DIOCÈSE DE BOURGES
L'Église Câllîoliqae nüiaüt le moîide auionr de la Croix. A NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE PIE IX
Portas inferi non prsevaiebunt adversàs eam.^
Quand Néron en mourant, pour tout cri d'agonie, Regrettait ici-bas un souffle d'harmonie; Quand, couronné de fleurs, une lyre à la main. Il regardait brûler tout son peuple romain ; Quand la Grèce aux regards offrait un Diogène Etalant sans rougir toute misère humaine. L'éclair du Sinaï n'avait pas à leurs yeux Laissé voir son sillon qui parcourait les cieux, Le voile de la nuit pour eux fut sans aurore ; Le sage était un sage, et n'était rien encore!...
Cependant, sur la croix il venait de mourir Celui qu'avait déjà pressenti l'avenir!
Point de pourpre à ses pieds, point de fleurs à sa tête; La couronne sanglante au tribunal s'apprête.... Il est déjà marqué... Le signe rédempteur Eclate sur son front. Gomme un consolateur Il apparaît soudain... Sa bouche évangélique Aux préceptes divins donne un charme mystique o
Qu'offre- t-il cependant à qui suivra ses lois?
L'opprobre et la misère... Et l'on entend sa voix!
Il se mêle à la foule et sait calmer d'un geste
Toute âme qui reçoit cet envoyé céleste.
Puis, quand le temps approche, il présente au bourreau
Ce corps qui va sortir triomphant du tombeau !
Nulle plainte n'échappe à la douce victime,
Dont le sang généreux nous sauve de l'abîme.
Il bénit en mourant, et sa bouche au pardon
S'ouvre encore une fois au désir du larron.
Il promet aux souffrants le plus vaste royaume.
Ce Dieu qui s'abrita si souvent sous le chaume...
Il n'est plus..., et la terre a compris son forfait!
Pilate s'est lavé.. . mais c'est tout ce qu'il fait.
En leur livrant ce juste, il ressent quelque crainte...
Les siècles passeront..., sans effacer l'empreinte. ||
Associé toujours au signe menaçant,
Pilate aura la main recouverte de sang !
Mais l'étoile a brillé, la lumière est venue.
Les peuples étonnés l'ont enfin reconnue;
Martyre à sa naissance, elle tient un flambeau
Dont la^^flamme céleste embeUit le tombeau.
L'égaHté commence avec l'ère chrétienne :
Plus d'esclave au marché. Cette femme est la tienne?
Conserve-la, chrétien, on ne vend à l'encan
Que les troupeaux qu'on voit paître l'herbe du champ?
Sers le Dieu qui commande à toute la nature,
Eloigne de ton cœur l'envie et l'imposture.
Demande la vertu, l'ardente charité, ' ;
Afin que de ton cœur le mal soit rejeté.
De ces préceptes saints la divine influence Se fait bientôt sentir..., heureuse renaissance! Les arts et la vertu se tenant par la main Trouveront ici-bas un lumineux chemin.
Rien ne peut retenir la foi qui les embrase; Ils iront en tous lieux comme un précieux vase Répandre les parfums que renferment leurs cœurs, Pour remonter au Ciel en glorieux vainqueurs ! Et l'on voit s'élever d'immenses basiliques, Gloires de nos cités. Ces monuments antiques Reçoivent ces chrétiens et ces humbles pasteurs, Qui d'un Dieu tout d'amour se font les serviteurs.
Puis, les temps ont marché... Sous la sainte bannière. Les prêtres et les rois ont mêlé leur prière... Saint Vincent, sous les plis de son humble manteau, A recueilli l'enfant dont le lange en lambeau Couvre à peine le corps; chétive créature. Qu'une mère abandonne aux soins de la nature, Mère, hélas ! sans amour, et qu'un prêtre de Dieu Réchauffe sur son cœur et dépose en un heu Où des mères sans flls sauront former son âme. Charité ! charité î par ton ardente flamme Que d'êtres sont sauvés au nom du Créateur! Bénissons à jamais l'astre libérateur Sous lequel s'est formée une vertu subhme, Qu'un souffle du Seigneur à tout instant anime! La croix, divin symbole, a surmonté les temps, En famille elle unit entre eux les continents.
Clovis roi la reçut avec l'eau du baptême, Constantin la grava sur son fier diadème ! En Palestine, Louis l'a sur le mont Liban Plantée en étendard aux pieds du Musulman. C'est en vain que l'athée, en un jour de colère. Nous a dit : Le néant sera ton seul salaire ; Nous avons, vers la croix portant un œil serein, Répondu : Le néant ne germe qu'en ton sein! Sous l'étendard sacré, chrétiens, marchons encore, Le Pontife de Rome a, d'une voix sonore, En nous montrant la croix, convié ses enfants. Ahî vers la ville sainte accourons triomphants! Aux pieds du Roi-Pontife arborons la bannière. Et que l'on vienne encore en phalange guerrière, Se ranger, se presser, comme aux temps glorieux Où l'on voyait les rois combattre pour les Gieux! Le cèdre du Liban peut redresser la tête. Nous saurons l'asservir; et, pour prix de conquête, Partageant ses lambeaux, nous en ferons la croix Qu'on veut nous arracher... Et de ce même bois Formant le bouclier pour le jour de bataille, Nous verrons sans pâlir le fer et la mitraille ; Animés par le Dieu qui préside aux combats, Nous mourrons s'il le faut. . . , et ne tremblerons pas !
Eugénie CASANOVA, DE ZIGAVO.
(DtOCÈSE DE BOURGES)
A SA SAINTETÉ PIE IX
Expression de profond respect de deux âmes catholiqueà. SONNET
Quel bonheur, ò Saint-Père, en vous rendant hommage,
D'exprimer, à vos pieds, mon filial amour !
Ma compagne s'unit à mon pieux langage,
Et son cœur de chrétienne est un cœur sans détour.
Nos yeux avec respect contemplent votre image; Nous aimons prier Dieu, l'implorant chaque jour, Pour qu'il daigne abriter Rome et votre héritage Contre tout traître armé des griffes du vautour !
Vos enfants sont nombreux; tous vous seront fidèles. N'en doutez pas, Saint-Père, et Dieu, plein de bonté, Réserve à vos vertus des bouquets d'immortelles !
De nos premiers pasteurs la grande autorité Fera briller bientôt le pouvoir de l'Eglise, Et la terre à ses lois se montrera soumise.
AULARD, Baron de KINNER.
(diocèse de sources)