CHAPITRE XIV
Extension prodigieuse et affreux ravages de la Franc- Maçonnerie. Perspicacité et sollicitude des Papes, et aveuglement des Souverains.
La Frano-Maçonnerie, comme le Démon, est intéressée à ce que Ton croie qu'elle n'existe pas, et, pendant longtemps, elle a pris les plus grandes précautions pour se dissimuler. Aujourd'hui encore elle n'ose pas se montrer partout à visage découvert ; il lui faut un masque pour cacher la perfidie de ses desseins et la monstruosité des moyens qu'elle met en jeu. Toujours cette bête féroce a besoin de se montrer sous la peau de brebis. Et, prodige de fascination! elle est parvenue à se glisser partout, à tout ébranler et tout ^iner, sans que ceux qui avaient la piission de l'écraser, aient connu la perversité de sa nature, ûimême soupçonné l'atrocité de ses projets. Le protestant Starck publia, peu après la Révolution française, un livre intitulé Triomphe de la philo- ^opkie^ où il démontre que la Maçonnerie est une conjuration formelle contre la religion et l'État, et ^ renferme toute la conclusion de l'ouvrage dans
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cette épigraphe : Et ntmc , Aeçes, mtelligite. Et maintenaîit, ô Rois^ comprenez. Et les Rois ne comprirent pas! et les princes, et les nobles, et les bourgeois ne comprirent pas ! On leur dit que la Maçonnerie était très inoffensive, que ce n'était qu'une société de bienfaisance et de secours mutuels : et rois, princes, nobles et bourgeois donnèrent dans le panneau et se firent sottement les protecteurs de la Maçonnerie. Louis XY parait avoir soupçonné le danger; car, en voyant les mesures des francs-maçons, connus alors sous le nom de philosophes, il dit : <c Les philosophes perdront laMonarchie, je plains mon successeur. » Il aurait mieux fait de museler le monstre que de plaindre son successeur; c'était son devoir le plus rigoureux. Mais Louis XY était énervé par les plus abominables débauches, et il laissafaire. Que dis-je, il laissa faire? par une lâche et criminelle condescendance, il fit servir l'autorité qu'il avait reçue de Dieu à l'exécution des projets de la Maçonnerie : il abolit les Jésuites dans ses États, et joignit ses efforts à ceux des Bourbons d'Espagne^ et deNaples et du roi de Portugal pour faire violence au Pape et le contraindre d'abolir dans le monde la célèbre Compagnie de Jésus, qui faisait tant obstacle à la MaçonneriairErédéFic II en Prusse, Joseph II en Âutrieba, Léopold en Toscane, Catherine II en Russie, Chriisti^ YII an Danemark, Gustave. III en SnièdeS pousâé»
i, Qaand ce malheureux prince 'vaulot plus tard reTenir
par la Maçonnerie, se mettent à légiférer contre rÉglise et s'entourent de ministres francs-maçons, qui donnent leur appui à la Secte et comblent de faveurs ceux qui en propagent les doctrines.
Choiseul et Malesherbes favorisent la circulation de la fameuse Encyclopédie, dont le but unique, caché sous l'appareil de la science et de l'art, était de corrompre l'esprit et le cœur en démolissant les doctrines et en pervertissant les mœurs. Une note saisie par la police romaine, sou& Léon XII, contient ce qui suit : « Le bourgeois a du bon, mais le prince encore davantage. La Haute Vente désire que, sous un prétexte ou sous* UQ autre, on introduise dans les Loges maçonni^ quesle plus de princes et le plus de riches que l'on pourra. Il n'en manque pas enitalie et ailleurs qui aspirent aux honneurs assez modestes du tablier et de la truelle symboliques. Flattez tous ces ambitieux de popularité, accaparez-les pour la Franc- Maçonnerie. La Haute Vente verra plus tard ce qu'elle pourra en faire pour la cause du progrès. On prince qui n'a pas de royaume à attendre est une bonne fortune pour nous. Il y en a beaucoup dan&ce cas-là I Faites-en des frères maçons. Ils serviront de glu aux imbéciles, aux intrigants, aux citadins, aux besoigneux. Ces pauvres princes feront notre affaire en croyant ne travailler
^ saines doctrines et rejeter le Joug de la Maçonnerie, elle ^e fit uasasiner, le 1«> mars 1792, par Ankastrodm, qoi était <ie la secte des muminés.
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qu'à la leur. C'est une magnifique enseigne^. » Et cependant voici ce que la Maçonnerie leur réserve : « Les princes, les bigots et la noblesse, ces ennemis implacables du genre humain, doivent être anéantis, et leurs biens assignés à ceux qui, par leurs talents, leur science et leur vertu, ont seuls le droit et le pouvoir de gouverner les autres. Contre ces ennemis du genre humain, on a tous les droits et tous les devoirs. Oui, tout est permis pour les anéantir : la violence et la ruse, le feu et le fer, le poison et le poignard; la fin sanctifie le moyen'. »
La sentinelle vigilante placée au sommet de la tour de TÉglise, le Pape a poussé le cri d'alarme: à peine la Franc-Maçonnerie était-elle organisée, qu'il avertissait les rois, les princes^ tous les puissants de la terre, et les conjurait de se servir de leur autorité pour arrêter les ravages de la Secte diabolique. Et la voix du Pape n'a pas été entendue, et les rois se sont aveuglés; tous les grands ont joué le rôle de dupes et d'imbéciles, en mettant leur or et leur influence au service de la Maçonnerie, croyant que le Saint-Siège se laissait aller à de vaines frayeurs. L'infortunée reine Marie- Antoinette écrivait, le 26 février 1781, à 5a sœur la reine Marie-Christine : « Je crois que vous vous frappez beaucoup trop de la Franc-