‹ La France a RomeChapitre 15 sur 177 · SOUVERAIN PONTIFE · texte numérisé non relu

SOUVERAIN PONTIFE

Hommes de peu de foi, vous courbez donc la tête Aux sinistres clameurs de la sombre tempête Que de TAnge infernal a déchaînée la main ! Je ne rougirai pas de la foi de mes pères : Viennent des jours debronze après des temps prospères^ Je suis catholique romain.

Des lumières d'en haut les nations sont veuves. Elles vont cheminant, à travers les épreuves, Dans le calme aujourd'hui, dans le trouble demain. Affaissement, torpeur, somnolentes pensées, C'est donc ce qui survit dans les âmes glacées... . Je suis catholique romain.

Ambassadeur du Ciel, que le poëte tonne, Sa parole de feu ne captive personne ; Si rémotion naît, c'est pour tomber soudain. Mais verrais-] e partout périr ta confiance, 0 Christ, serais-je seul ferme dans ta croyance ^ Je suis catholique romain.

S'entoure qui voudra d'une lâche prudence, Sina, Thabor, Garmel, à vous ma dépendance; Je reste avec Elie aux rives du Jourdain. Etoiles, pâlissez ; monde, prends le vertige ; Vieilles races des rois, séchez dans votre tige; Je suis catholique romain.

Pontife conspué, mon âme te révère, Je veux suivre ta trace et monter ton calvaire ; Je veux boire le fiel dont ton cahce est plein. Image du Sauveur que le lâche abandonne, Sous le poids de ta croix, jebaiseta couronne. Je suis catholique romain.

Oui, oui, je le proclame en face de la foule : Au moment où l'on dit que ta puissance croule; Où l'on croit t'arracher le bandeau souverain; J'attache avec amour mes yeux sur la tiare : Au sein de la tourmente elle reste le phare... Je suis catholique romain.

Adrien PELADAN,

Directeur de la Semaine Religieuse de Lyon, chevalier de Saint-Sylvestre, de l'Académie des Arcades de Rome, auteur de /'Histoire DE Jésus-Christ, d'après la Science, etc.

(diocèse de lvon)

A SA SAINTETÉ PIE IX

A l'occasion du concile

Le Seigneur contemplait la ville catholique, Rome, en butte à la haine, aux complots des pervers ; Et se levant bientôt comme dans Fâge antique, Au Moïse nouveau, son Pontife héroïque, « Affirme, lui dit-il, mon nom à l'Univers. »

A cet ordre d'en haut le Grand-Prêtre docile, Convoque les Pasteurs dans la sainte Cité. Tressaillez d'allégresse, ô ñls de l'Evangile; Au Vatican bientôt siégera le Concile Qui fera refleurir l'antique autorité.

Evêques, accourez, de tous les points du monde ; De Pierre, le premier de vous tous, c'est la voix. Du Dragon infernal sur nous la fureur gronde ; Enchaînez les effets de sa haine profonde Par l'immense vertu qui descend de la croix.

Entendez ses clameurs, écoutez ses menaces. Indice trop marqué de ses hideux desseins; On reconnaît au loin l'effet de ses audaces ; Partout il a laissé de lamentables traces De ses discours impurs, de ses conseils malsains.

L'athéisme a semé ses abjectes maximes ; Par ses débordements rien n'est plus respecté. Il a poussé le siècle au penchant des abîmes : Nul temps plus que nos jours n'enregistra de crimes Le Seigneur est proscrit de la société.

Le flot envahisseur inonde la vallée, , Escalade les monts. Accourez, ô Docteurs; Commandez fortement à cette onde troublée ; Et ranimant la foi dans toute âme ébranlée, Vous vaincrez de Satan les fatales erreurs.

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