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L'ÉGLISE ET LA FRANCE

Pierre, envoyé du Christ, vint dans Rome païenne

Jeter les fondements de l'Église chrétienne.

Pour les âges futurs il scella de son sang

Le Siège qu'il fondait au nom du Tout-Puissant.

Et vainement depuis, l'hérésie ou le glaive

Contre ce saint pouvoir et s'acharne et se lève,

Il résiste à la force, il soutient les combats, .

De ses nombreux martyrs le glorieux trépas

Est de chrétiens nouveaux une heureuse semence.

Assoupie un moment, l'épreuve recommence ;

Mais plus la tyrannie attaque notre foi,

Plus les cœurs vont s'ouvrant à la nouvelle loi.

Ceux qui dans nos martyrs pensaient trouver des lâches^

Rencontrent des héros debout, baisant les haches

Qui leur ouvrent du Ciel les célestes clartés.

Vous n'êtes rien pour eux, terrestres voluptés ;

Ils en auront là-haut de chastes, de subhmes.

Frappez, bourreaux, frappez ! immolez des victimes!

La vertu des chrétiens bravera vos fureurs ;

De l'enfer en tombant ils demeurent vainqueurs :

Satan est écrasé dans sa noire entreprise. Constantin sur le trône a fait asseoir l'Église, Après la vision qui lui dit dans les deux : (( Prends la croix de Jésus et sois victorieux ! »

Constantin renverse Maxence, La Croix orne le Labarum, L'empire se porte à Byzance, Et le Pape règne au Forum.

L'empereur, par ce fait, déclare La royauté de la tiare ; Et Charles le grand, roi des Francs, Confirme à la Ville Éternelle La succession solennelle Acquise au Père des croyants.

Désormais pour l'Église il n'est plus de barrière; Elle fera partout rayonner la lumière.

Au sein de tout vallon et sur toute hauteur Elle fera ñeurir la foi du Rédempteur.

Il n'est pas de forêts, il n'est pas de bourgades Où n'aillent pénétrer ses saintes ambassades. Elle franchit les monts, elle passe les mers; Elle doit à la Croix attirer l'univers. La Croix doit surmonter les royales couronnes, Sauver les nations, affranchir les personnes. Parce qu'elle est l'espoir, l'amour, la vérité. Les peuples lui devront la paix, la liberté. En vain l'ambition et l'orgueil en délire Tentent de Jésus-Christ d'anéantir l'empire ; Elle va dominant la puissance et l'erreur; Sans cesse elle combattes combats du Seigneur ;

A travers ks périls, à travers les outrages,

Le navire triomphe et brave les orages.

Et la France, toujours fidèle à sa valeur,

Sur la Rome chrétienne étend un bras vengeur.

€ent fois Rome vaincra l'implacable hérésie.

Des complots destructeurs machinés par l'irupie

Elle déjouera les détours ; Elle va poursuivant sesgran des destinées, Et de toute insolence, et de toutes menées

Elle se dégage toujours.

Sur elle récemment la tempête a grondé. Le Vatican se voit par la vague inondé : De son Pontife-Roi Rome pleure l'absence. Mais un long cri s'élève au sein de notre France. Elle a dit : « En avant! Vive la Papauté! » Et par delà les monts ce hourra répété, Les bandits dont les pas souillaient la ville sainte, Ont, devant nos soldats, déserté son enceinte. Les champs de Mentana nous rediront plus tard Gomment du Roi-Pontife est porté l'étendard, Et comment sait marcher cette jeunesse altière Oui défend de son bras le trône de saint Pierre.

Mais notre âge est partout travaillé par Terreur. Le vice s'insinue et dégrade le cœur; Le serment n'est qu'un mot; Timposti re et la f<34nte A lafac î du Ciel s'affichent sans coniraint*).

Droits acquis, foi jurée, honneur, sincérité.

Sont des mots sans valeur . déclin, caducité I

Le dogme est méconnu, la morale s'efface,

Le talent sans intrigue est privé de sa place.. ..

Mais il a retenti le généreux signal

Qui convoque de Dieu le puissant tribunal ;

Le Concile s'assemble et sa force propice

Sur la terre fera refleurir la justice.

Les peuples reviendront s'incliner au Saint-Lieu,

Et nous vivrons en paix sous le règne de Dieu.

A. MAVRÉ, INSTITUTEUR.,

(dìocèse de iïieaux.)

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