Salluste, Conjuration de Ca/î7iwa, N» LU
2U4 LA FRANG-MAÇOMNBRIB
ce une raison de ne pas le combattre et de le laisser agir dans toute son intensité? Il est certain qu^un incendie qui dévore un village ou une forêt, finira par s'éteindre de lui-même, sans qu'on se donne la peine d'y jeter de Teau, ou de le concentrer; mais il n'est pas moins certain qu'il ne s'arrêtera que quand il n'y aura plus rien à dévorer. Alors l'incendie sera éteint, mais le village et la forêt seront anéantis. Lorsque nous toucherons au fond donosmalheurs, la Franc-Maçonnerie aura achevé son œuvre, mais la morale aura fait place à la corruption universelle, l'ordre au chaos, la vie à la mort, l'être au néant. Le Dieu qui a ressuscité Lazare de la putréfaction du tombeau, qui a couvert de chair, de muscles et de nerfs et fait revivre les ossements arides de la vision d'Ézéchiely qui a fait jaillir les mondes du sein du néant et séparé la lumière des ténèbres, ce Dieu peut tout ressusciter, tout réparer, tout transformer; oui, mais qui connaît ses desseins? qui a assisté à son conseil? // a fait, il est vrai, les nations guéris-sables; mais il ne les a pas faites immortelles^ et tout ce qui est guérissable ne guérit pas. Qui sait si, après nous avoir si longtemps prodigué ses soins, il ne finira pas par dire pour nous, comme pour Babylone : Nous avons soigné Babylone, etelle n'a pas été guérie; abandonnons-la^. D'ailleurs, encore une fois, nous ne pouvons raisonnablement