‹ La France à Madagascar, 1815-1895Chapitre 28 sur 71 · I.A BEPBI5B DE POUBSSION · texte numérisé non relu

I.A BEPBI5B DE POUBSSION

tingiie; ce ne de\Ta donc être que d'npr^s uniesporience de plusieurs années que Ion pourra se déterminer à prononcer d'une manière définitive sur la question posée daos l'article XI de mes

inslructions.

M Sije n'avais ici que des navires sous la conduite Je bons niiûtres, tout irait assez bien. Pourquoi, M. le Gouverneur, ne prendriez- vous pas sur vous J'ùrdonner en effet que la flûte la Normande scrail apprnpriée aux dispositions prescrites par

Ile Ministre, qui dit que : la Normande servira à la fois de caserne, de magasin, d'hôpital et de fort Buttant (art. VIII de mes instructions)? Alors je Itiiii pratiquer des ouvertures dans l'entrepont et •: leral démolir toutes les cabines et les chambres [i^i prennent du couronnement dans la batterie . Jii«{ue sur les travers du grand mât; alors il y I aurait au moins de la place pour loger nos malades H tout ici irait bien mieux. Mais encore une fois 1' n'ai point de reproches à faire aux officiers de Il Marine. C'est contre la nature des choses que

^.lue plains.

! assez fait d'attention à Paris

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i ecoul France. Cependant nous avions assez demani que je fusse dehors au plus tard en janvier 1821. Mais enlin, monsieur le Gouverneur, je ne me plains pas. Nous aurons un moment un peu difficile à passer, la belle saison viendra et j'espère encore n'avoir pas de grandes pertes a souffrir. »

Hélas, du 13 au 31 janvier on perdait, sur un efi'ectif de deux cents personnes, vingt-quatre hommes et l'emmes!

Le chirurgien en chef, M. Marquis, et son coU lègue, M. Duval, étaient au lit. L'ofllcier de santib Marquer — qui ne devait pas tarder a succombev- — assurait seul le service de l'hôpital. Ou atten — , dait, par la Bacchante, un ofQcier de santé que M. Roux avait fait demander et qui fut M. Legras.

II M, Vergoz est chez vous — écrit Roux à M. de Freycinet; — il est parti sans avoir la tète à lui et il a été porté à bord de la Bacchante, dans son cadre.

«M. Prévost, son second, n'a pu encore reprendre

« M. Armand est parti bien malade.

a MM. Querret, Flouer, Louval et Gontier sont

« MM. Débonnaire, Sargent et Capron sont à peine convalescents et ont parfois la fièvre (ce dernier devait succomber quelques jours après).

I MM. Dubois et Vi

gnaux s

t morts.

« MM. Dubeau et Dorneau, capitaine et lieutenant d'artillerie, sont encore sur le lit très malades (le premier devait succomber).

« Moi et M. Bacigot, enseigne de vaisseau, sommes les seuls debout.

« Près de 90 hommes sont sur les cadres, tous assez bien aujourd'hui, mais pouvant redevenir encore plus malades.

« Six hommes matelots nous restant à bord, huit ouvriers au plus à terre, composent notre personnel debout. J'ai été obligé de mettre, pour le service du bord, une vingtaine de noirs, et vous devez penser, monsieur* le Gouverneur, dans quel embarras je dois me trouver. Cependant si l'on vous rend des comptes exacts, on vous dira que je suis à tout partout, portant des consolations là où il est possible d'en faire parvenir.... J'ose espérer que l'année prochaine nous serons plus heureux »

Vient ensuite sinon l'apologie, du moins la défense obligée de l'île Sainte-Marie :

« En supposant une perte de 40 hommes en total, ce qui sera, j'espère, le maximum de nos pertes, si même nous ne restons pas beaucoup au-dessous, nous ne serons pas réduits à la situation malheureuse du chirurgien-major de la Mayenne (M. Aubry), qui nous rapportait qu'il était resté le dixième sur cent personnes qui, avec lui, avaient remonté en 1820 le fleuve du Sénégal.

« Nous serons encore bien moins malheureux

lis MADAUSCUt.

que l'expédition qu'envoya en mai 1807 le capitaine gcnérnl Decaen à Tamatave, sous la dii-ectîon (le M. Mariette, car sur 27 hommes dont était composta ce détachement, 15 étaient morts le 8 juillet, lorsque j'y arrivais.

II Notre perte ne sera pas h comparer avec celle des Anglais qui, en 1811, vinrent me recevoir à capitulation, à Tamatave; ils y arrivèrent 100 hommes curopàens sous les ordres de six oflicicrs et, lorsque les frégates du capitaine Boquebert arrivèrent à Tamatave en jnîn 1811, cette garnison anglaise était diminuée de plus des trois quarts et de cinq officiers qui y étaient morts. » Au lieu du chiffre maximum de quarante personnes, on en perdît 76, plus du tiers de l'effectif, pendant le seul premier trimestre 1822, et 16 pendant le deuxième trimestre, en tout 92 individus, soitla moitié environ du contingent, parmi lesquels: MM. Maqûer (Jeau-François) médecin;

Fabre, deuxième commis aux écritureffB

Bourdageau, traitant;

Mirés, traitant;

Vignaux, garde-magasin;

Dubois, commis aux écritures;

Yigneau, traitant;

Ctipron, arpenteur;

Dubeau, capitaine de la compagnie d% tillerie.

Au milieu de tant de soucis, de tant de déboin

et de tant de souffrances physiques et morales, Sylvain Roux était encore obligé de répondre aux reproches que lui adressait M. de Freycinct, très irrité des deux dépêches du 1*"" janvier 1822, où le commandant de Madagascar s'était permis d'établir à ses yeux les droits de la France et d'indiquer la ligne de conduite qui, selon lui, devait être suivie pour l'honneur de notre pavillon et le succès de l'expédition.

« Je suis réellement fâché — écrit-il au gouverneur de Bourbon — d'açoir pu vous déplaire en vous répétant jusqu'à satiété que les Anglais veulent nous susciter de grands embarras à Mada^ gascar : j'ai eu tort. »

Quelle indignation et en même temps quelle irritation de sa propre impuissance dans cette seule phrase! Et pourtant Sylvain Roux ne peut admettre qu'il ne soit autre chose que le commis du gouverneur de Bourbon Ce n'est ni ce qu'on lui avait promis, ni ce qui est contenu dans ses instructions. « En relisant avec attention l'article 23 de mes instructions, j'y vois qu'il n'est pas moins essentiel de nous opposer, par tous les moyens que la prudence permet d'employer, à ce que les Anglais exercent une influence quelconque sur les chefs de la côte orientale de Madagascar, et notamment sur le souverain de Tamatave Jean René, et sur Radama, roi des Ovas.

« J'avais d'abord cru que mes instructions me

donnaient le droit de correspondre avec le Go^*^ verneur de Maurice, et j'étais bien résolu, en ogi^^ sant avec la prudence convenable, de lui notifie^^ que je m'opposais, au nom de mon gouvernement^ àce<ju'il continuât ses relations avec les deux ehef^ ci-dessus cités; mais m'ayant donné l'ordre par vo^^ dernières du mois de décembre 1821, de m'abs— tenir de toutes relations politiques avec le gouvernement anglais, j'ai obéi, comme je le ferai dans toutes les occasions, n'ayant rien de plus à cœur que de vous prouver mon respect pour vos ordres, et mon zèle pour les affaires de mon pays. Cependant, monsieur le Gouverneur, qu'il me soit permis de vous observer que de nouveaux ordres ne vous paraîtront peut-être pas aussi nécessaires puisque Son Excellence, en 1821, s'exprime d'une manière aussi textuelle et dit que l'on s'en rapportera à monsieur le Commandant pour le Roi, pour tous ceux que, de concert avec le commandant particulier, lepremier jugerait utile de prendre encore, pour tirer le parti le plus avantageux de l'amourpropre et de l'intérêt personnel des chefs madé-

« Cest donc d'après ces inslructions (jiie je me suis peut-être un peu trop appesanti sur Peffet des démarches tortueuses des Anglais envers Radama; que j'ai peut-être mis trop d'intérêt à vous en entretenir: mais je suivrai vos conseils et je temporiserai. »

Sylvain Roux terminait cette dépècbe en revendi-

^uant rhonneur d'aller en personne chez Radama : « Je ne réclame cette mission que dans Tintérêt de celle qui m'a été conBée par le roi ; je la réclame, monsieur le Gouverneur, pour qu'il ne soit pas dit que j'aie négligé aucune occasion de prouver mon zèle et de me rendre utile, car je vous le répète, c'est un voyage dur et pénible, que je me serais empressé de faire par devoir et non par plaisir. Je vous transmets la copie de la lettre de Son Excellence, du 30 avril 1821 ; vous y remarquerez qu'elle m'autorisait par écrit, ainsi qu'elle l'avait fait verbalement, h écrire en mon nom au roi des Ovas, ou à me rendre chez lui, comme je le jugerais le plus convenable; je n'ai rien voulu faire sans me concerter avec vous, ainsi que le mentionnent mes instructions, et j'attendrai vos derniers ordres, que j'exécuterai, soit que vous persistiez à envoyer monsieur Albrand, comme chargé en dernier ressort du traité que l'on pourrait conclure, soit que vous ordonniez que, conformément aux ordres de Son Excellence, j'aille chez le roi des Ovas, muni d'instructions de votre part et de ^ celle de Son Excellence, pour arrêter en définitive ce qui sera jugé le plus convenable aux intérêts de la France, »

Le commandant de Madagascar avait le tort d'avoir raison. On le lui fit sentir rudement. Et rien n'est plus triste, plus digne et plus désespéré ' cpe la lettre qu'il écrivit à M. de Freycinet, en

réponse à la dépèche du 21 février que lui avait adressée le gouverneur de Bourbon.

n Votre lettre du 21 février, sous le n" 24, m'a extrêmement peiné. J'ai vu que les expressions de i; la mienne, sous le n° 38 et à la date du 30 janvier dernier, ajant été interprétées d'une tout autre manière que je n'avais pu les entendre, avaient pu peut-être vous porter à prendre de moi des impressions fàtheuses. Daignez, M. le GouveV' ncur, ne plus vous en souvenir, je les retire.

<( Jamais, non jamais elles n'ont pu rien coi>' tenir qui dût vous désobliger : je n'en ai pu avoî l'idée ni le désir et si les expressions vous ont fn* peine, je les désavoue entièrement. Mon seul & unique but a été de vous mettre en garde conti" l'astuce de nos ennemis : je me croyais m'êir aperçu que de vous l'avoir peut-être trop sauvera dit vous fatiguait et je disais alors que je ne voieen parlerais j/l us el que /"attendrais. »

C'est fini. Le découragement envahit peu a peu l'ùme de Sylvain Roux. Il sent bien que le bu^ poursuivi ne sera pas atteint, ne peut pas èttC atteint. La maladie le saisit, sans le ployer. Il continuera à lutter.

Au chef ova qui s'est avancé jusqu'à la Pointe- Larée avec un millier d'hommes, et lui a fait par venir une lettre insolente, écrite en anglais', Sylvain Roux répond par l'envoi de la Bacckamt^

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