‹ La France a RomeChapitre 154 sur 177 · L'ORIENT ET L'OCCIDENT · texte numérisé non relu

L'ORIENT ET L'OCCIDENT

Occident, Occident, tu languis dans tes îles,

Et l'Orient, au deuil qui plane sur ses villes.

Au triste souvenir de sa vieille grandeur,

Elève, suppliant, les bras vers le Seigneur.

Les arts vinrent un jour de ces lointaines plages.

De leur prestige heureux enchanter nos rivages.

Du Jourdain, du Thabor, enûn du Golgotha,

Vers nous du Rédempteur la lumière éclata,

Et de Jérusalem vers nos bords essaimèrent

Ceux que de leurs rayons les Cieux environnèrent.

Le ciel veut qu'à son tour notre Europe aujourd'hui^

A ce même Orient accorde son appui.

Il est là-bas, il est bien des terres désertes

Demandant à porter encor des moissons vertes.

Sur les nobles cités où le sable s'étend,

Le moment vient de rendre un aspect éclatant.

L'espace parmi nous borne notre industrie ;

Portons-en le rayon au sein de la Syrie,

Dans ces vastes Etats où l'aveugle Koran

De la grande énergie atrophia l'élan.

Pourquoi d'ailìeurs, pourquoi le moderne génie

Vient-il d'unir les mers et d'Afrique et d'Asie,

Si ce n'est pour répondre aux besoins colossaux

Des peuples rapprochés et des âges nouveaux ?

L'Islam dégénéré penche vers sa ruine,

Et sa destruction aisément se devine.

Sur les pays nombreux que sa main accabla,

L'Occident se le dit : « Je dominerai là ! >»

Le Garmel, le Liban, Tabarieh, Solyme

Où du Dieu Rédempteur est le tombeau subhme^

Réclament nos secours pour leur prospérité,

Et pour reconquérir leur vieille liberté.

Mais de ces lieux aimés des chrétiens, l'espérance

Est surtout, avant tout, dans l'appui de la France.

Ces renouvellements, il faut les accomplir. Non point par le canon, si prompt à démolir ; Non point par les efforts de cette politique Que l'on peut à bon droit nommer la foi punique; Mais par les dons pieux de vertueux chrétiens. Rendons à l'Orient des prêtres, ces soutiens Qui sèment les bienfaits du céleste Evangile. Donnons-lui des Hermas, des Jacques, des Cyrille. Rendons-lui son clergé plein d'austères vertus, Ses couvents renversés, ses temples abattus, Et nous verrons soudain reparaître la vie Sur la terre où longtemps domina l'atonie. Pour rendre la vigueur à ses flancs épuisés, Souvenons-nous des preux nos pères, les Croisés.

Alors refleuriront, de Sâron à Tlthome,

La croyance des Paul, la foi des Chrysostôme.

Et nous rétablirons sur ce monde attristé

La force, la richesse et la félicité.

Le Concile qui s'ouvre en ce moment à Rome,

De cette renaissance est l'éclatant prodrome;

Rendez à Jésus-Christ les peuples énervés,

Et de leur déchéance ils seront relevés.

Rome et Jérusalem, beaux noms dont la puissance

Fait tressaillir l'Europe, et plus que tout, la France;

Rome et Jérusalem, éternelles cités.

Le temps ne ternit pas vos saintes majestés.

Rome et Jérusalem, grandes par vos ruines.

Vous êtes les témoins des promesses divines.

Rome et Jérusalem, sources de l'idéal,.

Pôles de la croyance et du monde moral.

En dépit de Terreur, en dépit des années,

Du monde vos deux noms portent les destinées.

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