‹ La France a RomeChapitre 131 sur 177 · SONNET (PATOIS BORDELAIS · texte numérisé non relu

SONNET (PATOIS BORDELAIS

Es SUS. la terre un Rey que ne bâou que lou bien, Que cerque à reteni les passiouns funestes, Que counduis soun troupet en bigilèn gardien, Ne réylan qu'àguari d'un màòu lous tristes restes.

Gépèndèn das esprits dèns lurs bets éntretién. Ne béden pas lou Pape abec das mis célestes, En diden tant de màòu qu'un prince anti-chretién N'éspas àòussi négrit déns lous durs manifestes.

Frayres, didets mé donne, perqué tant de trabers, Per un pastur si boun àòu cap de Tunibers? M'én bàòu lou connfessa per deban tout lou mounde.

Lous meynatches, sabets, ban dreyt à lurmalhur. Mais quand bole lou pay mescounéchen soun cur; Aquos insi qu'agis la foule bagabounde.

DÁDOR, s"" DE ST-NICOLASo

Bordeaux.

Il est sur terre un roi qui ne veut que le bien, Qui cherche à modérer nos passions funestes, Qui conduit ses enfants en vigilant gardien, Ne songeant qu'à guérir d'un mai les tristes restes.

Cependant des esprits dans leur docle entretien Sont loin de voir le Pape avec des yeux célestes, Ils le dénigrent tant qu'un prince anti-chrétien N'est pas aussi noirci dans certains manifestes.

Mortels, dites-moi donc, pourquoi tant de travers, A l'égard d'un pasteur si bon pour l'univers? Je vais le confesser à la face du monde.

Les enfants, on le sait, courent à leur malheur. Mais quand le père vole, ils repoussent son cœur; Et c'est ainsi qu'agit la foule vagabonde.

A PÎE IX

TU ES PETRUS

Qu'elle est belle l'Eglise el que sa marche est sûre ! En vain l'esprit d'erreur veut rompre son armure,

Elle se rit de tous ses coups.

Gomme un bouclier d'or, opposant la promesse Qui la revêt d'amour, de force et de sagesse,

Que peut contre elle son courroux ?

Ah ! c'estqu'unjour le Christ, ens'adressantàPierre, Lui dit : c( Sois le premier : sois le roc angulaire

Qui portera la vérité. Je te donne les clefs du céleste royaume, Et l'homme, qu'il soi t prince ou caché sous le chaume. Relève de ta royauté.

>• Assis sur le sommet de la montagne sainte. Le regard attentif, le cœur exempt de crainte,

Tu domineras en tous lieux.

Ta voix proclamera la vérité divine, Pour que toute hauteur et s'abaisse et s'incline,

Aux applaudissements des Gieux.

» Tu paîtras mes agneaux et tu paîtras leurs mères. Ta foi confirmera la foi de tous tes frères

Dont nul ne m'aima comme toi.

Tes paroles seront comme autant de miracles, Et toi seal sauveras, par tes sacrés oracles,

La raison non moins que la foi ;

» Car pour toi j'ai prié. Dans ton âme fragile La foi toujours debout comme un roc immobile.

Ne subira jamais d'affront; Et tout homme, égaré dans les déserts du doute^ N'aura qu'à regarder, pour retrouver sa route,

Le signe qui brille à ton front.

)) Ce signe est l'Unité dont je te fais le centre ; Dans ta main désormais ma volonté concentre

Le foyer de l'enseignement.

Quiconque aura voulu fonder une doctrine Hors de toi, périra; sa parole en ruiue

N'éveillera que le néant.

» Pontife souverain, Hiérarque suprême, Par toi les dons sacrés, l'Apostolat lui-même,

Se rattachent au plan divin.

 toi la Primauté d'honneur et de puissance !  toi, vase choisi, de verser l'abondance

De mes trésors jusqu'à la fin î

» Reçois donc tout pouvoir pour le transmettre aux autres^,, Pour ouvrir et fermer, eux-mêmes, mes Apôtres,

A toi doivent rester unis.

Lieutenant de mes droits, à ton humble personne. Malgré l'éclat di\in dont je les environne,

Je veux qu'ils demeurent soumis.

» Etends ton bras béni vers tous les points du monde ; Commande, fais des lois ; ta sagesse profonde,

Législateur universel, Est ma sagesse à moi ; parle dans ta puissance Et que, dans tes décrets, l'univers en silence

Entende les décrets du ciel.

» Mais un jour tu mourras : est-ce donc que l'Eglise Avec toi va mourir? Non. Sur ta tombe assise.

Dans les périls les plus divers, Elle conservera mes lois et mon symbole ; Car, même après ta mort, tu diras la parole

Qui suffit à tout l'univers.

» Oui, dans tes successeurs, les pluslointains rivages Reconnaîtront ta voix; jusqu'à la fin des âges

En Eux vivra ta Primauté. •Et, prosternés devant ta chaire apostolique, Tous en Eux salueront le privilège unique

De ton infaillibilité. »

Et Jésus, abaissant son regard vers la terre, Voila son front divin d'une tristesse austère...

Il avait sondé l'avenir.

Le schisme et l'hérésie et le tranchant du glaive Devaient bientôt traiter son CEavre comme un rêve

Qui fatigue le souvenir.

Et plus tard, opposant à la foi tout système, Il voyait la raison, dans son orgueil extrême,

Nier l'ordre surnaturel ; Ebranler sous ses coups les plus saintes croyances. Et tout précipiter, jusques aux consciences,

Dans un naufraf2;e universel.

Mais, bientôt relevant sa tête vénérable, Son œil brilla soudain d'un éclat adorable,

Et, sur ses Apôtres émus, Etendant cette main qui balance les mondes, Il tira de son cœur ces paroles fécondes,

Qai peupleront les Gieux d'élus :

« Allez ! suivez le Chef de ma sainte milice, Apôtres, avec lui descendez dans la lice.

L'univers est à conquérir.

Mais par lui soyez un. Mon dessein immuable Le veut et donne ainsi sa forme impérissable

A l'Épiscopat à venir.

» Unis, vous serez forts de la force de Pierre : Vous lierez, délierez et les Gieux et la terre;

L'erreur tombera sous vos coups.

Avec lui désormais vous serez infaillibles, Avec lui vous serez à l'enfer invincibles,

Car, par lui, je suis avec vous !

» Et maintenant, allez! souffrez pour la justice, Et buvez à longs traits à mon amer calice;

Montez ensemble au Golgotha; Le serviteur n'est pas au-dessus de son maître. Pour faire aimer mon Père en le faisant connaître,

Aimez comme le Christ aima.

>• Aimez jusqu'à mourir. Le monde est dans la hain Qui le délivrera de cette lourde chaîne?

Ah! l'amour seul est assez fort!

Mourez donc, s'il le faut, par amour, et le monde Ira puiser la vie à la source profonde

De votre triomphante mort. >>

L'Église était fondée. En montant vers son Père, Avec la vérité, Jésus, de son Calvaire

Lui fit le magnifique don.

Outragée et trahie avec son divin Maître, Comme lui sur la Croix, elle devra connaître

Les angoisses de l'abandon.

Mais, puisant dans l'épreave une immortelle vie. Quand ses persécuteurs croiront l'avoir meurtrie

Assez pour la mettre au cercueil.

Elle se lèvera, le front pur et paisible, Et de son pied vainqueur, sur son roc infrangible,

Elle écrasera leur orgueil.

Et les peuples trompés par les fausses doctrines Qui n'ont su qu'entasser ruines sur ruines.

Demanderont la vérité.

Et dans l'Église enfin ils salueront leur Mère, Et leurs yeux dessillés recevront la lumière.

Et tous les cœurs la charité.

0 Père saint! ô PIE ! à l'âme magnanime 1 Tes yeux contempleront ce spectacle sublime,

Et tandis que les flots vengeurs Emporteront au loin leur sceptre et leur couronne^ Tu resteras debout sur ton auguste trône

Pour absoudre tes oppresseurs.

Et tes saints méprisés relèveront la tête, Seigneur ! car c'est pour eux que gronde la tempête ;

Que les peuples se sont armés.

Même à tes ennemis quand tu permets la gloire, Nous le savons, le fruit dernier de la victoire

Est toujours pour les opprimés.

0 Di eu ! hâte ce jour ! Orgueilleux de leur nombre, Ils ne se cachent plus comme autrefois dansl'ombre;

Ils conspirent à ciel ouvert. Des humbles, prosternés le front dans la poussière, Ecoute les soupirs, exauce la prière !

N'avons-nous pas assez souffert?

Et quand luira le jour des suprêmes batailles, Quand l'airain sonnera les grandes funérailles,

Quand partout le sol tremblera ; Tu nous épargneras le fiel de ton calice, Seigneur ! car pour sauver le droit et la justice

La France alors se lèvera!

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