‹ La France a RomeChapitre 117 sur 177 · ALGÉRIE · texte numérisé non relu

ALGÉRIE

AD PIUM NONUM

Ghristiadum musse, prsestanlia numina vatum, 0 date, qu^so, mihi digno celebrare siipremum Carminé Pontificem. Meritis sed verba minora! Tantus ubiprsesul? Quis parincedere possit? Quisve lui similis, Pater o sanctissimie, celsâ Majestate sacer, cujus notissima virtus Miranda attonito prsebet spectacula mmido? Omnibus, aime Parens, tu semper amabilis ore Dulcis enim toto legitur clementia vultu. iËthereique ignés et purse fulgura lucis Augustâ de fronte micant. Quòd si ora resolvas Gœlesti rapis eloquio tu corda tuorum ; Verbis namque comes tua gratia juncta videtur. Justitise rectique tenax, interritus héros, Quem non instanlùm vultus vocesque tyrannûm Démens non ardor populorum prava jubenlûm Mente quatit solidâ, nec terrent impia sœcla. Irrumpant venti, tempestatesque furentes ; Fluctuet ac navis Pétri jactala procellis, Antemnseque gemant, strepitentque carinse ; Fluctibus in mediis, tu semper fronte serenâ. Ne timeas hiemem, navis; mare tuta tenebis, Atque illsssa, Pio nautâ, tibi vela manebunfc.

Dùm, veluti aiebas, cariosus labitur orbis, Dùm solio trépidant reges formidine capti. Tu stas impavidus, tollens ad sidera vultus. Qui 1 tremeres? sentis latitare in pectore numen, Nii desperandum, cœlo duce, et auspice coelo. Mox tua se magnis attollet gloria rébus, ^ternumque feres meriiò per secula nomen. Sedulus, invigilans animis, Pater aime, tuorum, Tu modo, Ghristiadum cœtu pîaudente, videris Cogère Gonciliam, divino Flamine motus.

Hoc popali memores iterùmque iterùmque salutant Lux siquidem fuerit sa^cli decus atque perenne. AUera jàm mundo surrexit ferrea proies, Omnia miscentur, miserumque irrupit in sevum. « Omne nefas : fugère pudor, verumque fìdesque; « In quorum subiére locum fraudesque dolique, » Insidiseque et vis et amor sceleratus habendi. « Régnât, non uUo constricta licentia freno. Horrendum ipse caput slygialibus extulit antria Exitium regnorum, amens sinè legibus Error. Sed tibi Relligio sua tela et fulmina cessit. Hss stygise pestes, tenebrosse noctis amantes, Praecipites fugient concussa3 ftdminis ictu, Imaque, purgatis terris, sua régna tenebunt. Mox nova fulgebit tenebris Aurora fugatis. Te duce, Sancfce Parens, edocti tramite certo Incedent populi; Pax mentibus aima vigebit. Jam praeclara dies RomaB splendescit et orbi Quâ nova mirantes populos spectanda movebunt. Romam pontifices verbo fatisque potentes înnumeri veniunfc, oris undè emicat Eos

Occiduisque ubì sol fugit moriturus in undis. Hicjàm praesul adest, amor etlausnostra, Rulhenus, Mox Vaticani columen splendorque senatûs. Excute corde metus, ô felix Roma, tuiqne Colles exultent septem clamore virorum : « Magnus ab integro sseclorum nascitur ordo. »

L'Abbé LAMOUROUX,

Professeur de 3^ nu petit séminaire de St-Pierre, à Rodez.

A PIE IX

0 Muses chrétiennes, nobles inspiratrices des poètes, donnez à ma voix, je vous en supplie, des accents dignes du Souverain-Pontife que je chante. Mais aucun accent ne saurait égaler son mérite. Tu es, ô Pie IX, le plus grand des pontifes; qui peut marcher ton égal ? Qui même est semblable à toi, ô Père vénéré, ô Majesté sainte et sublime, à toi dont les éclatantes vertus offrent à l'univers étonné un si ravissant spectacle? Père bien-aimé, pour tous tu as un air aimable, car la douceur et la bonté se peignent dans tes traits, et l'on voit briller sur ton auguste front une flamme céleste et l'éclair d'une pure lumière. Et quand tu parles, tu ravis par tes divines paroles le cœur de tes enfants; la grâce est toujours la compagne de tes entretiens. Ferme défenseur de la justice et du droit, héros invincible, rien ne peut ébranler ion invincible courage, ni les regards et les menaces des tyrans, ni les fureurs des peuples qui te commandent le mal. La scélératesse du siècle ne t'effraie point. Que les vents et les tempêtes frémis-

santés se déchaînent, que la barque de Pierre devienne le jouet de la tourmente ; qu'on entende gémir ses antemnes et sa carène, on te voit, ô pilote, serein au milieu des ñots en courroux. Ne crains pas, ò vaisseau, la fureur des vents; tu vogues en sûreté sur les mers. Pie IX est ton nautonier : tes voiles ne seront point déchirées.

Gomme tu le disais naguère, le monde croule vermoulu, et les rois épouvantés tremblent sur leur trône; et toi, les yeux fixés au ciel, tu es debout, inaccessible à la crainte. Et pourquoi craindrais-tu? La Divinité, tu le sais, habite en toimême. On ne désespère jamais quand on a le Ciel pour guide, le Ciel pour protecteur.

Bientôt de grands événements vont rehausser ta gloire et rendre ton nom immortel à travers les âges. Plein de sollicitude pour le salut des âmes, et mû par le souffle divin, tu viens de convoquer un Concile, aux applaudissements de l'Eglise entière. Tous les peuples Font salué avec transport et reconnaissance, car il sera la lumière et à jamais la gloire de notre siècle.

Un autre âge de fer s'est levé sur le monde. La confusion est universelle : tous les crimes ont envahi la terre. La Foi, la Pudeur et la Vérité se sont enfuies ; à leur place ont paru les fraudes, les tromperies, les trahisons, la violence qui les appuie, et l'avidité criminelle de tout avoir. La li-

cence effrénée règne en souveraine. L'Erreur, ce fléau des empires, qui ne connaît ni loi ni raison, a élevé sa tête au-dessus des noirs abîmes. Mais la Religion a armé ion bras de ses traits et de ses foudres, et ces monstres infernaux qui ne soupirent qu'après les ténèbres de la nuit, vont fuir précipitamment, frappés de tes foudres vengeurs, et habiter, après avoir quitté la terre, leurs sombres royaumes.

Bientôt les ténèbres s'évanouiront, et une nouvelle aurore brillera à nos yeux. Sous ta conduite, ô saint Pontife, les peuples éclairés marcheront dans une voie sûre, et la bienfaisante Paix régnera dans tous les cœurs. Déjà resplendit sur Rome et sur le monde ce jour glorieux qui doit offrir aux nations ravies le spectacle d'étonnantes merveilles. Déjà une foule de Pontifes puissants en paroles et en œuvres ont pris le chemin de la Ville Éternelle. Les uns viennent des rivages où naît l'aurore, les autres des plages où l'astre du jour va s'éteindre dans les ondes. Voici déjà dans tes murs l'évêque de l'antique Ruthènes, notre amour et notre gloire, bientôt une des lumières et une des colonnes du Concile du Vatican. 0 heureuse Rome, sois sans crainte; que tes sept collines tressaillent aux cris joyeux de tes enfants : « Une grande période de siècles va recommencer, »

L'Abbé LAMOUROUX,

Professeur de 3® au petit séminaire de St-Pierre, à Rodez,

(DlOCàSE DE rodez)

Page 1