SIMON-PIERRE
Assis au bord des flots, Jésus parlait à Pierre ; Jésus ressuscité, dont le corps sous la pierre
Durant trois jours avait dormi; Et Pierre, agenouillé sur l' humide rivage. Laissant couler ses pleurs sur son rude visage.
Écoulait ce céleste ami,
Qui, roi découronné d'un royaume invisible, Songeait à convertir en athlète invincible
Le disciple une fois battu.
Délaissant avec lui les froides paraboles, Jésus l'interrogea dans ces simples paroles :
« Simon, fils de Jean, m'aimes-tu? »
Pierre, l'âme oppressée et le cœur plein d'alarmes, Ecouta cet accent au milieu de ses larmes;
Puis, avec Iristesse et douceur :
a Vous le savez, dit-il; oui, Seigneur, je vous aime! » Et sa voix s'éleignit dans un sanglot suprême ;
C'était le serment de son cœur !
Mais le Sauveur, pensif, semblait ne pas entendre Le serment désolé, la réponse si tendre
De cette fragile ver ta ; Il laissa retomber, plus douces et plus lentes, Pour la seconde fois ces paroles touchantes :
« Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? ))
Le disciple, à genoux, avait courbé la tête ; Sa pâleur décelait l'émotion muette,
Ses lèvres n'osaient s'entrouvrir ; Enfin, par un efíbrt triomphant de lui-même : c( Vous le savez, dit-il; oui. Seigneur, je vous aime,
)) Et pour vous je saurais mourir ! »
Mais Jésus, toujours grave et plus mélancolique, Laissa lire au pêcheur dans son œil sympathique
Comme un doute en vain combattu ; Puis, divinement triste et suavement tendre, Il reprit, d'une voix qu'on put à peine entendre :
(c Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? »
Pierre, bouleversé jusqu'au fond de son être, Sentit son front rougir sous l'œil du divin Maître
Et sous un amer souvenir; Le remords dans son cœur l'appelait infidèle, Et, lui renouvelant une scène cruelle,
Lui disait : Dieu veut te punir !
Mais, levant son regard sur l'Homme du Calvaire, • Et voyant qu'il était plus tendre que sévère
Et qu'il semblait le supplier :
a Ah! vous avez, dit-il, la science suprême; » Vous savez mieux que moi, Seigneur, que je vous aime,
» Et que je vis pour expier ! »
Puis, venant retomber aux pieds du Fils de l'Homme, Aux pieds d'un Dieu jaloux de l'amour d'un atome
xAuquel il daigna faire un cœur, Il adora ce front céleste, pur et calme. Ce front où le martyre avait posé sa palme.
L'éternité son sceau vainqueur !
Et Jésus déposa son sceptre aux mains de Pierre. — Pour garantir les lois qu'il laissait à la terre
Des tempêtes de chaque jour, Le Maître avait assez d'un pêcheur de la grève Qui s'en allait combattre avec la foi pour glaive,
Pour mot d'ordre un serment d'amour!
Or, les ñots ont grossi depuis ces jours antiques, Les flots d'impiétés, de fureurs frénétiques,
Amoncelés contre la Croix...
Mais l'Eglise, debout, reste immobile et fìère. Le regard sur son Chef, qui répète avec Pierre
Ce cri sauveur : « J'aime et je crois ! »
M"^« Ernest BARUTEL, Née Adolphine BONNET,
Auteur des Echos de l'dme.
(diocèse de carcassonne)
BEATyE MARI/E VIRGINl
Secours des Chrétiens, ô Marie, Heureuse l'âme qui vous prie !
Sein qui portâtes l'Eternel, Heureuse la voix du poëte Qui module des chants de fête En présence de votre autel !
On vous nomme l'Immaculée.
Le lis, parfum de la vallée, Annonce votre pureté.
Mais pour bien dire vos louanges, n faudrait la harpe des anges A notre pauvre] humanité.
Vous dont le Pontife suprême Vient d'enrichir le diadème, Du haut du Ciel, veillez sur lui.
Et nous dont la foi vous implore.
Protégez-nous, céleste aurore.
Gloire du séjour éternel.
L'Abbé Victor DE LESTANG.
Le Puy,