‹ La France a RomeChapitre 122 sur 177 · NAPOLÉON · texte numérisé non relu

NAPOLÉON

Marqué dans le lointain des âges, Le Ciel nous l'avait destiné ; A l'histoire il fallait des pages, Au monde un héros couronné :

Ce guerrier d'illustre mémoire, Dont le nom inspire la gloire.

Cet homme abaissé sans raison, Cet homme élevé sans mesure, de jet puissant de la nature Allait être Napoléon

Son aigle à l'immense envergure Devait planer au haut du ciel, Portant sur son ailo un augure Mystérieux et solennel :

Son vol révélait un grand homme, Les noms de la France et de Rome,

Et si son œil ambitieux Ne se fût frappé àa mirage De cette fastueuse im^age.

Il serait grand comme les cieux.

Il serait le vainqueur d'Arcole, Le vainqueur d*Ulm et de Lodi; Ressuscitant à son école, Tout le vieux monde eût applaudi.

Les rois défaillants et timides, De la Vistule aux Pyramides, Du noir Kremlin jusqu'à Luxor, Malgré leur royale naissance, Auraient confessé la puissance De son irrésistible essor.

Le siècle eût proclamé sa gloire.

Le Volga, l'Adige et le Pô, Le Rhin, le Danube et la Loire, Aux trois couleurs de son drapeau Prêtant le miroir de leurs ondes, Eussent jusques aux mers profondes Porté les feux de Parc-en-ciel Qui semblait pavoiser la terre.

Gomme le signe héréditaire D'un vaste empire universel.

Hélas ! son aveugle paupière Ne vit pas que Rome est à Dieu ; Son pied sur la barque de Pierre Fléchit le Ciel lui dit adieu! Í

— 377 ~ La nuit obscurcit son étoile, Le vent cessa d'enñer sa Yoiîe Qui flottait glorieuse au port.

Un jour vint, la coupe était pleine, L'écueil s'appela Sainte-Hélène, L'exil, le naufrage et la mort.

La France aimera d'âge en âge.

Dans notre éternel avenir,

A dire aux guerriers son courage,

Les héros sont longs à mourir

Pauvre martyr de Sainte-Hélène, Albion lui légua sa haine, Qu'attendre en effet d'un Anglais?

Mais dans son éclatant génie, Il mourut pleurant sa patrie Et priant Dieu pour ses Français !

Mais pourquoi réveiller sa cendre Quand les destins sont accomplis ?

Dors en paix, moderne Alexandre, Sous la garde de tes amis.

Après le deuil, après l'épreuve, La France a cessé d'être veuve.

Ton cœur repose sur son cœur.

L'hymne interrompu recommence. Ton nom rayonne encore immense Vainqueur du temps, toujours vainqueur»

ïl n'est pas du destin des hommes De sm^vivre aa-delà des temps, Et tous mortels tant que nous sommes Nous errons, le jouet des vents.

Dieu voulut qu'une ñn cruelle Empêchât la gloire immortelle,

Sans cela l'immortahté,

Je la lui promettrais sans feinte, Car son nom porterait la crainte Au delà de l'Eternité ! !

Charles POSTEE.

(diocèse de coutances)

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