A NOTRE-DAME DE FOURVIERE
Hiyon, le 8 DécemlDre 18 6 9
Vierge, de Dieu choisie entre toutes les femmes
Pour être sa Mère ici-bas,
Modèle accompli de nos âmes, Celui qui se consacre à vous ne périt pas. Qui marche à vos clartés ne perd jamais sa route ; Qui chemine avec vous n'est jamais fatigué;
A la douleur qui vous écoute Le repos est rendu, le calme est prodigué.
Vous veillez sur Lyon, du haut de la colline
Où nos aïeux, dans leur piété,
Ont, sous votre égide divine.
Abrité les destins de la grande cité.
D'où nous viendra la bouche ou la lyre inspirée Pour chanter dignement, ô Vierge, les secours
Qui, de votre enceinte sacrée.
Descendirent sur nous, descendent tous les jours?
Répondez, répondez, vous que l'espoir entraîner
En gravissant l'âpre chemin ;
Qui revenez, l'âme sereine, Après être montés dévorés de chagrin.
0 vie ! et pour qui donc cesses-tu d'être amère? Même dans son bonheur l'impie est-il heureux?
Votre sourire, ô Yierge-Mère, Change en tableau riant l'horizon ténébreux.
Vous êtes dans le Ciel la vertu couronnée.
Et l'âme qui s'attache à vous
Ne sera pas abandonnée :
Vous puisez aux trésors des bontés de l'Epoux. Nous venons donc placer, sainte Mère du Verbe, Sous votre auguste appui nos plumes et nos cœurs
Nous voulons glaner notre gerbe Dans le champ où JésQS envoya les semeurs.
Dans nos temps asservis à la vile matière, Quel est le sort du vrai penseur?
Presque seul ce iils du tonnerre
Semble avoir conservé la crainte du Seigneur.
Sa tâche s'assimile au travail du manœuvre ;
Le siècle ne vit plus à l'amour, à l'esprit; Du Maître on fait encore l'œuvre.
Mais c'est sans tressaillir en vous, ô Jésus-Christ Ì
Et qu'importe, penseur, si, comme un jour Elie,
Le corbeau t'apporte ton pain;
Si ton manteau qui se déplie Divise pour tes pas les oncles du Jourdain? Jéhovah, qui t'envoie annoncer sa parole, N'est-il donc plus Celui qui règne dans le Ciel ;
Qui de Moloch brise l'idole ; Qui rend doux les lions sous la main de Daniel ?
Et la Tour de David, Marie immaculée.
Qu'à son autel nous implorons,
N'est-elle donc plus appelée Le Secours du chrétien, l'Arche de tous les dons? N'est-elle plus du bien la splendeur sans mélange, La rançon du captif, le pardon du pécheur.
L'allégresse qui ravit l'ange, Et la main qui répand les bienfaits du Seigneur ?
Adrien PELADAN,
Directeur de la Semaine Religieuse de Lyon, chevalier de Saint-Sylvestre^ de V Académie des Arcades de Rome, auteur de /'Histoire DE Jésus-Christ d'après la Science, etc.
FIN DE l'album