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LE TRIOMPHE DE L'ÉGLISE PAR LA CROIX

Je ne suis pas de ceux dont l'orgueil téméraire Rougit de s'incliner, ô Christ, devant ta Croix ; Je ne suis pas de ceux qui vont sur le Calvaire Insulter à tes pleurs une seconde fois.

Verbe divin, je crois à ta parole sainte ; Je bénis, en pleurant, ton immense bonté ; De ton sang répandu je vénère l'empreinte ; Et j'aime l'étendard de ta divinité.

Je te salue, ô Croix, mon unique espérance ; Laisse-moi de ton Christ baiser les pieds sacrés ; Oui, je peux maintenant chanter ma délivrance ; Les voiles de la mort sont déjà déchirés.

Que les sages du monde invoquent leurs idoles ; Que dans, les dieux d'argile ils placent leur espoir ; Bientôt disparaitro ni tous leurs rêves frivoles, Ainsi que disparait la feuille au vent du soir.

Et qu'importe, Seigneur, leur offense à ta gloire ! Que dans leur cœur superbe ils méprisent ta loi; Qu'à tes dogmes sacrés ils refusent de croire ; Le temps est fait pour eux, Féternité pour toi.

Laisse-les invoquer, dans une folle ivresse, Contre tes saintes lois leur débile raison; Le temps a fait un pas, que leur front se redresse. Où sont-ils ? J'interroge en vain tout l'horizon.

Mais quoi ! Libres-penseurs, qui bravez Dieu lui-même; Vous croyez, pour couvrir vos desseins criminels. Trouver dans le néant un asile suprême : Votre espoir est déçu, vous êtes immortels.

Bientôt vous le verrez, le martyr du Calvaire, Au milieu des éclairs, il viendra dans les cieux. Appuyé sur sa Croix, le visage sévère, Il vous apparaîtra, brillant et radieux.

Ce front pâle et voilé d'un bandeau sacrilège Brillera, comme au ciel resplendit l'astre d'or ; Et couvert d'un manteau non moins blanc que la neige, Il renouvellera les splendeurs du Thabor.

Vous le verrez assis sur son trône de gloire, Entouré de tous ceux qui furent vertueux. Les anges dans les airs chanteront sa victoire : « Où sont donc, diront-ils, ces esprits orgueilleux,

» Où sont ces ennemis, dont la haine farouche

» Prétendait du Seigneur renverser les autels?

» Roseaux d'un jour, que brise un souffle de sa bouche^

>> Paraissez devant lui, téméraires mortels.

» Ils avaient espéré du Christ et de l'Eglise » Ecraser le pouvoir sous leur rire moqueur ; » De la chute ils marquaient déjà l'heure précise : » Les voilà terrassés, et le [Christ est vainqueur !

» Chantons de notre Dieu, célébrons la victoire.

» Ta puissance, Seigneur, égale ta bonté.

» Le Christ règne ; il commande ; amour, honneur elgloire^

» Gloire à PAgn eau divin, roi de l'Eternité! >»

Comme le vendangeur, au pressoir qu'il inonde. Sous ses pieds indignés foule les raisins mûrs, Ainsi le Christ alors, ô sages de ce monde, Foulera sous ses pieds vos bataillons impurs.

Pour cacher vos projets et vos crimes sans nombre, Vous disiez dans le jour : « Soleil, retire-toi ! >» Et le soir vous disiez : « Nuit, préte-nous ton ombre, « Et qu'ainsi nous soyons à couvert de sa loi. »

Insensés! le Seigneur éclaire vos ténèbres,

Et son œil vigilant compte tous vos forfaits.

A quoi bon vous couvrir de ces ombres funèbres ?

Il brisera le masque où sont cachés vos traits.

Un jour sur tous vos fronts sa lumière divine Fera luire l'éclat de ses rayons vengeurs, Et le monde verra, jusque dans leur racine. Tous les vices impurs recélés en vos cœurs.

Pour cacher de vos fronts la honte irréparable, Yous dites : « Dans ton sein, ô mer, engloutis-nous; » Préte-nous de tes flots le voile impénétrable , » Où fuir du Dieu vivant l'invincible courroux?

» Sous l'ombre des forêts, dans les champs de l'espace, >> 0 vents, emportez-nous aux rives du néant ! » Yous implorez en vain et l'Aquilon qui passe. Et les gouffres profonds, et le sombre Océan.

Restez, c'est maintenant l'heure de la justice ; L'univers attentif est ici rassemblé ; Yous allez recevoir votre juste supplice ; 11 faut que votre cœur soit enfin dévoilé.

Assez longtemps au Christ vous avez fait la guerre; Yous avez en tout lieu poursuivi la vertu ; Par des crimes sans nom vous étonniez la terre ; Yous marchiez fièrement sur le pauvre abattu.

En vous voyant passer avec cette arrogance, La foule se disait : « Existe-t-il un Dieu? » Les cris des opprimés, en demandant vengeance, Vers le séjour divin s'élevaient en tout lieu.

Voici le joupfedu Christ : devant son trône auguste. Sages, puissants, venez en ce jour solennel; L'univers apprendra que le Seigneur est juste : S'il vous a supportés, c'est qu'il est éternel.

Victor LAG DE BOSREDON.

(diocèse D'AGEN)

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