‹ La France à Madagascar, 1815-1895Chapitre 40 sur 71 · J'ai été · texte numérisé non relu

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Iv» réllcxior.'

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On y lisait c.

J passage :

a Un buliûUon d'Annamite» .erait préférable au .

neur qui eut lieu dans les plaines de la Redoute, place d'armes de la colonie, distribuait aux volontaires de la Réunion, ainsi qu'aux soldats réguliers et aux marins, la médaille de Madagascar que venait de créer le Parlement.

Dans une allocution vibrante, M. Richaud rappela que, partout où le drapeau français a été engagé, il s'est rencontré des Bourbonnais parmi ses défenseurs.

Puis il dit leur rôle dans les guerres qui eurent lieu à la fin du siècle dernier et durant celui-ci.

Et cette fête du 26 juin 1887 avait une signification d'autant plus haute, qu'elle se célébrait dans ces plaines où, il y avait bientôt trois quarts de siècle, une poignée de créoles tint tête à une armée anglaise.

« Volontaires de la Réunion — s'écria le gouverneur, — vous avez voulu vous montrer les dignes descendants de ces vaillants créoles qui secondèrent Mahé de Labourdonnais dans ses vastes entreprises sur ces mers'.

l'île de la Réunion, car, dans la précédente guerre, les créoles ont servi surtout à peupler les hôpitaux et l'on n'en a presque rien pu tirer.

Au reste, le même journal, l'Eclair, a publié le 25 décembre les obseryations auxquelles cet article a donné lieu de ma part. Ce nouvel article porte les titres et sous-titres ci-après :

DES BRAVES. — Les volontaires de la Réunion. — Les Annamites opposes aux colons de la Réunion. — Une interprétation erronée, — L'avis de M. le député Brunet, — Exemples histo» riques. — La Réunion, terre de braues.

« Ce sont les premiers Frauçuia établis à Madagascar qm ont colonisé Bourbon et l'île de France. Vous ne l'avez pas oublié et, au premier appel de la patrie, vous êtes venus vous ranger à côté de nos marins et de nos soldats pour défendre les clrnils de la France et l'honneur de son drapeau.

(1 Laljourdonnnis, ne recevant que des secours insuffisants de la métropole pour exécuter les vastes projets qu'il nourrissait pour la grandeur de la patrie clans ces mers et dans l'Inde, deux fois, en 1741 et 1746, fit appel à vos ancêtres pour le seconder et son appel fut toujours entendu. Il put même, en 1746, construire, armer et équiper sept vaisseaux; vos forêts, hélas! eu partie disparues, lui fournirent les bois; vos terres si fer — tiles lui donnèrent les vivres pour approvisionnea:?ses navires nouvellement construits et ravitaillerceux envoyés par la métropole; 2 000 de vos con-»patriotes vinrent se mêler aux 1 300 marins recrutés par la compagnie. Ils firent tous vaillamment leur devoir. Leur bonne humeur et leur habileté h manier le mousquet étaient légendaires, et quand l'heure du combat sonnait, on entendait ce commandement : Volontaires bourbonnais, dans J les hunes! Tous répondaient à cet appel et fai»,! saient bravement leur devoir.

« L'histoire des volontaires de la Réunion esH intimement liée à celle de la conquête de l'IndJ Ils étaient au siège de Madras, a la prise de Ging]

(îevant Trinquomiile et Gondelour, Une compa-

e de Bourbonnal

inpîigi

naît Bi

campagne héroïque ii travers l'Inde.

« Rappellcrai-je le nom légendaire de Montvert, ce brave qui, sur la gabare la Bourbonnaise, dans un combat où tout semblait désespéré parce que l'ennemi était supérieur en nombre, menaçait de brûler la cervelle à celui qui toucherait à la drisse du pavillon?

a II sut donner une énergie surhumaine à ses compagnons, et la modeste gabare la Bourbon' naise mit en fuite un vaisseau.

« Et lorsqu'au commencement de ce siècle la métropole, occupée à combattre la coalition européenne formée contre elle, était impuissante à défendre ses colonies, vos pères voulurent rester frîinrais et surent longtemps tenir l'ennemi en échec.

K Bouvet, un créole, s'immortalisa sur mer. Sur terre, lesvfitres repoussèrent plusieurs fois, et notamment à Sainte-Rose, l'ennemi tentant de débarquer.

H A la Rivière Saint-Pierre, une poignée de braves se jeta dans les lames et força les canols chargés de combattants à virer de bord.

« Et lorsque tout parut désespéré, lorsque l'ennemi, au nombre de 12 000, vint souiller celte terre française, une poignée de braves, sur cette plaine de la Redoute, combattit en désespérés. Ce jour-là on put dire que tout était perdu fors l'honneur.

rent pas prêter le serment d allégeiinct mattre d'un jour, ils se rendirent en France pour s'engager dans les rangs de notre arnu'c et combattre l'ennemi qui cette fois envahissait la patrie.

« A la porte Clichy, sons les ordres de l'immortel Moneey, il y avait un groupe de créoles qui se battirent en désespért^s. Les annales de votre pays ont conservé pieusement les noms de Nicole de La Serve, d'Aubert, de Loupy, de Sully lîrunet.

If Vous aussi, vous avez eu vos jours de combat. Vous étiez a Majunga, autour de Tamatave, à Farafatte et a Sabnmafy, et vous avez prouvé que les traditions de courage que vous avaient léguées vos nncëtres n'étaient pas perdues.

« Vous êtes rentrés aujourd'hui dans la vie privée; montrez, en attendant que la patrie fasse de nouveau appel à votre dévouement, que vous possédez les vertus qui font le citoyen utile ii son pays, comme vous vous êtes montrés bons sol-

Dès les premiers évéïements de Madagascar en 1863, la population de l'ile de la Réunion avait, par voie de pétition, sollicité du gouvernement métropolitain la faculté pour la colonie de leïi un bataillon de volontaires.

LBS VOt^mAIKES DB LA RiONlOIf.

Celle autorisation fut accordic, â la suite de» démarches des députés de la coloDÎe et le nooseil général vota d'eDlhousiasme les fonds nécessaires. Ancien maire de la commune de Saint-Benoît, resté maire honoraire, celui qui écrit ces lignes rappelle avec quelque fierté que c'est cette commune qui répondit la première à l'appel du gouverneur de la Réunion, en Tournissant en un seul Ijour un contingent considérable de volontyires. Il faut ajouter qu'en 1884. à la suite d'une circulaire du gouverneur Cuinier, qui entraîna une protestation du maire de cette même commune, II' gouverneur adressa à celui-ci, le 23 août, la l'tlre suivante : « J'ai vu avec regret, par votre li^tlre du 19 courant, que vous aviez cru être visé Ikhs le passage de ma circulaire du 13 qui parle des municipalités dont je n'ai obtenu qu'un médiocre concours pour le recrutement de notre bataillon de volontaires; il me semble que vous pouviez, avec plus de raison, vous reconnaître dans Ma anciens maires, aujourd'hui réélus, qui ont mis Isur influence au service de cette œuvre patrioli'jue. Vous êtes certainement un de ceux auxquels j^ pensais en le disant.

« Je n'ai pas oublié que Saint-Benoit a fourni le P'iiagros contingent /'année dernière pour les deux premières compagnies.... »

[e l'île : Saint-André, Saint-Paul, Saiat-Jo-

HADAnASC&n.

seph, pour ne parler quo des grands centres, montrèrent le même enthousiasme; en quelques jours plus de 700 jeunes gens s'étaient enrôlés pour lu campagne, avec un engagement d'un an.

L'année suivante, on fut un peu plus froid et c'est même ce qui explique l'échange des lettres rappelé plus haut.

Ah! ils avaient été étrangement traités, les premiers voiouiiiires de Bourbon. Les besognes les plus ingrates, les plus répugnantes, leur étaient réservées, avec les épilhètes les plus malsonnantes, pur certains officiers dont le nom est resté inoubliable parmi ces jeunes gens.

L'un de ceux-ci' a publié, dans la Jtevue Bourbonnaise, « le Carnet d'un volontaire h.

B Faut-il parler, écrit-il, des surprises que nous réservait la caserne et de l'équipement fort incomplet que l'administration locale — peu compêteute en matière d'armement — jugea à propos de nous octroyer? Faut-il rappeler qu'entre autres effetsindispensables, qui nous manquaient, nous n'aviuns^^ ni capote, nî sac? Et pourtant le conseil généraP— avilit, dans un élan patriotique, voté 300 000 francs t

« Toutes ces misères nous laissaient pleine** (l'enthousiasme et d'illusions!... »

L'enthousiasme demeura jusqu'il la fm, mais pa^*' les illusions.

1, M. Saint-Rïruï Loupj.

KCes malheureux jeunes gens furent si odiejsepient truites par l'ancien lieutenant de zéphir qui leur servait de capitaine, qu'ils auraient pu être en droit d'adresser des reproches à ceux qui les avaient poussés à s'enrôler.

On doit dire à leur éloge qu'ils souffrirent patiemment et ne Ërent entendre aucune plainte. Mais ils n'ont rien oublié. Prêts a faire leur devoir au premier appel de la mère patrie, ils y 't|:>porteront le même enthousiasme, sans les illusions!

« Rentrés dans la vie privée », suivant l'expression du gouverneur Richaud, iU n'eurent que des "léboires, leur qualité d'anciens volontaires était «evenue pour eux un titre à l'indifférence et même ^ l'auimadversion des administrateurs. Les choses fn vinrent à ce point que celui qui écrit ces ligues "irut devoir, en 1892, se faire l'écho des réclamations des anciens combattants de Madagascar, dans l» lettre ci-après, signée « Un volontaire h et aiiressée au vice-président de la Chambre, M. de Mahy :

« Je suis un ancien volontaire de Madagascar et, -1 ce tilre, je viens vous demander de m'écouler n moment.

" Un jour notre maire — celui de Saint-Benoit - noDs réunit à la mairie et nous dit qu'il fallait fsrtir pour Madagascar. Le drapeau de la France |kvut été insulté par les Hovas et le gouverncuicnt

était décidé à leur infliger un châtiment exemplnire. Il fallait que la culonie s'associât à ce mouvement et envoyât ses eufants à la guerre malgache. Il nous dit encore bien des choses, qu'il serait trop long de vous rapporter, parla beaut^oup de vous — qui ét-icz alors ministre, je crois — et de M. Dureau, nous aiTirmant que l'un et l'autre vous avie* pris des engagements en notre nom,

n Après lui, le commandant des milices nous harangua aussi et fut très écouté. £n fin de compte la séance n'était pas terminée que plus de 70 d'entre nous, et moi des premiers, nous avions signé notre nom surin table de la mairie. Cela nous faisait l'elTet «l'une sctme comme celle que l'on nous avait fait apprendre à l'école, dans le livre d'histoire où l'on voit en un coin de la page une petite gravure représenlunt les volontaires qui vont s'enrôler et prêter serment n sur l'autel de la patrie ».

« Il y a des gens qui blaguent l'enthousiasme, mais oe sont des abrutis, des buveurs d'absinthe ou des sans-cœur, à moins qu'ils ne soient de simples cucurbitacées. C'est bien bon, je vous assure, de faire simplement son devoir, sans phrases, empoigné par les grands souvenirs, les beaux exemples et ce je ne sais quoi qu'on appelle patriotisme, encore un mot dont rient les Prussiens à l'intérieur. J'appelle Prussiens à l'intérieur, les gens qui passent leur temps à débiner leur pays, h se battre les flancs pour faire de l'esprit

entre dJearc ftniciivf En- Hiicr^ lilKna&nuf. ^' mi nii le c^EroT *ft Ht* gutti»^ 'tu. !imTTi.. av m lir ftr^- i* plus plcvtbrveiAf tkniffiksHumuuK

« Ce eittiiîfiff* «fit- 5i' .nuiimrtiimf nnu n'rnifnr. .-.••autres comirmwni*^^ v <iniixgi*!tf> !!* •?iîi«î-ii*îi. t«ii'"i— îir Vexemple «dk S»âîiLît-ft'»aiiiifc.. C/u*ii ji jhîIi* ir»n»gande qae iu<6uh> tTikiirt* .lAurf- j*^ uiif -tr i**f tiin""r Nous allions di D* jE»Tu3Rî:iiiHriit i;»f«î*^'iir : iiitr:"u:tiiii militaire- M- Gnaniftw.. uni iu«L ïc-i"'* rri»i-' ••n-vi.' niit les roUrtKSaâirftS' dit Sasxrii-^t'.iJic: i .' iiruf :i

jour dans one V^Vbnt ^pa^ lit jui-l?* ii i ":.!:!■" vint même chez mtm» <çft HMn» i- ix :.:*•:::»; "* .î "ï^ rappelait, earje «lif tBa f«*it --^-n:.?* .-?-f i.-*»!-:»^'* ^e M de Beaafort. njiftaja-d il p-r'.-iL-t^r^i. ■; ht *.: ". ii :f ^ui allaient « eo Al^r > Iin?<-? iikik.J.t ii\ :if.dèles et aux pirates, des boiSii iZ:<»^ sti.* 6-. ;•?> invitant à... déli^Ter ^ le* beLIe* T::!^qTi'f-f5^* if Seulement M. Cuinier parlait on frAnoais un {--eu plus pur que le roi des Halles.

« Nous devions avoir des terres à Madag:i<car, ^^s places et de la gloire aussi. L'un de nous s écria : « Ça nous suffit, la gloire! » Que voulezvous, monsieur le député, les Français sont ton-

jours les mêmes, nous sommes des Français du

^'idi, exubérants et se payant beaucoup de mots.

« On nous mena à Saint-Denis, à la caserne»

i et nos mairc!

ou nos

veiiiiicnt voir souvent, nous portant àe.t

tions et mille douceurs.

« Des consolations! nous n'en avions pas encore besoin. On était pluin d'ardeur. C'est quand on s'embarqua que ce fut dur. Comprenez-vous qu'où avait oublié de nous donner des couvre-pieds et des sacs! Quelqu'un — pas nous évidemment — ■ en lit l'observation au gouverneur, qui répondit que ce n'était pas arrivé et que l'on nous expédierait cela à Majuuga ou ailleurs.

« Un des nôtres a publié le « Carnet d'un vuIoim. taire ». Lisez cela, monsieur le député, si voi^ s voulez savoir de quelle manière nous avons êt^ traités là-bas... comme les derniers des derniers. Pour nos chefs européens, nous étions des nègres.

a Le comble de l'humiliation nous était réserve- Le jour oii nous avions quitté Saint-Benoit, un chauffeur du chemin de fer, nommé Roc — si mes souvenirs sont fidèles — avait été relevé vertement par le maire, parce qu'il s'était permis de se moquer de nous. Quelque temps après, nous le recevions comme sous-lieutenant à Majunga! Ce qu'il nous fit de misères, à nous autres, volontairesl de Saint-Benoît! ce qu'il nous humilia parce qud nous avions assisté à son humiliation I Depuis cJ

temps-Ia et ici même, nous avons pu nous blaser sur cette mise à l'index de ceux qui votent pour les adversaires du Crédit foncier. Il y a des gazettes et même des fonctionnaires qui ne pardonnent pas a des citoyens d'appartenir à la commune de Saint- Benoît. 11 est vrai qu'on a des compensations.

« A Madagascar, nous n'avons pas eu de compensations, mais le sieur Roc, l'insulteur des volontaires, fut bel et bien décoré, étant Européen. « Je pourrais vous citer beaucoup de noms et des plus honorables de la colonie qui se trouvent inscrits sur les tombes de nos volontaires à Madagascar, car nous conservons pieusement leur souvenir.

« D'autres sont revenus malades, tous indignés, ayant une honte au cœur, non pour eux, mais pour la France! Les officiers français les avaient traités comme des disciplinaires, plus mal encore : mais c était bien, si du moins le but avait été rempli.

« Hélas! et vous en souffrez comme nous, monsieur le député, plus que nous peut-être, c'était Miot qui avait remplacé les Pierre et les Le Timbre ! C était Patrimonio qui négociait au nom de la France ! Nous quittions Madagascar en vaincus.

« Rentrés chez nous nous apprenions par les journaux et les récits, que les plus odieux contes avaient

yements pour la durée de rexpédition qui va s'ouvrrir h Madagascar.

Cette honorable exception, faite en faveur de rile de la Réunion, est la récompense du patriotisme dont a fait preuve, en toutes circonstances, la population de cette terre

Bien petite, il est vrai, perdue au sein de l'onde, Mais qui partout, ô France, où flottent tes drapeaux, A fourni des soldats et parfois des héros '.

Je crois devoir donner ici le texte du rapport de M. le baron Reille et le compte rendu de cette partie de la séance du 18 décembre.

Adoption d'un projet de loi tendant à autoriser les jeunes gens de la Réunion à contracter des engagements,

M. LE Président. La parole est à M. le baron Reille, au nom de la commission de Tarmée.

M. le baron Reille. J^ai Thonneur, au nom de la commission de l'armée, de déposer sur le bureau de la Chambre un rapport sur le projet de loi tendant à autoriser les jeunes gens originaires de la Réunion, et domiciliés dans les possessions françaises de la côte orientale d'Afrique, à contracter des engagements pendant la durée de rexpédition de Madagascar.

Voix nombreuses. Lisez! lisez!

1. Louis Brunet, — poésie composée pour l'inauguration du monument éleyé a Ja mémoire des Français tombés dans les plaines de la Redoute en 1810.

M, LE PiiÉsiBRNT. 11 n'y a pas d'oppi

La lecture est ordonnée.

M. LE iiauon Ubille, rapporteur, HsanC. Messieurs, le Gouvernement a déposé sur le bureau de la Chumbre un projet de loi autorisant les jeunes

s de l'île de la Réui

contracter durée de

des engagements volontaires poi l'expédition de Madagascar.

Ce projet, renvoyé à l'examen de votre commission de l'armée, a été soutenu devant elle par M. le ministre de la marine, et nous devons le remercier d'avoir donné ainsi une satisfaction pratique et immédiate au sentiment qui s'est clairement manifesté dans cette Chambre lors de la dis — cussion des crédits nécessaires pour l'expédition.

Il y n le plus réel avantage pour le pays i»

appeler aussi promptement et en aussi grancJ nombre que possible à faire partie du corps expéditionnaire ces Français de l'Afrique orientale, dont le patriotisme supporte impatiemment l'exclusion du service militaire et que leur endurance des climats coloniaux rend plus particulièrement aptes à la campagne projetée.

M. DE Mahy. Très bien ! très bien !

M. LE BABON Reille, Votrc commission a accepté ' Il l'unanimité le texte présenté; elle espère toutefois que le gouvernement ne s'arrèterii pas dans cette voie el qu'en s'ussociant au projet d'application du service obligatoire à l'ile de la Réunion,

préspnté par M, de Mahy et adopté par sion de l'armée, il dcanerii une siitisraction plus complète à de généreuses ardeurs dont notre honorable vice-président s'est fait ici, si souvent, le sympathique écho. (Très bien! très bien!)

Les Français de la Réunion, après a^ tairemenl fourni une fraction du corps expéditionnaire, se prépareront ainsi à faire face, par le service obligatoire, aux nécessités de \a relève et de l'occupation ultérieure.

Votre commission estime aussi qu'il y aurait avantage à aller plus loin dans la voie indiquée par le ministre de la marine, et a accorder aussi îiux Français de la métropole et de nos autres colonies la faculté de s'engager pour la durée de l'expédition. L'article 61 de la loi du 15 juillet 1S89 semble contenir implicitement cette facaltc, mais le texte, dans sa lettre, la limite malfaeureusemeiit au seul cas de mobilisation généï-ale.

Nul doute que, si une semblable disposition "^tait édictée, un grand nombre d'anciens soldats

iie notre admirable infanterie de marine ne tinssent à honneur de se replacer sous les ordres de leurs anciens chefs et de faire partie de la colonne expéditionnaire. {Très bien.' très bien!) Ayant )érience du séjour dans les climats tropicaux, enuB à l'âge oii la vigueur atteint son imum, ils apporteront au milieu de nos

engagés voloninîrea plua jeunes un ( cîeux pour le succès de dos eETorts.

Sous le béoéfice de ce double vœu, votre conimission a chargé son rajporteur de vous proposer l'adoption du projet de loi suivant :

« Article unique. — Les jeunes gens originaires de l'île de la Réunion et qui son! domicilîOs dans les possessions françaises de l'Afrique orientale peuvent être autorisés à contracter des engagements volontaires pour la durée de l'expédition de Madagascar, en vue de leur incorporation dans les troupes coloniales aSectées à cette expédition.

u Les conditions de l'engagement et la situation des hommes qui seront admis à le contracter seront délerniinées par décrets. »

Messieurs, il y a urgence à ce que ce projet soit voté immédiatement. Au nom de la commission et d'accord avec le Gouvernement, j'ai l'honneur de demander la déclaration d'urgence et la discussion immédiate. {Très bien! très bien! — Aux voix!)

M. l'ÉLix Fauiie, Ministre de fa marine. Le Gouvernement est d'accord avec la commission.

M. LE PaÉsiDENT. Je consulte la Chambre sur ta déclaration d'urgence, demandée par la commis sion d'accord avec le Gouvernement.

(La Chambre, consultée, déclare l'urgence. — Elle décide ensuite qu'elle passe à la discussion de l'article unique du projet de loi.)

« Article unique. — Les jeunes gens originaires

EoiTTAIHEB DE LA RéUMON.

de l'île de la Réunion et qui sont domiciliés dans les possessions françaises de l'Afrique orientale peuvent être autorisés à contracter des engagements volontaires pour la durée de l'expédition de Madagascar, en vue de leur incorporation dans les troupes coloniales alTectëes a celte expédition, « Les conditions de l'engagement et la situation des hommes qui seront admis à le contracter pueront déterminées par décrets, u ^^ (L'article unique est mis aux voix et adopti

- les

Il fut un temps où l'île Bourbon, aujourd'hui la Réunion, était le trait d'union entre la métropole et Madagiiscar. Au reste la Grande-Terre ne faisait commerce, â cette époque, qu'avec Bourbon et Maurice.

Mais depuis quelques années notre colonie de la

ler des Indes est véhémentement soupçonnée de

loloif faire à son profit et à son profit exclusif la

conquête de Madagascar. C'est un fait. Il y a sans

doute là-bas quelque monarque en disponibilité,

aspirant à succéder à Ranavalo-Manjaka? ou bien

les lauriers de Bcniowski empêchent-ils de dormir

iB ambitieux insulaires? Si bien qu'il existe une

lole d'hommes d'Etat qui veulent faire Mada-

gascar i

i les

irbonn;

d'autres rêvaient la République sans répi

I près comm

blic

Pour être ambitieuse, la comparnison ne laisse pus d'être juste.

Eu effet des relations étroites existent entre les Jeux îles depuis trois cents ans. Une partie de notre colonie a été peuplée par des Malgaches, introduits a diverses époques, et aujourd'hui une classe nombreuse de la «population, qui vient en ligne droite de ces Malgaches fixés h la Réunion, sert la France avec intelligence et dévouement dans les fonctions publiques et dans nos armées de terre ou de mer.

Toutes les expéditions qui ont eu lieu h Madagascar sont parties de Bourbon ou y ont passé. On a vu d'autre part qu'elles avaient été placées sous l'autorité directe du gouverneur de cette colonie et des conseils locaux, qui même en.

avaient eu l'initiative.

C'est qu'alors le mot d'ordre n'avait pas encore été donné de considérer Madagascar comme un Ëtat indépendant, et le chef des Hovas comme a \e roi puissant de tout Madagascar i>.

C'est qu'alors aussi cet axiome n'avait pas cours : surtout se ratifier des Bourbonnais.

J'ai dit comment le conseil général de la Réunion et la population tout entière durent pétitionner pour obtenir la faveur d'envoyer des volontaires ii la dernière guerre malgache.

On ne tarda pas h se rendre compte, dans cette colonie, que les Bnudiiis, les Le Timbre, les amiral

Pierre, avaient été remplacés par des hommes résolus à faire la paix à tout prix. Sans doute des instructions dans ce sens leur avaient été données.

Tant de sacrifices devaient donc rester stériles ?

C'est alors que le conseil général prit les résolutions contenues dans le procès-verbal ci-après :

Séance du jeudi soir 19 novembre 1885.

M. LE Président donne lecture de la proposition suivante, déposée par M. Brunet et signée par 23 membres du Conseil :

« Nous avons Thonneur de proposer au Conseil général de nommer une commission de 5 membres qui sera chargée de faire une adresse au pouvoir exécutif et aux Chambres relativement à la question de Madagascar.

ff Saint-Denis, le 19 novembre 1885.

« Ont signé : MM. Louis Brunet, Azéma, Crestien, l^^upy, Drouhet, Sénaud, Féry d'Esclands, Robert, Potier, Desjardins, de Laprade, de Pontlevoye, Gérard, Cornu, Laperrière, de Pindray, Larrée, Gabriel Lahuppe, E. Hugot, A. Babet, E. Bellier, Paulet, P. Crémazy. »

M Louis Brunet demande Turgence afin que la commission puisse se réunir immédiatement,

rédiger l'adresse et la soumettre ao Conseil â ia Ea de cette Maoce oq demaîn an plus tard.

M. LE PRCsiDEin. La malle poor la France poaTant partir mardi prochain, il est nécessaire, en eflet, qae la commissioD qui va être nommée paîs»e travailler immédiatement la rédaction de l'adresse et la soumettre aujourd'hui, demain au pins tard, à la sanction da Conseil. Je proposerai en conséqnence que la commission se réunisse pendant la sDspension de séance. A la reprise, elle rapportera l'adresse qu'elle aura élaborée.

M. lluGOT appuie la motion de M. le Président pour les mêmes motifs qui tiennent d'être exposés.

Le Conseil prononce l'urgence et désigne pour faire partie de la commission :

MM. Azéma, Brunet, Féry d'Esclands, Crestien, Hugot.

La commission fonctionnera pendant la suspension de séance,

M. LE PnÉsiDËST. La commission chargée de rédiger l'adresse an Pouvoir exécutif et au Parlement s'est réunie et a l'honneur de vous soumettre le projet qu'elle vient d'élaborer.

La parole est à M. L. Brunet, rapporteur.

M. BlitjNET. Voici le projet d'adresse que votre miet à votre approbation ;

Adresse au gouvernement de la République

et au Parlement.

« Messieurs,

<( Depuis plus de deux cents ans l'île de Mada* gascar appartient à la France et a été occupée [ sans interruption par des Français.

« La métropole et notre colonie ont payé du sang de leurs enfants Je droit de voir flotter le pavillon national sur la Grande-Terre.

« L'histoire des sacrifices faits pour consacrer ces droits a été retracée éloquemment à la Chambre des députés par les représentants de l'île de la Réunion et d'autres membres distingués du Parlement.

« Nous ne vous parlerons pas, messieurs, du rôle qu'ont joué nos compatriotes de l'île de la Réunion pendant cette longue période. Comme soldats, comme marins, ils ont occupé une place honorable dans l'armée et dans la flotte de la France ; comme pionniers, ils ont colonisé l'île de Madagascar, cette France orientale, et ne l'ont jamais abandonnée. Un grand nombre d'entre eux ont payé de leurs biens et de leur vie ce dévouement à la mère patrie et à la civilisation

« Ce n'est pas là, il est vrai, un titre qu'il convienne d'invoquer devant vous. L'amour de la patrie est une vertu française. Ce n'est pas auprès

lie MAD Ad ASCAM .

<les repris '■niants de la France que des Français d'uiitre-mer viendraient se faire honneur d'une tellr vertu.

> Mais, qu'il noos soit permis de vous rappeler ijue l'île de la Réunion a toujours considéré la terre de Madagascar comme une terre française, cumnie un prolongement de la patrie, et que c'est la France elle-nièroe qni Ta entretenue dans cette pensée et a encouragé l'expansion vers Madagascar de nos capitaux et de nos populations.

a Qu'il nous soit permis de vous rappeler que, naguère encore, par une indigne violation du droit des gens, nos nationaux ont été maltraités par ' peupUde barbare et expulsés des domaines qui leur avaient été concédés ou qu'ils avaient acqnis....

Cl L'île de Madagascar vous appartient; nous demandons d'occuper définitivement une lerre qui est ii vous, qui est votre bien, le bien de la France.

« MM. Azéma, président du Conseil général (pré- S<rf«nl),Féryd'Esclands, Crestien, Hugot, L.Brunet [rapporteur). »

M. ui Président. Personne ne demande la parole?...

vote Dominai, l'adresse

pro-

LES VOLONTAIRES DE LA nÉUNION. 217

Le résultat du scrutin donne :

Membres présents 20

Majorité 11

Pour 20

Le Conseil général a adopté à l'unanimité.

Ont voté pour : MM. Azéma, Féry d'Ësclands, Crestien, A. Babet, Brunet, Cornu, Desjardins, Drouhet, Gérard, Hugot, Lahuppe, Laperrière, de Laprade, Larrée, Potier, Robert, Sénaud.

Cette adresse, le croirait-on ? le Parlement n'en eut jamais connaissance. Le ministre chargé du département des colonies jugea bon de la conserver dans les cartons. Prit-il même la peine de la lire?

Et le traité Patrimonio-Miot fut ratifié.

La résidence générale, installée à Tananarive, prit un soin extrême d'éviter tout rapport avec l'île de la Réunion. Celle-ci, mise à Tindex, ne reçut même pas la visite du premier Résident, qui débarqua en pays anglais, à Mahé-des-Seychelles, et de la se fit conduire à Tamatave.

Enfin — r ce fut le couronnement de l'œuvre — une dépêche ministérielle signifia au gouverneur de la Réunion l'interdiction absolue d'accorder des réquisitions de passage sur les paquebots des Messageries Maritimes aux Réunionnais désireux d'aller travailler à Madagascar.

Cette mesure n'a été rapportée que l'année dernière, h pareille époque, a la suite d'une protestation indignée des représentants de la Réunion.

UAUAGASCAn ,

Le rapport.

Noire territoire de Dii!g;o-Suiircz n'est pas considérable. Les points susceptibles d'être cultivés sont — en outre de la ville d'Antsirane et du plateau y attenant — le plateau d^AnamaJcia, les terrains avoisinant la rivière des Caïmans, la vallée de la baie des Amis, la vallée de Béthaïlâ, les plaines de Mangoaka, les pentes et les plateaux de la Montagne d'Ambre,

On essaiera dans celte étude de faire connaître quelle est la situation actuelle de notre possession et de rechercher quels sont les moyens à employer pour y développer la colonisntion.

Une observation générale s'impose au début de ce travail, c'est que le gouverneur n'a auprès de lui ni conseil d'administration, ni aucun autre comité consultatif. Si le chef de la colonie venait à disparaître, par qui serait-il remplacé?

Depuis plus d'un an un décret a été rendu, qui rattache à Diégo-Suarez les îles de Nossî-I et de Sainte-Marie. La première de ces dépendances possède un conseil municipal' (et il n'y en

1. Depuis l'on a supprimé lout cela. Après avoir enlevé son outonomie ù notre b^lle colonie de Nasai-Bé. on lui a retiré soii toaseil élu, son conseil adminiatrutif, sou Iribunul.

Encoiv aujourd'hui Diégo-SnarcEf qui est habité par nne popululiun d'origine européenne, ne possède aucune assenibloe élii«, Métropole ou les vieilles colonies , son droit à la représentation

DIÉGO-SUAREZ. iS3

a pas à Diégo-Saarez), un conseil prÎTé (et un conseil privé ne peut exister qu'auprès d'un Gouverneur), tous les rouages enfin d'une administration propre. La justice est rendue à Nossi-Bé par un juge-président à compétence étendue : à Diégo- Suarez, ni organisation administrative, ni organisation judiciaire.

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