LE PAPE A ROME
Eex a Deo super Sion, {Ps. 2, V. 6.)
Ivre d'orgueil et de colère, Saisi d'un aveugle transport, Bravant le Maître du tonnerre, L'impie a dit : « Rome ou la mort !
» Arrachons la cité du Tibre » Au vampire d'un peuple libre.
)) Guerre ! En avant, soldats de feu I » Mais la France et Rome s'avancent, Leurs bataillons unis s'élancent :
Halte ! bandits, Rome est à Dieu !
Ce Dieu, de son bras redoutable, L'environnne de toutes parts.
Et du Christ la force indomptable Garde son temple et ses remparts.
En vain, dans le courant des âges, Les tyrans, les hordes sauvages Aspirent à l'anéantir; Leur fureur, qui frappe et qui gronde, S'épuise ; la Reine du monde Reste debout pour les bénir.
Marchant de conquête en conquête, Les terribles enfants du Nord, Sur les ailes de la tempête, Lui portaient le deuil et la mort.
Mais un ange veille à ses portes ; Vers les innombrables cohortes Il s'avance avec majesté ; Et devant l'auguste visage, D'Attila s'apaise la rage ; Il s'éloigne déconcerté.
Sur Rome Paul étend son glaive, Pierre, le Labarum vengeur; A leur prière qui s'élève, Descend l'Ange exterminateur.
Des martyrs voyez-vous les âmes Opposer comme un mur de flammes A de formidables assauts, Et faire reculer l'audace De l'impiété, qui menace Les apôtres et leurs tombeaux ?
Sous la tiare vénérée, Le monarque aux pouvoirs divins, Du haut de la chaire inspirée A pour gardes les Séraphins.
Sur rOcéan du temps qui gronde^ Il guide les destins du monde
Vers le port de l'éternilé; C'est le phare qui sur nos têtes Rayonne, au milieu des tempêtes.
D'une intarissable clarté.
A ses pieds mugissent et passent Les flots des révolutions; Sur les ruines qu'ils entassent Survit ce roi des nations.
Pontife entouré de miracles, Quand il prononce ses oracles, L'univers recueillant sa voix, De l'Euptirate au froid Boristhéne, Et de l'Arkansas à la Seine, Avec amour reçoit ses lois.
Le 'Seigneur met sur sa couronne Le sceau de son élection; De sa droite, il assied son trône Dans cette nouvelle Sion.
Malheur aux mortels en délire, Armés pour troubler son empire.
Son règne de paix et d'amour!
Tombe, tombe, race adultère, Aux éclats du divin tonnerre Qui part du céleste séjour.
Ville-Éternelle, où la Victoire Céda son autel à la Foi, Que serais-tu donc sans la gloire Que le Pape répand sur toi ?
Ame, centre, soleil du monde, Sans cette puissance féconde Qui t'environne de grandeurs, Nouvelle Sion désolée, Tu gémirais inconsolée, Sur le cercueil de tes splendeurs.
L'abbé BASGANS,
Curé de Ciadoiix
(diocèse de TOULOUSE)