CASTELFIDARDO
La terre a bu leur sang, les forts ont succombé, Tes braves sont vaincus, Israël, pleure, pleure ! L'Arche sainte est prise à cette heure. Gomment ton fils est-il tombé ?
Ah ! que le Philistin ignore ta défaite ! Car s'il apprend un jour la chute de Sion, Ce vil incirconcis rira de ton prophète Et fera de tes pleurs une dérision.
Du sang de nos héros ô montagne arrosée, Gelboé, Gelboé, sur ton flanc dur et noir Que jamais du matin ne tombe la rosée. Ni ne vienne la pluie opportune du soir.
C'est là, sur ton gazon, sur ta verte pelouse. Que le nombre a vaincu d'héroïques efforts ; Que d'un nom glorieux la bassesse jalouse A surpris sans honneur le bouclier des forts.
Saül et Jonathas, princes, noms mémorables,
Le père avec le fils, le tronc et le rameau,
A la vie, à la mort, êtres inséparables.
Nous les pleurons tous deux sur le même tombeau..
Ta ñéche, ô Jonathas, ô roi Saül, ta lance Décimaient d'iVmalec les épais bataillons; Tous deux, dans les combats d'une égale vaillance, Prompts comme l'aigle noir, forts comme des lions.
NosGelboés, hauteurs de Lorette et d'Ancône, Collines qu'illustra le plus noble trépas ! Mon âme gémira sur vous, mais je pardonne ; Ossuaire des saints, je ne vous maudis pas.
0 filles d'Israël, pleurez sur vos familles, Pleurez-les ces guerriers qui, sur vos bras charmants Jetaient des bracelets d'or et de diam.ants.... Pleurez vos frères morts, pleurez, ô jeunes filles.
La terre a bu leur sang, les forts ont succombé, Tes braves sont vaincus, Israël, pleure, pleure,
L'Arche sainte est prise à cette heure,
Gomment ton fils est-il tombé ?
Théobald neveux, a. g. g.