‹ La Franc-maçonnerie et les moyens pour arreter ses ravagesChapitre 64 sur 78 · I. — Nécessité de runion · texte numérisé non relu

I. — Nécessité de runion

Le principe de la force et de la fermeté , comme delà vie et de la beauté, c'est l'unité; un corps physique ou moral est plus fort, plus solide, plus vivant et plus beau, à proportion qu'il est plus un. C'est là une vérité de première évidenqe, confirmée par une expérience universelle et constante qui n'a jamais admis d'exception. De là, l'adage si connu : L'union fait la fùrce. Des milliers de petits fils séparés les uns des autres

n^offrent presque pas de résistance, et la moindre force suffit pour les rompre; mais, réunis, ils forment des cables qui résistent aux plus furieuses tempêtes de l'Océan. Des hommes isolés ne sont rien pour lutter contre une armée, si petite soit-elle ; mais unis et disciplinés, ils forment un corps qui écrase toute résistance. L'union des êtres intelligents, non seulement additionne les forces, elle les multiplie ffune manière prodi- :gieuse, de sorte que chacune de ces forces, qui ne compterait que pour une unité en dehors de l'union, compte pour dix, pour cent, pour millef etc., quand elle fait partie de l'union. Les lumières de l'associé s'augmentent de toute la quantité de lumière que les autres membres apportent dans l'union; et son énergie et sa force grandissent en quelque sorte de toute l'énergie et de toute la force du corps auquel il appartient. Dans le corps humain, chaque membre a son rôle et son opération propre, et néanmoins chaque partie participe à la vie et aux opérations de tout le composé. Un célèbre médecin de l'antiquité, après avoir bien étudié le corps humain, s'est écrié tout transporté d'admiration : Cmsensusunus^ 4smspiratiouna, consmtientia minm f Eh bien, disait naguère le comte Viancino, dans un congrès catholique, <c pour l'organisation du laïcat c^tho* lique, il faut ce que le grand naturaliste a trouvé dans le corps humain. Il doit y avoir un lien qui unisse et rattache toutes les associations qui ae

proposent des buts particuliers de piété et de bienfaisance, et qui, sans toucher le moins du monde à leur autonomie, les réunisse dans le Consensus unus pour la défense des intérêts de la religion, qui sont communs à toutes. » D'où vient que l'Église catholique, avec des éléments si faibles selon le monde, confond toutes les forces créées, qu'avec des néants, elle a détruit les choses qui existaient * ? De son unité. Elle est inébranlable, parce qu'elle repose tout entière sur la pierre posée par la main du Christ. « La pluie est tombée, dit saint Gyprien, les fleuves se sont précipités, les vents se sont déchaînés sur cette maison, et elle n'est pas tombée; car elle a été fondée sur U pierre*. »

Si la Franc-Maçonnerie est devenue si puissante, si elle a remporté tant de succès, si elle met dans le plus grand danger toutes les institutions chrétiennes et sociales de la France, la prennère cause en est d^ns le manque d'unité des <îatholîques ; ils sont fractionnés en plusieurs partis politiques qui paralysent leurs forces, en se combattant les uns les autres, et se réduisent à l'impuissance. Car les catholiques sont incomparablement plus nombreux que les francs-maçons, et, <5ertes, ce n'est ni l'intelligence, ni le courage, ni

*• l, É pitre aux Corinthiens, I, 27^

2. <( Descendit pluvia, venerunt flumiDa, flaverunt venti, et impegerunt in domum illam, et non cecidit; fundata enim fuit «Qper petram. » De Unitate EcdesUs Catholicœ^ ia principio.

le dévouement qui leur manque. Pourquoi donc sommes-nous dominés par la Secte ténébreuse?

Parce que nous manquons d*unité. Tout le monde connatt la maxime : ûivide et'impera. Le moyen infaillible de vaincre ses adversaires et de les dominer, c'est de jeter la division dans leurs rangs. Cette division y la Franc-Maçonnerie n'a pas eu à la semer dans le camp catholique, mais seulement à la fomenter; ce sont les catholiques qui se sont eux-mêmes divisés. S'ils ne font pas cesser cette situation, leur ruine est inévitable ; car le Sauveur a dit : Tout royaume divisé contre lui sera désolé, et une maison tombera sur une autre maison ^ Que chacun ait son opinion politique et cherché à la faire prévaloir; qu'il y consacre même ses ressources et ses forces, quand des intérêts supérieurs ne les réclament pas, je le comprends. Mais que l'on use ses forces pour telle ou telle couleur politique, telle ou telle forme de gouvernement, quand notre existence est menacée, c'est ce que je ne puis admettre. Dans son ouvrage Les trois Francesy Ubald de Ghanday fait ce pressant appel à tous ceux qui veulent éviter les dernières catastrophes : « vous qui êtes certainement intéressés à dissiper les nouveaux périls dont la société est menacée, conservateurs de tous les partis, croyants ou incrédules, chrétiens ou semi-chrétiens, légitimistes, orléanistes, impé-

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