Ou TaifaiiÎD
icultés nouvelk'B. — L'élat de la question expoiL a c Freycînel. — RepriSsenlalioiis re>ipeclu(U«es que tylvain Bous ndresse au gouverneur, — Mpcoalentemiut î dernier. — La haie de Vohêniar — Nouiclles aces de Sylvain Roux, — Singulière altitude de l. de Freycioel. — Ses reproches au comm indaat Rout - Indignation de ce dernier. — ■ Il se soumet aux exi- EDces du gouverneur de Bourbon. — Serinint d al!ég;cauce des principaux chefs de la proiince de Tnnibee
Avec l'année 1822 commencent pour la nouvelle onisation d'inextricables dilHcultéa. Les officiers it raécontenls et demandent à rentrer, lu plut d'entre eux sont malades, beaucoup d'hommes it sur les cadres. Cependant Sylvain Roux ne
lesperf
II attend
Tipatience les
mdes pluies, qui rendront la santé ii ses maceci pourra sembler un paradoxe, écrit-il même, mais rien n'est plus \rai cependant!
Joe nouvelle préoccupe beaucoup le commanit supcrieur de l'expédition : il a appris que
les Anglais ont accompiigué des envoyés de Radaii] depuis Ymiroe (comme on disait idori) jusqu'il Mnuuurou et Mananzary, au sud, a l'effet de faire des traités avec les chefs de ce pays, sous le prétexte d'empêcher Intruïtedos nuirs. Or, ce n'est un secret pour personne que « depuis cinquante ans on n'a pas extrait 50 esclaves de ces deux endroits ». Non, cette visite a un autre tut, rendu évident par l'arrivée sur ces deux points de deux goélettes armées à l'île Maurice. De plus M. Hasty, commissaire anglais, a dit à Tamatave, chez
M. Glond,
qu
il allait dci
au gouv
de Maurice des moyens pour faire occuper Manourou et Mananzary, que cette rivière (Mananiary) offrait des facilités pour communiquer avec le * pays dcRadama, et qu'il était nécessaire aux vues ultérieures des Anglais de former un établissement sur cette rivière n.
Sylvain Roux s'empressa de communiquer ce»
nouvelles à M. de Freycinet, et dans deux dépêches écrites le 1" janvier 1822 il insista sur lîm nécessité de l'envoi d'un représentant de la France^ auprès de Radama. Puis entraîné par les souvenirs patriotiques qui le hantent, par le sentiment^ de ce qu'il convient de faire pour assurer notre prépondérance à Madagascar, ou tout an moins pouf coutre-balancer d'autres influences, il se permet d'exposer nettement au gouverneur de Bou « l'état de la question » et, avec force précautioDsJ
liA REPRISE DB
oratoires, car il connaît bien son chef, de lui dire ce qu'il ferait, lui Sylvain Roux, s'il était à la jtlai-e de M. de Freycinet.
a Vous n'ignorez pas, monsieur le Gonverneur, que depuis bien longtemps des Frimçais ont occupé la rivière de Mananznry, qui, depuis ce temps, a été fréqnentt^e par des traitants français;
Mai
uroQ et Maliélas
■apprc
de
Mananzary, l'ont été également par beaucoup de Français, et que les Anglais ne peuvent, sans injustice, se permettre de parcourir aussi toute la côte oneotalc, où nos droits sont bien établis, pour j former des projets d'établissement ou nous y susciter des ennemis. Nous n'avons pas encore la preuve ostensible d'ua établissement, mais attendroQs-QOUs que, comme h Tamatave, après y avoir renoncé pendant quinze à vingt mois, et s'en être retirés, ils y reparaissent en nous narguant, et se |nmetlent même d'y faire la police parmi les Iraîi.ints qui, en général, sont des Français? Il est vrai lie dire que le cbef de Tamatave les en a priés; mais s'ils se bornaient, comme ils le disent, a n'entretenir que des relations d'amitié, pourquoi s immisceraient-ils, sans mission ni droit, dans les discussions entre les traitants, les naturels et Jean René lui-même? Si je voulais faire cesser cet • ■Icit de choses, j'aurais besoin de bien peu de paroles pour y parvenir; mais vous me reco mandez tant de ménagements vis-à-viB le chef de
Tainatave, que je ne veux rien lui dire que je n'aie obtenu rautorisation de TOUs-même.
« Je vous ai dit du bien de ce chef, je ne pouvais le croire aussi viiin ni aussi orgueilleux que je l'ai Gii depuis; c'est uu homme â la vérité sans moyens, ni prépondérance dans le pays, mais il se fait craindre en menaçant d'un côté les naturels de la colère de Rndama, et les Européens de celle des Anglais; vous allez me dire, mais vous-même m'avez dit du bien de Jean René : cela est vrai, monsieur le Gouverneur, mais j'étais sa dupe, et ce que j'ai vu et su de lui depuis quinze jours, sans y comprendre la mauvaise réception qu'il a faite au pavillon français flottant h bord du uavirc de M. Arnoux, ainsi que M. Baligot, élève de marine de première classe que j'avais envoyé à Tamatave, me présente cet homme comme un sot qui se croit protégé des Anglais et se permet quelques vexations contre les Français, croyant par là faire la cour aux Anglais, et obtenir leur protection auprès de Radama.
n II résuilc enfin de toutes mes observations dans ce pays, de tout ce que je vois, que les Anglais n'osent pas se montrer trop ouvertement, mais qu'ils n'en vont pas moins à leur but par des empiétements toujours croissants, et qu'il faudrait nécessairement arrêter, si l'on ne veut pas avoir trop de difficultés pour y parvenir dans un moment plus reculé.
a Daignez vous faire représenter l'état de la question lors de l'envoi à Maurice en 1817 de M. Martin Delacroix, et vous verrez qu'alors M. Farquhar ni ses successeurs au gouvernement de Maurice n'étaient ni aussi insinuants , ni si audacieux.
« M. le baron de Richemont, s'il veut encore bien se rappeler, vous dira combien peu étaient chaleureuses les démarches faites auprès du gouvernement britannique par notre ambassadeur (M. le comte d'Osmond) relativement à nos droits sur Madagascar, mais en même temps il vous dira que lui ni son collègue M. Delafitte ne voulurent entendre à aucune observation anglaise, qui pût en quelque sorte atténuer les droits de la France sur l'intégrité de ses possessions à Madagascar. La démarche de M. Moresby, dirigée contre un officier sous vos ordres, pourrait peut-être vous offrir le moyen d'entrer en négociation, et sans vouloir vous dicter aucun avis, ce que je suis loin de prétendre, je notifierais aux Anglais l'opposition formelle de notre Gouvernement à ce qu'ils fréquentent à Madagascar les lieux que nous possédions avant 1790; et je me servirais même à cet égard des mêmes expressions dont ils se servaient lorsqu'en 1816 ils s'opposaient à ce que M. Bouvet fréquentât, sans leur permission, aucun des ports de Madagascar, qu'ils regardaient alors comme une des dépendances de l'Ile Maurice. »
Dans ane aulre dépèche du même jour, à propos de la baie de Vohémur dont il avait demandé l'occupation, Sylvain Roux, à qui on avait fait sentir (ju'il avait été bien osé en élevant une telle prétention, s'exprime ainsi :
>i Je n'avais pas l'intention de vous proposer d'en reprendre une possession nouvelle. Je voulais seulement vous demander s'il ne vous paraissait pas convenable d'y envoyer quelques hommes y résider temporairement, et y faire flotter le pavil-
lon du Roi
qui.
ir a été arboré. Comme
les Anglais nous disputent, malgré les litres les plus authentiques, toutes les possessions que nous avons eues sur la côte orientale de Madagascar, je voulais, en faisant ces démonstrations, leur prouver que nous n'abandonnions pas nos droits sur aucun des points abordables de la côte orientale de cette Ile.
H J'ai eu l'honneur de vous faire part que M. Ilnsty, commissaire anglais, envoyé en résidence chez Radama, s'est établi ix Tamatave, et en son absence même, y fit flotter le pavillon britannique. Je ne conçois rien à une pareille prétention ; M. Fiirquhar lui-même qui, certes, est le seul promoteur de toutes ces mesures sans ordres patents de son Gouvernement d'Europe, disait en 1817 : « Je ne possède rien à Madagascar; je n'v « iii pus d'agent, de forts, ni troupes, et je n'ai « donc rien ;i remettre aux autorités françaises ; je
(f ne désire cpiVntretenîr des relations d'amilie et a de commerce avec cpielqnes princes de Tintéa rieur. » M- Farqubar, dis-je, a4-îl reçu de nouveaux ordres du roi^ son maître, qui lui prescrivent de changer de conduite, et non seulement de chercher à entretenir des relations d'amitié, mais de faire des traités offensifs et défensifs avec les princes du pays que nous avons toujours droit de considérer comme les vassaux du roi de France, puisque leurs pères et leurs ancêtres oot, dans maintes circonstances, juré obéissance et soumission à Sa Majesté, qui, par différents édits, et notamment celui du 4 juin 1686, prononce la réunion à son domaine de toute Tile de Madagascar, pour en disposer en toute propriété, justice et seigneurerie, et ce, d'après la remise que lui en faisait la Compagnie des Indes à laquelle le Roi en avait fait abandon, sous l'obligation d*en taire foi et hommage avec redevance, par autre édit du mois de février même année 1685 et une délibération du 16 novembre même année ? Ces titres sont, j'espère, assez forts pour faire abandonner à M. Farquhar toutes ses prétentions; mais tant que Ton se bornera à des échanges de notes diplomatiques, et que vous ne serez pas autorisé à vous opposer, par tous les moyens possibles, à de pareils empiétements, nous verrons s'accroître l'audace des Anglais et employer tous leurs moyens pour nous déposséder de Madagascar.
a En relisant ta sommation de M. Moresby, dont je vous ai fait parvenir la copie par le navire la Capricieuse, de Nantes, on se convaincra qu'ils se regardent comme les alliés naturels de Radama, auquel ils suggéreront tout ce qu'ils pourront pour noua nuire.
« Je ne puis vous donner aucun avis; vous savez, bien mieux que moi, ce qu'il faut faire; mais si nous restons dans l'inactiou, nous verrons s'anéantir bientôt toutes nos ressources. Les Anglais ne sont pas ici ce qu'ils veulent faire accroire; Radama est subjugué par eus. Jean René ne pouvant rien par lui-même fait tout ce que lui dictent les Anglais et se jette dans leurs bras, n'ayant aucun moyen pour résister, d'un côté à Radama qui constamment le menace, ni aux Anglais qui lui font signifier leurs volontés et leurs desseins par le même Radama, pour se mettre à couvert, en raison des réclamations énergiques qu'il n'est pas possible que notre Gouvernement ne fasse à celui de Sa Majesté Britannique pour une infraction aussi manifeste aux traités et notamment à celui de Paris de 1814, qui, par quelques-uns de ses articles pouvant présenter quelques obscurités, a été entièrement rectifié par la déclaration de Sa Majesté Britannique en 1816, qui porte qu'elle a admis t'iuterprétation donnée par le gouvernement français à ces articles, relallfs il la remise des comptoirs, forts et autres
places situés sur le continent d'Afrique, et îles en dépendant, et qui ordonne, en conséquence, à M. le Gouverneur de Maurice de remettre aux autorités françaises de Bourbon tous les comptoirs, forts et autres lieux qu'elles possédaient avant le premier janvier 1790. »
Mais on ne s'était pas contenté de faire comprendre au commandant particulier que ses propositions relatives à Vohémar avaient été intempestives et qu'il s'était occupé là de choses ne le regardant pas : on lui avait fait grief aussi d'avoir répondu à M. Moresby, cet officier anglais qui lui avait écrit la lettre du 23 novembre 1821.
Le commandant Roux s'inclina encore, et, non sans quelque ironie peut-être et avec une véritable amertume, il écrivit : « J'ai cru, monsieur le Gouverneur, devoir faire la réponse que j'ai faite à M. Moresby. Dorénavant je n'aurai plus, avec les Anglais, aucuns rapports de politique, et il m'est bien agréable de n'être pas chargé de discuter avec des gens aussi astucieux et de si mauvaise foi. »
Cependant il a reçu une lettre de Jean René, lui annonçant qu'il sera le très bien venu à la cour de Radama. Ne pouvant partir lui-même, pour le moment, malgré son désir de le faire, il se décide à expédier à Emirne le capitaine Arnoux qui, depuis quelques jours, a mouillé son navire dans le port de Sainte-Marie avec l'intention de l'y
laisser pendant toute la mauvaise saison. Mais il e'agit de présenter la chose li l'ombrageux gou-
verneur de Bourbe
que ,
l'ormalise trop. Et ylors Sylvain Roux s'explique en ces termes : « J'ai besoin de la Bacchante, que je vous remercie de nous avoir renvoyée. Je compte me rendre avec elle â Tamatave, pour expédier M. Arnoux, afin de reprendre mes relations avec Radama, Le moment est favorable, les Anglais ne sont plus à Ymiriie, ils n'y remonteront pas avant avril prochain, et, si j'attendais encore uQ mois avant d'envoyer M. Arnoux, je m'en verrais empêché par les orages et les débordements de toutes les rivières de l'intérieur. J'ai suivi vas avis en m'empressant d'employer à cette mission importante M. Arnoux, dont vous avez bien raison défaire l'éloge. C'est un bon Français, aimant son pays et son souverain avec ardeur. Je vous transmettrai la teneur des instructions dont je le nantirai, et vous demanderai votre autorisation définitive pour tout ce dont il ne fera que des ouvertures conditionnelles. Mon projet est de nous faire concéder une grande quantité de territoire dans l'intérieur de la Grande Ile, d'amener Radama à nous louer beaucoup d'engagés, dont nous avons le plus grand besoin, enfin de le faire consentir à recevoir un agent intermédiaire entre lui et nous et résidant à poste fixe à Ymirne. »
En même temps qu'il prenait cette grave réso-
ition d'envoyer, sans ordres positifs du gouvereur, un agent à Emirne, Sylvain Roux allait se lécidery malgré la défense de son supérieur, et nalgré le peu de succès des lettres qui ont été 'appelées plus haut, à expédier le capitaine Vergoz. Ce dernier était l'objet du mécontentement de M. de Freycinet, mécontentement né, affirmait le gouverneur, à la suite de griefs formulés par Sylvain Roux. Or le commandant n'avait jamais parlé qu'en termes favorables du capitaine de la Normande. Aussi protesta-t-il avec énergie contre des interprétations erronées. « Je n'ai pas gardé copie de la lettre que je vous adressais de Table- Bay, relativement aux griefs que j'avais contre plusieurs officiers de la Normande *; je ne me rappelle donc pas précisément de mes expressions à ce sujet, mais je vous supplie, M. le Gouverneur, de vouloir bien revenir de toute prévention défavorable qu'auraient pu faire naître chez vous ces mêmes expressions contre le capitaine Vergoz, ou son lieutenant (M. Prévost de Langristin). Ces deux officiers m'ont toujours témoigné le plus
1. Ailleurs le commandant s'exprime ainsi : a Je suis fùché d'avoir tant tardé à recevoir vos réponses relativement à l'insu bordination que s'étaient permise quelques-uns de nos officiers. Leur conduite postérieure a tellement été mesurée, qu'en vérité j'avais à vous faire part de ce changement et vous prier d'oublier tout ce que j'avais pu vous dire concernant ces messieurs. » Il souhaite toutefois voir désarmer la flûte. S'il en était réduit à 50 ou 60 hommes conduits par de bons maîtres, il « n'en serait pas plus malheureux ».
grnnd zèle et le plus grand dévouemeDt dan»
toutes les occusioas. » Puis, avec cette absolue bonne foi et cette générosité que l'on retrouve à chaque page de sa correspoudance, Sylvain Roux ajoute : « Ce n'est pas le capitaine Vergoz qui a témoigné uu désir immodéré d'avoir un congé, c'est moi, M. le Gouverneur, moi seul qui, le loi ayant promis, d'accord avec M. le général Hulgan et M. Portier, h Paris, vous ai écrit avec instance pour que vous eussiez la bonté de le lui accorder, Je récidive ici mes sollicitations, n A cette dépêche était joint un certitîcat du D' Marquis, établissant la nécessité pour M. Vergoz de quitter Sainte- Marie.
On sait que quelques jours après on était oblige de liiire partir le capitaine de la Normande, qai mourut en arrivant à Bourbon.
En même temps qu'il donne son attention k tant d'afTaires diverses, Sylvain Roux fait faire « avec l'aide de MM. Armand, Querret et Flouer n le plan du port de Sainte-Marie, u L'exactitude de ce plan ne laisse rien ii désirer, les divers dangers ont été signalés avec soin; on a marqué le mouillage ob les bâtiments peuvent ancrer, sans crainte de rencontrer de coraux, et enfin on a formé une ligne de couleur bleue, indiquant un quai de carénage, dont la confection ne coûterait pu cher. ).
Des planlalions considérables de riz ont éti'
entreprises; toutefois les vivres des engagés ne sont pas fournis par leur travail, il faut subir « la rapacité des traitants, qui vendent leur riz à trois piastres et trois piastres et demie les cent livres ». Et M. Bréon*, qui devait diriger les plantations, ne vient toujours pas. Ce retard indigne Sylvain Roux : « Si, à Paris, M. Bréon n'eût pas fait autant de démarches pour venir avec vous, M. Thouin nous en eût procuré un autre. Je suis fâché que quelque chose puisse ne pas lui être agréable, en venant chez nous pendant la mauvaise saison, mais daignez le rassurer, M. le Gouverneur, il fera comme nous et ne courra pas plus de dangers que tout le monde. »
A cette date, 2 janvier, 57 malades seulement avaient passé h Thôpital et 31 en étaient déjà sortis. Parmi les Européens, dont le nombre était de 200 environ, personne n'avait succombé. Subitement, le 11 janvier, il faut interner 40 Euro* péens à l'hôpital, dont 4 succombent k quelques minutes d'intervalle ! Mais laissons parler le malheureux commandant Roux, dont tous les projets sont renversés en quelques heures.
« Monsieur le Gouverneur, à l'instant même où je me disposais à expédier M. Arnoux pour chez Radama ', au moment où je me félicitais de voir