S. Matthieu, ch. xxvi, 31 et saiv
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corps; elle est comme sa forme substantielle, son principe d*unité et de vie. Si Tautorité disparait, le corps social périt et se dissout. Or, pour constituer rÉglise, Jésus-Christ a donné son autorité aux Apôtres et à leurs successeurs ; c^est à eux qu'il a dit : Toute puissance m'a été donnée dam le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nationSy les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit : leur apprenant à garder tout ce que Je vous ai commandé; et voici que Je suis avec vous, tous les jours, Jusqu'à la consommation du siècle ^ Les successeurs des Apôtres, le Pape et les évêques sont la forme de rÈglise, le principe de son unité, de sa vie et de sa force. Satan le sait bien, lui, qui, depuis dix-neuf siècles, livre au clergé les plus formidables combats; lui, qui, toujours vaincu par cette puissance, revient sans cesse à Tattaque. Voilà pourquoi il a mis dans la main de la Maçonnerie Tépée à deux tranchants de la calomnie et de la persécution. S'il réussit à frapper l'homme qui adhère à Dieu, le prêtre de Jésus-Christ, c'en est fait du troupeau ; les brebis seront dispersées et facilement dévorées.
Mais que la Franc-Maçonnerie gradue sa haine, et qu'avant tout elle travaille à détruire la Papauté, c'est encore trè^ naturel. Le Pape est, dans l'Église militante, le lieutenant de Jésus-Christ,
i. s. Matthieu, chap. xxym, 30.
qui lui a confié la mission de sauver tous les hommes. Le Pape est le fondement sur lequel repose Tédifice de l'Église contre laquelle est déchdnée toute la fureur de l'enfer; il est le chef de l'armée d'Israël qui combat contre les légions de Satan. Il est donc très naturel que la Révolution l'ait pris pour point de mire et qu'elle l'attaque avec le plus grand acharnement, puisque, comme l'a franchement déclaré un journal maçonnique, le but final de la révolution est de faire prévaloir les portes de l'enfer *. Le moyen le plus expéditif de renverser un édifice est d'en faire sauter le fondement ; le moyen le plus sûr de vaincre une armée est de tuer le général qui la commande, ^oilà l'explication de la guerre implacable faite au Souverain Pontife, de toutes les attaques dirigées contre son pouvoir spirituel, de l'envahissement de ses États, de l'occupation de Rome, de toutes ces violentes et sacrilèges spoliations que flétrit la conscience honnête, parce qu'elles ne foulent pas moins aux pieds les droits de la juslice que ceux de la religion. Le pape Grégoire XVI dénonçait déjà en 1832 le caractère de cette guerre faite à la chaire de saint Pierre par les sociétés secrètes ^ ; mais, depuis, quelle
1. « Lo scope finale délia Revolazione è il far prevalere le porte d'inferno. » // Diriito,
2. « Vexatur acerrime Romanahœc Nostrabeatissîmi Pétri Se- ^68, in qaa posuit Christus Ecclesiœ firmamentum ; et vlncala QDitatis In dles mogis labefactantur, abrumpuntur. Diviaa Ecclesiae auctoritas oppugnatur, ipsiusqae juribus convulsis,
Tecrudescence de fureur dans cette guerre jurée au chef de l'Église ! L'ennemi croit qu'il est inutile de déguiser son plan, et de toutes parts il pousse des cris de mort contre la Papauté. Déjà •Quinet disait : « Il est nécessaire que le catho-licisme tombe ; vous devez réunir les intentions, les forces, les volontés dispersées vers l'unique point qui est le centre, l'Église romaine. » Il ajoutait que tous* les moyens sont bons pour rendre absolument et matériellement impossible l'exer- Kîice du catholicisme, et lui ôter pour toujours toute espérance de jamais plus renaître *. Dans le 'Congrès de Liège, le citoyen Tridon s'écriait : « La Révolution n'a rien établi de durable, parce qu'à Rome, dans le palais des papes, il y a un centre de réaction qne nous devons assaillir et détruire. Le catholicisme est le grand adversaire Ae la Révolution. Il appartient à la Révolution de îô réduire an néant. » Dans sa Fédération repu- ^ Mcaine, Joseph Ferrari dit : « L'Europe a déclaré | •et intimé à Rome une guerre de religion, nous ne I pourrons pas avancer d'un pas sans renverser la •croix. » Etienne de Rorai a écrit dans le bulletin i officiel de la Franc-Maçonnerie : « La Maçonnerie | aura la gloire de vaincre l'hydre terrible dd la | Papauté et de planter sur sa tombe le drapeau
substerDitur ipsa terrenis rationibus, ac per summam iHJU' Ham odio populorum subjicilar, in tarpem redacta servitotem. Débita episcopis obedientia infriugitur, eorumque jura coïKJul" «antar. » Eacycl. Mirari vos, I
' 1. Introduction aux œuvres de Mamxi,
séculaire, vérité et amour, » Peu de temps avant Teptrée de Tannée piémontaise dans Rome, Albert Mario disait : « L'Église désarmée n'est pas TÉglise^ morte ; il est nécessaire de la décapiter à Rome. » Tel est aujourd'hui le cri de toute la Gharbonnerie et de la Maçonnerie. Taxil, envoyé à Rome, pour. Tapothéose de Garibaldi, comme délégué de la Ligue anticléricale; de Paris, a pu, sans être inquiété, débiter publiquement et à diverses reprises toutes les infamies contre Pie IX et Léon XIII ; entre autres, il a dit : « L'Italie doit se ruer contre le Vatican, le détruire et en vomir le Pape et ses noirs satellites ^ » Alberto Mario terminait ainsi un article de la Lega délia democrazia : « Le cortège de dimanche (apothéose de Garibaldi, 11 juin 1882) est l'enterrement de la Papauté. Le Vatican, n'a rien vu et rien compris, mais il verra et comprendra bientôt. » En effet, un congrès de tous les Francs-Maçons du monde est convoqué à.
Rome, pour porter les derniers coups à laPa-
1. Or l'homme qui outrage ainsi le Pape et le clergé est tellement ignoble, qu'il vient d'être renié et conspué par les siens. Voici ce qu'on lit dans ie Réveilj journal radical : « Le sieur Léo Taxil, condamné pour vol par les tribunaux..., a été exécuté hier dans une grande réunion publique, tenue dans la sulle du casino des Flear«, 219, rue de Gharenton, sous la présidence du citoyen Jules Roche^ député, et où les citoyens Laguerre et Canivet, conférenciers^ aux applaudissements detoute la salle, ont signalé Tindignité du sieur Léo Taxil.
tt Les groupes de la libre-pensée étaient depuis longtemps^ édifiés sur le compte du sieur Léo Taxil, qui exploite simultanément la pornographie et la libre-pensée. »
Cite' par le Mmde du 9 août 1882.
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pauté. Ce congrès doit se tenir au mois de septembre; et, afin de rendre l'outrage plus sanglant pour la majesté du pontificat suprême et de soulever toutes les plus viles passions, la Secte a résolu de faire transporter alors à Rome le corps de Garibaldi et de lui faire des funérailles qui mettront en fermentation les révolutionnaires agglomérés dans la ville sainte. Dans son encyclique Etsi Nos, Léon XIII s'exprime ainsi sur ce congrès satanique : « Rome, la plus auguste des cités chrétiennes, est exposée et ouverte à tous les ennemis de TÉglise, et souillée par de profanes nouveautés, par des écoles et des temples qui y sont érigés à l'hérésie. On dit même qu'elle va recevoir, cette année, les députés et les chefs de la secle la plus acharnée contre le catholicisme, qui s'y sont donné rendez-vouspour une solennelle assemblée. La raison du choix de ce lieu est assez manifeste : ils veulent par cette impudente injure assouvir leur haine contre l'Église, et approcher de plus près leurs torches incendiaires du pontificat romain , en l'attaquant dans son siège même. Il n'est nullement à douter que l'Église remportera un jour la victoire et échappera aux menées des hommes impies ; il est cependant certain et démontré que leurs machinations ne tendent à rien moins qu'à atteindre tout le corps de l'Église avec son chef, et, s'il était possible, à détruire la religion. »
Déjà la Maçonnerie avait cru renverser l'Église,
si elle parvenait à ôter au Pape son pouvoir temporel et tous les appuis humains. C'est Terreur de Satan qui attribuait la simplicité et la droiture du saint homme Job, sa crainte de Dieu et son horreur du péché, aux prospérités terrestres, et à la protection spéciale que Dieu étendait sur lui Par un de ces jugements insondables de la sagesse infinie, Dieu a permis à la Maçonnerie de se déchaîner sur la Papauté avec toute la rage et tout Tacharnement de Satan sur Job : elle a tout osé, et, jusqu'ici, tout lui a réussi. Les deux puissances catholiques, l'Autriche et la France, qui protégeaient le Saint-Siège contre la Révolution, se sont retirées ; le pouvoir temporel a été renversé ; le Grand Orient s'est installé ostensiblement dans son hôtel de la rue délia Valle; les écoles ont cessé d'être catholiques; les ordres religieux sont dispersés, et leurs maisons ont été transformées en casernes, en écuries, etc. ; le Pape, abandonné de tous les gouvernements, est entièrement livré à la puissance des ténèbres, qui dispose contre lui de tous les moyens humains : et cependant le Pape est toujours debout au milieu des ruines, terrifiant la Maçonnerie par sa majesté et sa force invincible. Le 2 octobre 1879, le journal maçonnique VOpinione s'écriait, dans son article V Anniversaire du plébiscite : « Que sommes-nous venus faire ici, à Rome, sinon détruire la religion et la foi ? Et n'ayant pas jusqu'ici réussi dans cet entreprise, qui était notre unique but, n'avons-nous
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pas jusqu^ici perdu notre temps? » C'est réton-^ nement qu'a dû éprouver Satan quand il à vu Job frappé de la manière la plus horrible, abaodonné de tous, calomnié par ses amis, outragé par sa femme, bénir néanmoins le saint nom de Dieu. L'Église sait qu'elle doit être persécutée» broyée, foulée aux pieds, comme son divin époux» et que, comme lui encore, elle doit, à certaines époques de sa durée, être livrée à la puissance des ténèbres. Mais le Dieu qui a défendu & Salaa de toucher à la vie de Job, est avec l'Église tous les jours jusqu'à la consommation des siècles^ et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle.
J'ai démontré, dans deux lettres pastoral^es, 1& fausseté des prétextes de la guerre faite au clergé» catholique, sous le nom de Cléricalisme^ et j'ai fait voir les vrais motifs de cette guerre. Je ne referai donc pas ici cette démonstratiom^ Mai^^ depuis la publication de mes lettres» il y a eu recrudescence dans cette guerre à mort déclarée a^ clergé. La Franc-Maçonnerie a créé un nouveau plan de campagne et mis en jeu de nouvelles machines pour arriver plus vite et plus sûrement à l'extermination du clergé. S'étant aperçue que les prêtres noyés dans leur sang renaissent comme le grain de froment jeté dans la terre et produisent une riche moisson de nouveaux prêtres, elle ^ résolu de les écraser sous le mépris et de les étouffer dans la boue.. Si un prêtre G(}mmet une
faute qui déshonore son sacerdoce, la Franc- Maçonnerie Ta vite flairée ; elle accourt et se jette sur cette pâture avec plus d'avidité que les nécrophores sur les cadavres ; elle tourne et re-* tourne la faute, passe sous silence ce quiTatténue^ Tamplifie, Texagëre, la fait raconter par tous les journaux à ses gages et commenter dans.les cabarets, les chemins de fer, etc. ; et, par la mauvaise foi la plus insigne et la plus noire injustice, ello généralise .les fautes individuelles, et en fait uneboue immonde, dont elle s'efforce de couvrir tous les prêtres et l'Église catholique elle-même,. l'Église catholique qui verse des larmes amères pourdes crimes qu'elle flétrit la première, et qu'elle Youdrsât pouvoir laver dans son sang. Afin que pas une de ces fautes ne lui échappe, la Franc- Maçonnerie a formé une société, sous le nomi i'Umon démocratique de propagande anticléricale y, avecla mission spéciale de guetter les fautes de la vie privée des prêtres catholiques ; et cette société a été reconnue par le gouvernement comme œuvre d'utilité publique. Elle a un comité d'honneur et un comité d'action. A la t4te du premier se trouvent trois illustres francs-maçons, parmi lésais est celui qui a trouvé la célèbre formule : U cléricalisme, voilà f ennemi! A la tête du seeond se trouvent aussi trois francs-maçons, QUis trois francs-maçons choisis parmi ceux qui VA contre le clergé catholique la haine la plus ^^m^. Pour diffamer le prêtre, la Secte dia-
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bolique ne recule devaat rien : quand elle ne découvre pas de fautes, elle en invente. Elle se plaît surtout à couvrir de fange ce qu'il y a de plus pur et de plus saint. Ne vient-elle pas de faire circuler un livre immonde, dans lequel elle entasse toutes les infamies sur la figure si pure, si belle, si grande et si sainte de Pie IX? Romans, journaux, chansons, photographies , tout est employé pour répandre la calomnie sur le clergé et lui attirer l'insulte et l'outrage. Des écrivains sont occupés à faire passer le prêtre pour le monstrueux assemblage de tous les vices : ils le représentent comme un être paresseux, immoral, hypocrite ; comme un charlatan qui abuse de la simplicité des femmes et des enfants. Cela se dit et se répète, tous les jours, dans des milliers de journaux et de livres, qui sont répandus partout et inondent la France. On n'en voit presque pas d'autres dans certaines vitrines et dans les bibliothèques des gares; l'immense majorité des cabarets et des cafés ne reçoivent que les journaux qui attaquent le prêtre. Faut-il s'étonner, après cela, que l'ouvrier, trompé indignement par ces lectures, insulte et menace le prêtre, et passe quelquefois de la menace à la violence ? Aujourd'hui, dans notre siècle de civilisation et de liberté, il est telle et telle rue de nos grandes villes de France que le prêtre ne peut plus parcourir, sans être assailli par des obscénités et des blasphèmes ; et, spectacle qui brise lé cœur ! on voit les enfants
le poursuivre de leurs huées et se faire une prouesse de cette infamie. La Maçonnerie est parvenue à faire maudire et maltraiter par le peuple le prêtre, l'homme de Dieu et du peuple, à faire bafouer et conspuer par la jeunesse le prêtre, l'ami et le protecteur de la jeunesse. Les choses sont arrivées à ce point que, dans plusieurs villes, à certaines heures, le prêtre est obligé de rester chez lui, de se cacher comme un malfaiteur, et d'envier la condition du missionnaire au milieu des barbares et des sauvages, tandis que les polissons, les libertins, les filles publiques parcourent les rues la tête levée, sans être exposés à la moindre insulte; Si cette situation faite au prêtre de certaines villes vient à se généraliser, la Franc- Maçonnerie n'aura plus besoin de la guillotine pour extirper ce qu'elle appelle /« lèpre du cléricalisme; la source des vocations sacerdotales taiira. Sans avoir une grandeur d'âme extraordinaire et un caractère exceptionnellement trempé, on peut affronter les privations, les souffrances, la mort même ; cela se rencontre à peu près chez tous nos soldats, sans en excepter les plus timides. Mais, ce que nos soldats même les plus braves ^'affronteraient pas, c'est le mépris, et surtout le niépris continuel. Pour embrasser une carrière oîi l'on n'a en perspective que le mépris et l'outrage, il faut tout l'héroïsme des vertus chrétiennes, il faut la folie de la croix. Or, cet héroïsme et cet aniour passionné ne se rencontrent pas chez les
jeunes gens dont se recrutera Parmée sacerdotale ; c'est au noviciat, à l'ombre des autels, qu'ils acquièrent la force d'endurer la persécution et de supporter le mépris pour le nom de Jésus.
Gomme le mépris du prêtre est loin encore d& se généraliser, la Franc-Maçonnerie a recours k un autre expédient pour tarir la source du clergé, c'est de faire le vide dans les séminaires en faisant passer dans les casernes tous les aspirants à l'état ecclésiastique. A coup sûr, c'est un des moyens les plus radicaux de priver de prétrest après un certain nombre d'années, la plupart des paroisses. Gela est aussi certain, aussi évident, qu'il est certain et évident qu'on dessèche une rivière en empêchant les torrents de verser leurs eaux dans son lit. Que tel soit le projet de b Franc-Maçonnerie , qui pourrait en douter, après tout ce qui s'est dit et tout ce qui s'est fait? U suffit d'ouvrir les yeux à la lumière pour voir cela clair comme le soleil en plein midi. Si la Franc- Maçonnerie parvient à réaliser son plan, la dispense sera entièrement abolie, et les séminaristes, au lieu d'étudier la philosophie et la théologier iront, pendant trois ans, quatre ans, ou cinq aus^ étudier l'art de tuer les hommes, liiés jusqu'à quarante ans par la loi militaire, ils seront appelés comme les autres soldats aux exercices de l'arméCr et, en cas de guerre, les vicaires et les curés seront forcés de quitter leurs paroisses pour rejoindre*
leurs régiments ; Tévèque lui-même, s'il n'a pas quarante ans, sera obligé départir, et d'échanger sa crosse pastorale avec la crosse du fusil et sa mitre avec le casque du soldat. On a eu l'impudence de dire que quatre ans de séjour dans la caserne éprouveront les vocations et les rendront plus solides. Mais il en sera de cette épreuve comme de certains remèdes très violents qui tuent presque tous les malades : quelques vocations des plus affermies pourront peut-être échapper àu naufrage, mais ce sera le petit nombre ; et encore, comme on a tout lieu de le craindre, la Tranc-Maçonnerie profitera de la présence des «éminaristes à la caserne pour exercer sur eux son action délétère, et Ton peut affirmer que les «épaves échappées du naufrage seront très rares. Du moins ces très rares vocations seront-elles plus fortes? Je ne le pense pas. Les constitutions robustes, qui ne succombent pas sous les atteintes prolongées des remèdes violents, en sont néanmoins quelquefois profondément altérées. Les trës rares séminaristes qui auront le courage, après le séjour dans la garnison, de venir com*^ mencer à vingt-cinq ou vingt-six ans les cours de philosophie et de théologie, auraient été plus solides encore, s'ils avaient affermi leur vocation en revêtant l'armure de Dieu dans les exercices de piété et en trempant leur &me dans l'amour de Jésus-Christ, La plupart de ceux qui resteront en route seraient devenus de bons prêtres, s'ils
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a'avaient pas été exposés trop tôt aux grands dangers. Il en est du combat spirituel comme de la guerre : pour résister à une armée exercée et savamment organisée, il faut des soldats rompus au métier des armes, et les vieilles troupes sont les meilleures. Le général qui lancerait des conscrits contre des soldats qui ont bravé le feu des batailles, les enverrait à une défaite presqae certaine. Ces mêmes conscrits, qui seront taillés en pièces ou mis en déroute, se seraient battus avec bravoure, si, par l'exercice, ils étaient devenus de vrais soldats, et ils auraient peut-être forcé la victoire à se ranger sous leur drapeau. Que de séminaristes qui, protégés dans leur faiblesse à Tabri des autels, sont devenus des apôtres intrépides, et qui auraient été renversés par la violence de la tempête, s'ils n'avaient auparavant affermi leur vertu dans le uoviciat sacerdotal ! Les ennemis de la religion le savent très bien, et il faut qu'ils comptent beaucoup sur la stupidité d'un certain public, pour lui jeter à la face cette sanglante ironie, que V abolition de la dispense ne sera pas nuisible à la religion.
Jamais le noviciat sacerdotal fait dans la retraite du séminaire n'a été plus nécessaire qu'aujourd'hui. La science et la vertu ont toujours été les deux ornements indispensables au prêtre, pour qu'il soit la lumière du monde et le sel de la terre; mais aujourd'hui des raisons spéciales exigent du prêtre une science plus grande et une
vertu plus forte que dans les temps ordinaires. (( De graves raisons, communes à tous les temps, dit le pape Léon XIII, demandent que les prêtres soient ornés de grandes et fortes vertus ; toutefois, les temps où nous vivons exigent plus encore. En effet, la défense delà foi catholique, qui revient surtout aux prêtres et qui est aujourd'hui si nécessaire, réclame une doctrine qui ne soit point vulgaire ni médiocre, mais éminente et variée ; une doctrine qui n'embrassepas seulement les sciences sacrées, mais aussi les sciences philosophiques, et qui soit riche de toutes les découvertes physiques et historiques. Il faut déraciner les nombreuses erreurs de ceux qui sapent chacun des fondements de la sagesse chrétienne ; et souvent il faut lutter avec des adversaires très préparés, opiniâtres dans la controverse, qui empruntent perfidement des armes à toutes les branches de la science. — De même aussi, vu la profondeur et retendue de la corruption qui règne aujourd'hui, les prêtres ont besoin d'un surcroît tout particulier de constance et de vertu. Ils ne peuvent pas éviter le commerce des hommes : au contraire, les devoirs de leur charge les forcent à ^Ire en relations intimes avec les peuples, et cela au milieu des villes, où il n'est presque pas de passion qui n'ait libre carrière et ne se livre aux excès les plus effrénés. De là, on comprend que la vertu du clergé doit avoir, en ce temps, une tempe assez forte pour rester elle-même inébran-
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lable et vaincre les séductions des passions, sans recevoir aucune atteinte de la contagion des exemples ^ »