‹ La France a RomeChapitre 169 sur 177 · HYMNE A PIE IX · texte numérisé non relu

HYMNE A PIE IX

Oh ! qu'elle est belle Fauréole De ce Monarque auguste et doux Qui voit du haut du Gapitole Toute la terre à ses genoux !

Oh ! qu'il est saint le diadème De ce Pontife universel Qui tient ce pouvoir de 'Dieu même^ Et ne relève que du Ciel !

Seigneur, protège notre Père,

L'héritier du'sceplre de Pierre,

Entoure-le de ton Esprit ; Protége-le, Seigneur, ce Vieillard magnanime, Ce dernier anneau d'or de la chaîne sublime

Qui remonte jusqu'à ton Christ!

Veille sur Lui, car le ûot gronde, Car le cri d'un peuple effréné A troublé dans sa paix profonde Ton prophète prédestiné.

Faut-il, mon Dieu, que rien n'arrête La marche sourde du volcan, Et que l'effort de la tempête S'acharne autour du Vatican î

Seigneur, protège notre Père, etc.

Quoi ! dans des temps comme les nôtres

On verrait triompher le mal

Et le descendant des Apôtres

Forcé de fuir le Quirinal !

Une populace barbare,

Sans respect pour sa majesté,

Ferait tomber cette tiare ,

La gloire de l'humanité !

Seigneur, protège notre Père, etc.

Non, tu ne peux changer de maître, 0, vieille cité des Césars !

Veuve de Lui, tu cesses d'être, Tu déshonores tes' remparts....

Il n'est pas de peuple ni d'homme Qui puisse remplir un tel Heu ; Rome ne sera jamais Rome Qu'en restant l'épouse de Dieu !

Seigneur, protège notre Père, etc.

Non, Rome est avant tout chrétienne ; Rome aux antiques souvenirs Est à jamais la Cité-Reine Des Apôtres et des Martyrs.

Entendez-vous leur voix qui prie Pour que Dieu garde leur autel ?

Entendez-vous leur sang qui crie Pour demander vengeance au Ciel?

Seigneur, protège notre Père, etc.

Ah. ! puissent les sombres présages Qui troublent nos cœurs incertains S'effacer comme des nuages A la voix de tes Séraphins I Et puisse leur main fraternelle A travers les ûots en courroux Guider cette barque immortelle Qui porte le salut de tous !

Seigneur, protège notre Père,

L'héritier du sceptre de Pierre,

Entoure-le de ton Esprit ; Protège-le, Seigneur, ce Vieillard magnanime, Ce dernier anneau d'or de la chaîne sublime,

Qui remonte jusqu'à ton Christ !

E. TURQUETY (Í).

Juillet, 1862.

(l) Nous avons eu la bonne fortune de cet hymne d'un de nos grands poètes modernes, aujourd'hui dans la tombe, grâce à M. Aloys Kunc, l'habile compositeur de musique religieuse, de Toulouse. Cette poésie a été comme

le chant du cygne d'Edouard Turquety, un breton comme MM. Lescour, Le Jean, Milin, Prigent; seulement il a chanté pour Paris, ce porte- voix universel, coupable de tant d'injustices.

Edouard Turquety écrivait ce qui suit à M. Aloys Kunc, en lui adressant sa dernière création :

« Cher Monsieur, je vous envoie mon hymne à PIE IX, et vous le recommande. Je vous prie d'être bien attentif au moment de l'inspiration, car mes strophes (il y a peut-être de l'amour-propre à le dire) demandent uue musique ^a;ceptionnelle ; et doublées dans leur force par une musique de ce genre, elles pourraient obtenir un bien grand succès. Je les ai en quelque sorte improvisées, tant elles ont jailli vite de mon âme et de mon cœur ; et il y a plus de huit jours que je vous les eusse envoyées, si je n'avais préféré un peu d'attente et de réflexion. — Je crois que le rhythme convient à la musique. A l'œuvre donc ! Un des hommes les plus illustres de notre France à qui j'avais envoyé mon hymne, pour lui demander son avis, vient de m'écrire qu'il était digne, absolument digne du héros que je célébrais. Ces paroles d'un homme dont notre littérature s'honore le plus, m'ont été au cœur, et c'est pour cela que j'insiste sur la musique que vous allez lui consacrer.— Croyez, etc.

E. Turquety.

« Passy-Paris, ce 28 juillet 62, »

M. Aloys Kunc a pleinement répondu à l'attente du poëte, dans la musique qu'il a mise à Y Hymne à Pie IX. Elle se trouve chez l'auteur, à Toulouse, rue Mage, Î|8

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