AUX ZOUAVES PONTIFICAUX
üéants des temps passés, quittez votre suaire ;
Nobles défenseurs de la Croix, Sortez de vos tombeaux, et que la terre entière
Se lève encore à votre voix !
Qu'à votre parole féconde
Se rallume l'antique feu.
Et que tous les échos du monde
Redisent le cri : Dieu le veut I
La liberté, c'est notre vie, La liberté, c'est notre foi. Chrétiens, Rome est notre patrie, Et son Pontife est notre Roi.
Les forfaits d'aujourd'hui dépassent la mesure Des crimes commis autrefois :
L'injustice et l'orgueil, la ruse et le parjure Cachés sous le manteau des rois,
Sur le Christ, au sein de l'Eglise, Rêvant un attentat nouveau, Sur la terrequ'il a coaquise Voudraient lui creuser un tombeau .
La liberté, etc.
Leurs vœux sont insensés, leur espérance est vaine :
La Providence ne dort pas.
Catholiques, debout ! Voyez-vous, dans l'arène,
Vos frères vous tendant les bras ?
Volez aussi prompts que des anges ;
Serrez vos rangs, soyez unis ;
Et qu'en face de vos phalanges
Tremblent enfin vos ennemis.
La liberté, etc.
Non, non, le temps n'est plus d'humilier vos têtes
Et d'offrir vos bras à leurs fers.
S'ils veulent vous compter et savoir qui vous êtes.
Dites ; « Nous sommes l'univers!
Nobles héritiers d'une gloire
Que rien ne saurait obscurcir,
L'antiquité, c'est notre histoire,
L'éternité, notre avenir. »
La liberté, etc.
Prenez votre drapeau : que la Croix du Calvaire Brille et rayonne dans vos mains.
Faudrait-il la porter jusqu'au bout de la terre, Elle en connaît tous les chemins.
Dieu veut que sa vertu féconde A l'univers dicte des lois, Et que, pour le salut du monde, Elle remonte au front des rois.
La liberté, etc.
Qu'ils tremblent les ingrats, qui, dans leur insolence^
Obscurcissant la vérité, Ont nié ses bienfaits et voué sa puissance
Au mépris de l'humanité !
La Croix méprisant leur délire
Et les vains bruits de leur orgueil.
Des vils débris de leur empire
Leur prépare à tous un cercueil.
La liberté', etc.
Les insensés ont dit : « Que le Christ se retire ;
Les peuples l'ont abandonné.
Tout marche et tout grandit, tout se lève et conspire
Contre son culte suranné.
Le progrès seul et sans limite,
Voilà le Dieu que nous voulons.
Qu'il vienne et qu'il vienne au plus vite
Son règne que nous attendons. »
La liberté, etc.
Peuples, ils ont menti : non, le Christ n'a pas d'âge ;
Il sera ce qu'il fut toujours :
Monarque sans égal, souverain sans partage,
Des anciens et des nouveaux jours.
— 138 ^ Le vrai progrés est dans son règne ; En lai seul est l'humanité, Et la vérité qu'il enseigne Est l'éternelle vérité.
La liberté, etc.
Peuples, vous vous trompez, si, pour briser vos chaînes,
Vous cherchez l'appui de leur bras ; Ils boiront, s'il le faut, tout le sang de vos veines,
Ils ne vous affranchiront pas.
Sur les efforts et la puissance
Des grands, des guerriers et des rois,
Pourquoi fonder votre espérance ?
La liberté vient de la Croix!
La liberté, c'est notre vie, La liberté, c'est notre foi.
Chrétiens, Rome est notre patrie, Et son Pontife est notre Roi !