IMPERAT VENUS ET MARÍ
Sur la plaine d'un lac, sous une douce brise, Une barque glissait, symbole de l'Eglise.
Le temps était serein.
La voile autour du mât s'enflait silencieuse Et dans ses bleus replis l'onde capricieuse
Disait un nom divin.
Appuyant aux parois sa main toute-puissante, Jésus y reposa sa tête ravissante,
Et bientôt s'endormit.
La vague alors parut adoucir son murmure, Respectant le repos du Dieu que la nature
Dans sa marche bénit.
A ses côtés assis, douze hommes en silence Méditaient les discours et la tendre éloquence
De leur divin Docteur, Et détournant souvent leurs regards du rivage, Ils contemplaient en paix le céleste visage
Du Verbe rédempteur.
Mais voilà que soudain l'horizon devient sombre ; Le soleil s'est voilé, le lac déferle, Tombre
Enveloppe les flots.
Le navire est battu par la vague écumante ; La subite terreur que répand la tourmente
Glace les matelots.
Le Seigneur sommeillait toujours, et les douze hommes L'éveillant... « Regardez le péril oii nous sommes;
» Maître, nous périssons! »
Et de leur peu de foi Jésus-Christ les gourmande ; Il se lève, à la mer agitée il commande :
« Calmez-vous, aquilons ! »
La tempête écoutant cette voix souveraine, Le flot s'est adouci, le Ciel se rassérène
Et reprend sa splendeur.
Tibériade alors accourt sur le rivage Et dit : Quel est, ò mer, Celui dont le langage
Commande à ta fureur?
Joseph-Henri THIERRY.
(diocèse de BO'JEM)