LE CONCILE OECUMÉNIQUE DE
Ne dis plus, ô Jacob : Mon Dieu m*a délaissé ! La mère éloigne-t-elle un fils qu'elle a bercé? Mais quand elle oublirait le fruit de ses entrailles. Je ne t'oublirai pas, Sion, dont les murailles-, A chaque instant du jour sont devant mes regards. C'est moi qui, de ma main, ai fondé tes remparts. Ceux qui te désolaient désertent ton enceinte. De tes restaurateurs voici la foule sainte. Leur nombre, autour de toi, précieux ornement, Brille comme une épouse au riche vêtement.
Ton ennemi criait : « Voyez la soUtude )) De l'auguste cité, » lorsque la multitude Accourt des quatre vents s'agglomérer en toi. Et tu dis en ton cœur : Qui donc produit en moi Ces enfants que n'ont pas allaités mes mamelles ? L'ange de mon amour t'ombrage de ses ailes.
Sur tous les continents s'étend sa grande main. Doux soleil des esprits qui luit au genre humain. Des peuples éloignés les nombreuses familles T'apportent dans leurs bras et leurs fils et leurs filles. Découvrant sur les monts la trace de mes pieds. Les prophètes menteurs tombent de leurs trépieds. Les rois de tes parvis baiseront la poussière ; Ils seront de tes fils la source nourricière. Du Dieu qui te défend, peuple, écoute la voix ; Honore la cité, la cité de mon choix ! Les îles de la mer demeurent dans l'attente ; Le Sauveur à leurs yeux a déroulé sa tente. Devant la majesté de l'Envoyé des cieux, Les chefs des nations restent silencieux. Ceux qui se prosternaient devant des dieux d'argile S'éveillent tout à coup au jour de l'Evangile. Chante, Jérusalem, mon triomphe ici-bas.
Le Dieu qui met la vie où régnait le trépas. Chante à ce Maître saint de sublimes louanges, 0 mère à qui de fils je donne des phalanges. Celui qui te créa lui-même est ton époux ; C'est le Ressuscité qui s'immola pour tous. Vase d'affliction qu'a rempli la tempête, Ton opprobre se change en ornement de fête ! Tes fondements nouveaux posent sur des rubis. D'un jaspe éblouissant tes murs seront bâtis. Et tes fils s'abreuvant à mes coupes divines, Un bonheur inconnu ravira tes collines.
Eglise, lève-toi ; resplendis de clarté : Ton front d'Adonaï revêt la majesté.
Tressaillez d'allégresse et bondissez de joie, Peuples qu'en sa cité le Dieu du ciel envoie î Rois, marchez aux clartés de ses feux jaillissants; Portez-lui de Saba l'or, la myrrhe et l'encens. Ennemis de Juda, qui l'insultiez en face. De ses pas glorieux vous honorez la trace. Ton aliment, Sion, n'est plus un pain amer : La paix répand le miel de l'une à l'autre mer. J'ai décoré ton front d'un brillant diadème. J'ai doublé ton éclat, pour me plaire en toi-même. Le voilà donc le Dieu devant qui tout fléchit, Le Vainqueur, le Puissant, le Bras qui t'affranchit. Tu seras dans mes mains une riche couronne. J'ai dit aux nations que l'erreur environne : Voyez, dans votre ciel par l'abime obscurci, J'allume mon soleil ; le voici ! le voici ! Et toutes se levant à ces vives lumières. Ainsi que des coursiers aux flottantes crinières. Elles ont pris l'essor vers le mont du Seigneur, Et dans l'élan d'amour qui débordait leur cœur. Elles ont dit, chantant tes sublimes cantiques : « Rome, Sion nouvelle, élargis tes portiques ! »
Adrien PELADAN,
Directeur de la Semaine Religieuse de LyOît, chevalier de Saint-Sylvestre, de l'Académie des Arcades, auteur de /'Histoire de Jésus
CHHIST d'après la SCÎE3VCE, etc.