LETTRE DE M. DE MAHY
Paris, 17 janvier 1895.
Mon cher ami,
Vous me faites grand honneur et vous me donnez une précieuse marque d'amitié en me dédiant votre livre. S'il ne m'est pas permis, à cause de cela, de dire ici tout le bien que j'en pense, je peux, du moins, exprimer mon entière confiance dans l'accueil qu'il recevra du public. Il arrive au bon moment, mais il a d'autres mérites que celui de l'actualité et il est plein de documents et de faits, la plupart inédits ou ignores. Je ne doute pas qu'il n'obtienne un succès durable.
Vos documents (ceci donne à l'ouvrage un charme de plus) vous les avez puisés surtout dans les archives de notre colonie natale, notre petite île Bourbon si vivante, si vivace, isi patriote, si fidèlement frappée, dès le début de son histoire, à la ressemblance de la mère patrie. Un de nos gouverneurs, M. Desforges, écrivait au ministre, en 1725 :... « à considérer les difff férentes affaires arrivées dans cette colonie, on dirait
a qu'on y a voulu représenter une scène des diffé^ u actions qui se passent dans les plus grant Rien de plus vrai. L'intensité de la vie p remarquable dans notre petit pays et les mœurs y sont républicaines. A de certains égards, t concerne la libéralité de renseignement, par exemplo, et la pratique des divers modes de consultation du pays, nous avons devancé la métropole, Mais le trait le plus caractéristique de notre population est de s'êtra constituée, dans la mer des Indes, la vigilante dienne du drapeau de la France, ce drapeau chéri autour duquel nos volontaires accourent toujours pa> tout où il est engagé. Rappellerai-je les actes de no» assemblées locales à toutes époques, notre participa-tion aux luttes de la France sous l'ancienne monarchie, et la Révolution aussi bien que dans le siècle actuel^ Vous êtes de ceuK qui, dans la guerre aiiemande, ])ayé de leur personne ; et dans laprécédenle expédition de Madagascar vous avez contribué â la levée de no* compagnies de volontaires, à qui l'amiral Galiber coinmandant en chef a rendu ce témoignage : a Que leW a arrivée l'avait tiré du plus grand embarras... qu'ilit u ont été soumis au régime le plus dur auquel puîsseal a être astreints des soldats... qu'ils l'ont supporH « avec une abnégation au-dessus de tout éloge, ^ a que jamais chez eux il n'y a eu la moindre défatfj .l-c.'.. i
Au Parlement, vous avez combattu le bon coml»^ Vous poursuivez votre ligne de conduite. Vous obéisse* à notre devise créole : dévouement à la petite et à !■