LE COLYSÉE
Il est encor debout le monument antique 0Í1 Rome, qu'animait un transport frénétique, De spectacles cruels repaissait ses regards. Ils sont là les gradins où l'innombrable foule S'agitait bruyamment, comme une immense houle, Aux jeux ensanglantés donnés par ses Césars.
La voilà, la voilà la formidable arène
Où dans l'enivrement la ville souveraine
Accourait se livrer à des émotions,
Comme elle eut applaudi des triomples sublimes.
Tandis que les chrétiens mouraient, douces victimes.
Sous le fer des bourreaux, sous la dent des bons.
Maintenant, dans l'arène où règne le silence, Une croix empourprée à notre aspect s'élance. Et de tant de martyrs surmonte le tombeau. Sur ces grands souvenirs, cette éclatante image Du plus froid visiteur solhcite l'hommage. Et toute âme est émue à ce vivant tableau.
L'ange dépose encor d'invisibles couronnes Sur ce sol où mouraient les Vierges, les matrones, Les saints sur qui du Christ était tombé le choix ; Et nous, les fils de ceux qu'ici ceignit la gloire. Ce qu'ils crurent, nos cœurs ont juré de le croire, Et nous nous prosternons au pied de cette croix.
(OlOCÈaE DE STRASBOURG)
A SA SAINTETÉ PIE IX
TU ES PETRUS
Rome, Rome où me luit une lumière pure, Thabor où chaque jour le Christ se transfigure, Je vénère la main du divin Fondateur Qui, sur ce Roc déjà dix-neuf fois séculaire. De notre Rédempteur nous montre le Yicaire, L'ange, l'infaillible Docteur.
Tandis qu'autour de nous le monde est périssable. Que tant de monuments sont bâtis sur le sable, Ici brille un foyer qu'alluma le Seigneur, Rien ne le destitue et rien ne le décime : Les siècles l'ont heurté, mais sa force sublime De leurs outrages est vainqueur.
Quand le loup infernal qui rôde sur la terre. Menace le troupeau de sa dent meurtrière, 0 suprême Pasteur, aux accents de ta voix, La brebis et l'agneau déroutent sa furie, Ils s'abritent soudain dans cette bergerie Que tu protèges de la Croix.
Lorsque l'orgueil poursuit, dans sa haine profonde, La Vertu qui bénit et la Ville et le monde, La France catholique et ses pieux enfants Proclament vivement la foi qui les anime ; De tous ces cœurs s'échappe une voix unanime : « Respect au Père des croyants ! »
La Révolution, dans ses hideuses haines. Veut-elle dérober à Pierre ses domaines. Méditant d'étouffer la foi du Rédempteur ? La France est attentive, ô Rome, à tes alarmes. Elle t'offre son or, te défend de ses armes, Ton bouclier, c'est sa valeur.
Pontife, bénis-la, bénis-la ma patrie, La France qui combat, qui conserve, qui prie ; Que protège Michel de son glaive de feu : Elle est des nations et le cœur et la tête ; D'âge en âge ce cri chez ses fils se répète : Par elle les œuvres de Dieu.