FOI, ESPÉRANCE, CHARITÉ
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Je crois en vous, ô Pie, ô successeur de Pierre,
De l'Église le fondement; De l'univers entier vous êtes la lumière, ^
La doctrine et renseignement.
De la vie à venir vous êtes la science,
Vous pouvez nous ouvrir et nous fermer les Gieux,
Car le Christ vous a dit : « 0 Pierre, ta puissance
» Doit s'étendre sur tous, en tout temps, en tous lieux. »
Des préceptes divins vous êtes la parole
Que n'infecte jamais l'erreur ; Le Seigneur vous donna la garde du symbole
Dont il est lui-même l'auteur.
Sans vous, tous réunis, les Évêques, nos pères, Ne pourraient définir un dogme, un point de foi ; Le Sauveur vous a dit : Ya, confirme tes frères ; » Tu ne saurais faillir, ils failliraient sans toi,.. »
Lorsque naguère, au sein d'une auguste assemblées
Vous avez élevé la voix, Proclamant, devant tous, Marie Immaculée,
Le monde a répondu : « Je crois ! »
Qui ne croit pas en vous n'est plus qu'un hérétique, Et devient le jouet de sa faible raison. Nier votre pouvoir, c'est être schismatique, Du grand arbre vivant inutile tronçon.
Où nous mèneriez-vous, répondez, sans ce Maître,
Philosophes divagateurs?
Ah ! si vous triomphiez, nous verrions reparaître
Le paganisme avec ses mœurs.
Sophiste, vainement contre lui tu déclames. Nous, chrétiens, devant lui nous fombons à genoux^ Reconnaissant en lui le grand Pasteur des âmes, En lui le Rédempteur habitant parmi nous.
J'ai dit : Je crois. Je dis : J'espère; Oui, j'espère en vous, et pour tous.
Combien de fois, dans sa colère, Satan, le foudroyé jaloux.
N'excita- Uil pas des tempêtes Contre la Barque du Pêcheur ?
L'orage passait sur les têtes, Et Pierre demeurait vainqueur.
On vit la puissance romaine Sur l'Eglise peser longtemps, Et sous le glaive de sa haine, Le sang ruisseler trois cents ans.
La vie émane de ces tombes; La croix orne les étendards; Le Pape sort des Catacombes Et règne où régnaient les Césars,
Non moins terrible, l'hérésie À son tour sonne le tocsin, Et déchire, dans sa furie^ La robe du verbe divin.
Pierre parle, et le noir nuage Fait place à la sérénité, Et de l'imposture dégage La radieuse vérité.
Que de fois on vit des armées Sur la Ville sainte accourir , Mais par le Seigneur réprimées, Bientôt confusément s*enfuir !
Vous passerez comme les autres, Contemporains envahisseurs ; Sur vous, du tombeau des Apôtres Eclateront des feux vengeurs.
Le Pape, ô princes de la terre, Peut se passer de votre appui ; C'est dans le Seigneur qu'il espère, Car le Seigneur est avec lui.
Vous l'avez laissé sans défense Contre un odieux ennemi ; Vous ébranlez votre puissance, Lui n'en est que plus affermi.
J'ai dit : Je crois, f espère, et je dis : Je vous aime, Pontife, et bien des cœurs le disent à leur tour : Ne saluons-nous pas dans votre diadème,, La foi, l'espérance, l'amour?
Plus de vos ennemis s'enñamme la colère. Plus bouillonnent les flots de leurs noires fureurs, Plus notre amour pour vous, ô Pie, ò notre Père, Se dilatera dans nos cœurs.
Les zouaves français veillent au Gapitole. Le Denier de saint Pierre est un royal trésor Où le simple chrétien dépose son obole, Où le riche verse son or.
Ouvre-toi, maintenant, Concile œcuménique, Salut des temps présents, garant de l'avenir : Pour te glorifier. Vérité catholique,
Les Gieux viennent de s'entrouvrir.
G'estque le mal est grand ; du fond des noirs abimes On dirait que Satan est monté parmi nous, Tant la vertu faiblit, tant nous voyons de crimes Se commettre aux regards de tous.
La raison contre Dieu s'élève avec audace ; Elle veut régner seule en détruisant la foi : « De l'antique Eloïm j'occuperai la place, >» Dit-elle, « Jéhovah, c'est moi ! «
Le vice est triomphant, la pudeur est bannie ; De ses excès le siècle a cessé de rougir. Sordide vêtement, partout l'ignominie S'étend comme pour nous couvrir.
Mais nous tournons les yeux vers la chaire de Pierre, Dont les rayons divins illuminent les cœurs : Le salut de nos temps sera dans la lumière Dont elle garde les splendeurs.
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Vénérable prélat, nous venons de l'entendre, Vous allez nous quitter; recevez notre adieu. Bien tristes nous serions, si vous n'alliez défendre L'Eglise et notre Dieu.
Allez, nos vœux ardents vous suivront, ô bon Père, Si cher par vos vertus au premier des Pasteurs. Pour vous suivre au Palais du successeur de Pierre, Avec vous sont nos cœurs.
Dites-lui que sa foi régie notre croyance, Que sur son front pour nous le feu céleste a lui ; Que, lorsqu'il a parlé, rempli de confiance, Chacun de nous est avec lui.
J. J. H. REVERTÉGAT,
ricaire de la Cathédrale de Fréj
A SA SAINTETÉ PIE IX