‹ La France a RomeChapitre 3 sur 177 · IX · texte numérisé non relu

IX

rappeler des précédents qui obligent. Aussitôt j'ai consacré aux Assises delà Catholicité, qui s'assemblent dans la Ville Eternelle, les meilleurs vers que mon dévouement au Saint-Siège Apostolique a pu me dicter, et j'ai invité les chantres catholiques de tous les diocèses de France à unir, dans le même but religieux, leurs inspirations aux miennes.

Le signal a été entendu ; car, des Alpes aux Pyrénées, de la Méditerranée à l'Océan et au Rhin, de la Bretagne à la Normandie et au Lyonnais, du Limousin à l'Auvergne, se sont éveillées des harpes consacrées à la louange du Seigneur. Cent cinquante poètes ont uni leurs accords pour saluer, dans un imposant ensemble , le Souverain-Pontife, notre héroïque et bien-aimé Pie IX, les Pères du Concile , les prérogatives et la

perpétuité de ce Siège de Pierre, contre lequel les portes de FEnfer ne doivent jamais prévaloir.

La France , Très-Saint-Père , vous a fait des offrandes et donné des soldats. Elle vous devait Toffrande de l'intelligence, et elle vient aujourd'hui acquitter ce noble tribut, qui ne pouvait employer d'autre idiome que celui de la poésie, la parole à son plus haut degré de puissance. En ces jours de magnifiques solennités , les nations apporteront à Pierre des métaux précieux , de riches étotïeS;, des pierreries, des objets d'art; mais c'est de Lyon, où s'est formée la croisade de la Lyre^ que lui arrivera Y Album de la Poésie catholique, à l'occasion du Concile,

Cet essaim de la prière et de l'attachement chantés se compose de vétérans du sacerdoce, de prêtres dans la force de l'âge,

de fidèles laïques, âmes fortes qui, dans un siècle de vanités et de décrépitude, portent encore la tête haute, et font publiquement le signe de la croix. Quelques-unes des voix de notre concert appartiennent à de grands corps littéraires. Plusieurs viennent de l'ombre bénie du cloître. Jamais peut-être plus de foi, d'amour, de bonne volonté, ne s'associa pour exalter une cause plus sainte.

Les soins nécessités par l'impression d'un volume de 600 pages, et la riche reliure , pour l'exemplaire destiné à Votre Béatitude, ont retardé de quelques jours l'envoi de Y Album; mais cette même dédicace, Très-Saint Père, a été mise sous les yeux de Votre Béatitude , il y a plusieurs semaines.

De nombreux Evêques, parmi lesquels trois de nos Cardinaux, ont applaudi à ce

concours de l'Enthousiasme poétique; ils ont honoré le Recueil de leur souscription, et beaucoup d'entre eux y ont joint des paroles touchantes dont nous avons enrichi les premières pages de Y Album.

Ce qu'attPMdent de votre royale munificence^ de votre Pontificale honte, ô Evêque des Evéques, les Auteurs et les Souscripteurs de /'Album , cest la Bénédiction de Votre Sainteté^ une Bénédiction spéciale.

Et moi, le moindre d'entre eux, mais à qui Dieu a voulu donner la première pensée de ce pieux et solennel hommage, humblement prosterné, j'implore personnellement cette Bénédiction, pour moi, pour mon fils , auteur du travail;, intitulé dans le volume : La France à Bome, pour ma famille, et pour la Semaine religieuse/]OUYnú

qui a servi pour prévenir, pour grouper nos poëtes, et que je dirige depuis longtemps déjà, à Lyon , sous le regard de notre Emi» nentissime Cardinal, Ad majorem Dei glo-riam.

Daignez accueillir les profonds sentiments de respect et de vénération dans lesquels je suis, de toute mon âme^ pour tous nos poëtes et pour moi,

0 Père commun des fidèles, De Votre Sainteté, Le très -humble et très-soumis fils,

Adrien PELADAN,

Directeur de la Semaine Religieuse de Lyon, chevalier de Saint-Sylvestre, de l'Académie des Arcades de Rome, auteur de /'Histoire BE Jésus-Christ d'après la Science, etc.

LYON, LC 8 DÉCEMBRE 1869.

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