, quelque chose de plus criminel et de plus indigne que de faire Dieu lui-même le témoin et la caution des crimes '? Satan blasphème continuellement contre Dieu. Il était donc naturel qu'il mît le sceau à son chef-d'œuvre par

1. Des exclusions des hauts grades, instruction d'un chevalier illuminé ou écossais.

2. Non enim dicenda sunt juramentaj sed potius peijaria, quae contra utilitatem ecclesiasticam et sanctissimorum patrum Teninot insUtuta. n Canotie III.

3. « Nonne iniquissioium et indignissimum est Deum ipsum veiuti scelcrum testem et fidejussorem appeliare? » Léo XII, constit. Quo graviora, § 14.

le parjure le plus exécrable. Le serment francmaçonnique varie pour la forme, suivant les rites et les grades ; mais au fond, il est le même, et sa substance en a été empruntée, dit le pape Pie VII*, à Fabominable sectp des Priscillianistes. J*ai sous les yeux quelques formules de ce serment; elles sont toutes de nature à glacer d'épouvante. Je me contenterai d'en citer quelques-unes, en faisant grâce au lecteur du rite et de Tappareil terrifiant qui accompagnent la prestation de serment. Dans les Loges d'Angleterre, d'Allemagne, et de France, qui suivent le rite écossais, les francsmaçons des deux premiers grades d'apprenti et de compagnon prêtent le serment suivant : Je jure, au nom de l'Architecte suprême de tous les mondes, de ne jamais révéler les secrets, les signes, les attouchements, les paroles, les doctrines et les usages des Francs-Maçons, et de garder là-dèssus un silence étemel. »

« Je promets et je jure à Dieu^de n'en jamais rien trahir, ni par signe, nijpar paroles, ni par gestes ; de n'en jamais rien faire écrire, ni lithographier, ni graver, ni imprimer; de ne jamais publier ce qui m'a été confié jusqu'à ce moment et ce qui le sera encore à l'avenir. Je m'engage et je me soumets à la peine suivante, si je manque à ma parole :

« Qu'on me brûle les lèvres avec un fer rouge,

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