‹ La France à Madagascar, 1815-1895Chapitre 41 sur 71 · LES TERRES CULTIVABLES · texte numérisé non relu

LES TERRES CULTIVABLES

Plateau d'Anamakia,

Ce plateau s'étend de la ravine des Maques au pied de la colline de Mahatinzo; il a une superficie de 800 hectares environ , dont les sept dizièmes sont affectés à la culture presque exclusive du riz, entreprise par des indigènes, Makoas* et Betsimisaracks (au nombre de 580 environ).

50 hectares environ sont détenus et travaillés par des colons originaires pour la plupart de l'île de la Réunion : MM. A. Gangnant, G. Hoareau, Ethève, Gabriel Turpin, Emile de Lanux, Vincent Paris, Sarda, Fontaine, Dalleau, Nativel, etc. Les plantations faites par les colons sont fort À belles : légumes variés, grains, racines alimcn-

!• On écrit aussi Maquouas,

res, tnbac, vnnitle, arbies fruitiers dunt la pousse est remarquable.

MM. Béciiard, créole de l'île Maurice, et Yves Moreau, Europ(^en, y possèdent des rizières.

Aucun sol n'est plus lertile que celui d'Ans— Qdkia. Les plateaux sont sillonnés en tous sens par de nombreux cours d'eau dérivés et conduits par les colons.

Malheureusement, il n'existe pas de route pour conduire d'Auamakia à Antsirane, de sorte que les colons ne peuvent pas retirer de leurs produits tous les revenus sur lesquels ils seraient en droit de compter, et, d'autre part, la ville d'Antsirane, si fréquemment privée de légumes frais, ne peut qu'à de rares intervalles s'approvisionner des den — rées provenant d'Anamakia. Les jours d'arrivée de^ paquebots-pnste, les colons, assurés de l'écoulement de leurs denrées, les transportent en bateau, mais ces circonstances ne se présentent que deux fois par mois.

Nous pensons qu'il est facile d'établir une route charretière entre les deux points (Antsirane et Anamakta), et que cette création ne nécessiterait que fort peu de travaux d'art. Cinquante hectares de bonne terre peuvent être encore concédés.

Oq exposera, dans un chapitre spécial, les observations générales auxquelles donnent lieu le mode de concession en vigueur et le système de colonisation employé.

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ture que da mois de dêreinbre as moi» d'arril et

lie pourront dès lor» recevoir qn* de» I^^mea et

des grains alimeotaires.

Il est vrai que ces terrains sont abritas par une

lisière de forêt, mais c'est U une protection insof-

^B fisante contre les brises et qui ne lemédie pas à la ^^H

^Knécessilé de rirrtgatioa. Or l'irrigation n'est poA'i^H

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gênes, occupés par 156 habitants qui k'wlonaMtt i l'élevage des bœufs et à la cultnre do aai*.

Les terres sont susceptibles d'être uwigité*», i peu de frais. Si l'on retire ISt) bectara ie IcrraiD occupés par les iodigt-oes, et une p an eiri i Mo de 100 hectares qui vient d'être aceordéc â M. de ftlaupas (lequel n'en a pas eoeoiv pris f Mtnm m], i\ ne reste plus qu'une faible superficie de jJaue, 'oaka, susceptible d'être coDC*d*«-

Pentes et plaleaiix du la montagne d'Ambre.

I Les plateaux de la montagne d'Anibr« sopt cattunes de fort belles forets, dont qtieb{ae>-iiD«« nuent des plaines di^nudées oâ pMitce B'herbe appelée YuIgniremenI « l'herbe à caille >. Les pentes, qui s'étendent à perte d« vue et lont on ne peut apprécier la superiîcte, «ont entoB- ^es de lisières de forêts et recouTerte> de la m^iue ^rbe. On pouri-ait y faire l'élevage »ur une grande bhelle, mais l'eau manque. On rencontre «nr le» Ëateaux deux ruisseaux, dont l'un dan» le voitti- Bage du pavillon du gouverneor ; dilficilement on pourrait capter et conduire ce» eaux, d ailleurs insuffisantes.

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4 000 5mes. Riicemmcut k's hiibiliints se sont vus privés d'eau pendant plusieurs jours, les fontaines ayant Inrl; pour les besoins des troupes, on s'approvisionnait par bateaux, à Diego ; eu temps ordinaire, un foiictiunoaire est placé près de chaque fontaine, pour surveiller et régler l'emploi de l'eau par les habitants et empêcher que personne ne puisse être servi avant les troupes : de là des récriminations sans nombre de la part de la population, de là des plaintes dont les journaux des autres colonies et de la Métropole' se font naturellement et justement l'écho, et qui nuisent au bon renom de la colonie nouvelle.

Au reste, il semble qu'à Diégo-Suarez tout ce qui est civil doive céder le pas à l'élément militaire.

Est-ce vice d'organisation? insuffisance d'instructions? Le gouverneur lui-même n'a pas toujours été considéré par le commandant des troupes comme le chef réel de la colonie.

Cette question des pouvoirs non séparés est la source d'un conflit permanent, et, en tout cas, toujours latent.

Un projet de canalisation a été dressé, par les soiosde l'artillerie, à l'effet d'approvisionner d'eau la ville d'Antsirane. Mais il y a lieu d'observer que si c'est l'artillerie qui exécute ce travail et si la

MADACASCAR.

■veillance du canal appartient à l'autorité t

laîre et non a l'autorité civile, la situation ne sera que faiblement modifiée; en effet, il parait (-criain que le projet se préoccupe peu de la distribution d'une partie des eaux sur le plateau d'Antsirane parmi ces terres qu'il est indispensable d'irriguer, et ceci semble assez naturel de la part des auteurs du projet, car le plateau précède le cirque et la ville, point extrême où se trouvent actuellement placées toutes les constructions militaires et civiles '.

Entre les mains de l'autorité civile des concessions d'eau pourraient être consenties moyennant redevances. Au reste beaucoup de personnes pensent qu'il serait excellent et moins coûteux de mettre en adjudication les travaux dont il s'agit. Mais il faudrait peut-être commencer par doter la ville d'Antsirane d'une municipalité, a laquelle le chiffre de sa population lui donne droit. Rien n'empêcherait que la commune ne prît à sa

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tel travail et n'y fit face ; d'un emprunt que couvriraient les redevances et de la subvention métropolitaine.

Alors le plateau d'Antsirane, habité et mis en culture grâce i) l'eau qui le fertiliserait, assurerait la prospérité de la ville, rafraîchie et assainie par les plantations d'arbres.

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