‹ La Franc-maçonnerie et les moyens pour arreter ses ravagesChapitre 21 sur 78 · Histoire de la Révolution · texte numérisé non relu

Histoire de la Révolution

Va pareil dessein étant de nature à révolter toute conscience honnête, il y avait, pourlaFranc- Maçonnerie, un intérêt capital à le tenir caché. De là ces affirmations réitérées « que la Franc- Maçonnerie ne s'occupe pas de religion, ni de politique ; qu'elle respecte les opinions de chacun de ses membres ainsi que les diverses formes de gouvernement; que, placée dans les sphères hautes et sereines d'une philosophie généreuse, dont le dernier mot est l'amour de Thumanité, elle juge indigne d'elle de descendre dans la lutte des partis ; qu'au nom de la liberté de conscience, qui est sa devise, elle respecte la religion de chacun do ses membres, et que les discussions religieuses sont rigoureusement interdites dans les Loges. » Certes, si Satan avait dit à Eve : Oui, c'est vrai, si vous mangez du fruit défendu, vous mourrez de mort, notre première mère eût vraisemblablement reculé d'épouvante, et l'humanité eût été sauvée. Mais Satan ne recule pas, lui, devant le plus impudent mensonge, loin de là; le mensonge est sa nourriture et sa vie, et il ment hardiment, ajoutant le blasphème au mensonge. Sachant qu'il n'est pas possible de persuader à Eve qu'il n'y a pas de défense de la part de Dieu, puisque la défense a été faite immédiatement par Dieu lui-même à nos premiers parents, il pousse l'audace sacrilège jusqu'à mettre dans le cœur de Dieu une basse envie à l'égard de sa créature. Point du tout, repart-il, vous ne mourrez pas de

mort. Car Dieu sait qv!en quelque jour que ce soit que vous en mangiez, vos yeux s'' ouvriront; et vous serez comme des dieux^ sachant le bien et le mal. Aveuglée par Torgueil, Eve ne s'aperçoit pas même de l'exécrable blasphème; tout entière sous l'attrait du fruit qu'elle convoite, elle roule dans Tabîme du péché. Cette tactique qui lui a si bien réussi dès le début, Satan l'emploie envers tous les malheureux enfants d'Eve, mais il l'emploie avec un succès prodigieux dans la Franc- Maçonnerie.

Le franc-maçon Voltaire disait à ses frères : « Mentez, mes amis. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pour un temps, mais hardiment et toujours. Le mensonge n'est un vice que quand il fait du mal. » Pour tranquilliser la conscience de ses adeptes, la Franc-Maçonnerie n'a pas reculé devant les plus infâmes calomnies, et elle est allée jusqu'à leur affirmer qu'elle comptait au nombre de ses membres des personnages que cependant elle abhorrait. Pour n'en citer que quelques exemples : n'a-t-elle pas essayé de leur faire croire que le grand pape Benoît XIV était franc-maçon, et qu'il n'avait pas maintenu l'excommunication portée par Clément XII contre les membres de la Franc-Maçonnerie? La calomnie eut du succès, au point d'obliger Benoît XIV à publier la constitution Prouerfos romanorum, où il frappe l'abominable Secte de toutes les foudres de l'Église, afin do détromper les simples, de fermer

34 LA FRANG-UAÇONNERIE

la bouche à la calomnie, et d'empêcher la per^ version des âmes * . N'a-t-elle pas affirmé, avec une persévérante opiniâtreté, que le grand pape Pie IX était franc-maçon? lui qui a renouvelé «contre la Franc-Maçonnerie toutes les censures portées par ses prédécesseurs, et Ta tant de fois •dénoncée aux princes, aux fidèles et à toutTuniversl Ne l'a-t-on pas vue, en 1875, soutenir cette imposture devant le tribunal de Lyon, par l'organe d'un membre du conseil de l'ordre du Grand- Orient, et essayer de démontrer son affirmation, ^n produisant des photographies où les insignes maçonniques étaient étalés sur les ornements pontificaux, comme si le Pape se fût rendu dans les Loges avec l'appareil des solennités pontificales ! Pie IX franc-maçon! lui, qui n'a cessé de combattre la Secte et de s'attirer toute sa haine I lui, dont les cendres terrifient encore la Franc-Maçonnerie et allument sa rage! N'a-t-elle pas affirmé À ses dupes, que les fils de saint Dominique, les pieux et savants Frères Prêcheurs appartenaient à sa confrérie? Eux, que les francs-maçons de la Commune ont tués comme des bètes fauves dans la rue Haxo! eux, que la Franc-Maçonnerie a arrachés avec violence de leurs maisons et jetés «ur le pavé des rues !

Dans la campagne qu'elle a entreprise contre le

1. Quant à raccusation d*6tre franc-maçon, la grande âme •de Benott XIV Taurait laissée courir, si elle n'avait été de nature À porter nn grand préjudice à TÉglise et aux fidèles : Si quœ

clergé, les congrégations et renseignement chrétien, elle emploie l'équivoque, l'hjrpocrisie, le travestissement de la vérité, le mensonge, la calomnie, elle emploie tout. Elle fait mentir Thistoire, mentir les monuments, mentir la science, mentir la poésie, mentir la peinture, elle fait tout mentir; c'est la conspiration du mensonge universel contre la charité, la justice et la vérité. Dans un manuel de morale civique^ répandu à profusion dans les écoles publiques, un francmaçon célèbre, M. Paul Bert, abaisse, avilit et voue au mépris et à la haine de la jeunesse la France d'avant 1789. Jusqu'alors, les ténèbres enveloppèrent la France, et la tyrannie sous toutes ses formes écrasait le pauvre peuple. Clovis, Charlemagne et tous les personnages qui ont fait de la France le plus beau royaume après celui du ciely sont représentés, dans ce manuel, avec les traits les plus hideux. Avant 1789, régnaient, parmi les grands et les puissants, le vol, le brigandage et la paresse, et, parmi le peuple, l'extrême misère et la plus lourde oppression. Tous les princes étaient des voleurs, tous les guerriers, des pillards, et tous les moines, des fainéants, qui laissaient aux paysans juste de quoi ne pas mourir de faim. Par contre, les Albigeois, qui ont mis à feu et à sang le midi de la France, avaient

antem contraria de Nobis opinio circumferretur, Nos eam se- €ari contemnere possemus, causamqae Nosiram justo Dei omnipotenlis judicio relinquere. » Providas Romanorum*

56 LÀ FRANC-UAÇONNERIË

une bonne religion *, et ils furent les victimes des papes infaillibles, de Dominique, inventeur derinquisition, et d'autres fanatiques, aventuriers et bandits. C'est à cette occasion, dit le Manuel, (( que furent imaginées plusieurs monstrueuses inventions qui ont fait tant de mal à la religioa catholique, l'Inquisition, le célibat des prêtres et la confession, créés uniquement dans un but de politique et de domination. » Tout cela estembelli d'images où l'on voit les paysans encore sauvages apporter leurs grasses volailles pour alimenter les festins des moines et des grands, tandis qu'eux sont réduits à manger des rats. C'est ainsi que la Franc-Maçonnerie écrit l'histoire pour les enfants, qu'elle entend enlever de force à leurs parents, et pétrir de préjugés et d'erreurs, afin de pouvoir les façonner à son image et ressemblance.

Au mensonge la Franc-Maçonnerie n'hésite pas à joindre l'hypocrisie, et, quand le besoin de la cause l'exige, elle sait s'affubler de la peau de brebis pour cacher ses projets homicides. « Les sociétés secrètes, disait le pape Pie VII *, répandues en Italie et dans les autres pays, bien que divisées en plusieurs sectes ayant des noms distincts, ne forment néanmoins en réalité qu'une société, étant unies parla communion des mêmes

1. Sans doute, la religion des Albigeois était bonne pour M. Paul Bert, puisqu'elle n'était, en substance, que la religion des francs-maçons, dont les Albigeois, après les Manichéens, sont les ancêtres les plus insignes.

Page 1