ISAÏE
A mon Eglise uni par un lien mystique, Je veux de mon amour lui chanter le cantique : Le suave rayon qui jaillit de ses yeux Dissipe le nuage obscurci dans les cieux. Dans sa grâce j'ai mis le divin privilège De rendre toujours fort celui qu'elle protège. Et puisant au trésor que remplit ma bonté, Son jugement s'appelle infaillibilité.
Mon Eglise est ma joie; elle est ma bien-aimée. Mortels, pour votre paix le Yerbe l'a formée. Elle est du malheureux la consolation.
Riche de tous les biens de la Rédemption, De ses deux mains j'ai fait une source féconde Qui sans jamais tarir se répand sur le monde. 0 vous qui gémissez, je suis le Dieu jaloux Que l'on doit invoquer par elle à deux genoux.
L'Eglise, comme moi, pour ses enfants s'immole, Malheur à qui vénère une odieuse idole Au lieu d'elle; il essaie en vain de me tromper. Dans les eaux de la foi venez vous retremper ; La lèvre rafraîchie aux flots de ces eaux vives Procure constamment mille prérogatives.
Mon Epouse est le lis qui ravit Israël Et dont le doux parfum embaume le Garmel.
Prodigues, retournez vers cette Mère tendre; Rachel pleure ses fils ; pouvez-vous vous défendre D'écouter ses regrets, d'accourir dans son sein ? Cœurs afl'amés, allez apaiser votre faim. Elle vous nourrira d'une pure substance, Froment délicieux qui double l'existence. Mon Épouse, ma Sœur est l'orgueil de ses ñls. Sa céleste beauté se plaît parmi les lis.
En elle j'ai placé les désirs de mon âme, Pour son autorité, pour elle je réclame Fidéhté constante, humble soumission.
Apportez-lui des fleurs, ô fifles de Sion ; Dans votre piété, associez pour elle Le champêtre muguet, la rose, l'immortelle. Mon Église revêt pour manteau l'unité, Et son front resplendit ceint par la Trinité.
M"« EuLALiE AMIGUES.
(diocèse de TOULOUSE)