‹ La France a RomeChapitre 83 sur 177 · LE CONCILE A ROME · texte numérisé non relu

LE CONCILE A ROME

Je cherche à chaque pas Rome au milieu de Rome,

Des Césars n'y pouvant retrouver un atome.

Cirques, thermes, forum, temples et Panthéon,

Théâtres, Colysée et ruines sans nom,

Voilà Rome ! et Torgueil se mêle à la poussière

Sur ce sol inconstant, qui n'est qu'un cimetière.

Où donc est la cité qui vainquit l'univers?

Sénat, consuls, tribuns, tout est en proie aux vers ,

Et du temps qui détruit je vois ici l'ouvrage;

D'un tombeau Rome antique est l'immuable image.

Mais lorsque dans la mort tout est précipité, Le Capitole règne, il est ressuscité.

La vieille Rome enfante une ville nouvelle, Que saint Pierre a choisie et couvre de son aile. Oui, Rome est le phénix sorti de son tombeau; Dans sa métamorphose il n'en est que plus beau. Ici la main du Christ en bienfaits est féconde, Rome est toujours vivante et domine le monde ; Car des trônes qu'émeut l'abîme en mouvement^ La chaire de saint Pierre est le vrai fondement. Un doux Vieillard soutient le monde en équilibre, Il tient en main la Croix, et l'univers est libre.

L'enfer cède, et je vois le Vatican s'ouvrir Aux vérités d'en haut, qui ne peuvent périr. Le sénat de l'Eglise, où l'Esprit-Saint réside, De notre âge orgueilleux comble à jamais le vide ; Car ce n'est pas du temps, mais de l'éternité Qu'il s'occupe dans Rome avec sérénité (^). L'âme et les yeux vers Dieu, que de fois sur la plage J'ai vu notre Océan se rouler dans l'orage, Semblable aux sourds complots de l'enfer conjuré [ Quand l'Océan bondit vers l'espace azuré, Et rugit de fureur, un grain de sable arrête Aux pieds du spectateur l'effort de la tempête. En vain l'enfer allume et la haine et le sang ; Le Christ brisant sa rage, il retombe impuissant Et s'épuise à rouler ses ûots dans son abîme, De ses propres fureurs éternelle victime.

G. DE KERHARDÈNE.

(diocèse: de NANTES)

(1) Les congrès de la paix sont restés stériles ; le Concile Si'id peut Ì (Ji-nner à l'Europe chrétienne.

CASTELFIDARDO ET MEIMTANA

Honneur à la Bretagne, Qui fournit des essaims, Gomme la vieille Espagne, De héros et de saints.

Des vallons de Lorrelte Où Pimodan périt.

Croisés, l'écho répète :

Gloire aux soldats du Ghrist !

Aux palmes de l'Afrique Lamoricière unit Le cyprès héroïque, De ses vertus puni.

Guérin et vingt encore Tombés en combattant, Des martyrs, que j'honore, Ont le nimbe éclatant.

Près de Lamoricière, Ce vaincu glorieux.

N'étant plus que poussière Ils revivent aux Gieux,

Où saint Louis préside Le chœur de nos aïeux, Dont le glaive rapide A conquis les Saints Lieux.

Là c'est toujours l'aurore:

Quatrebarbes, Quelen Et vingt élus encore , Ce n'est point un déclin.

Quand le martyre change En autel un tombeau, Âux morts par un échange S'ouvre un monde nouveau.

La Vierge immaculée, En aidant leur essor.

Sur chaque mausolée Fait luire un rayon d'or.

M™^ Marie DE KERHARDÈNE,

(diocèse de NANTES

AU CONCILE

In Goncilio Vaticano inito die festivâ Immaculatae Gonceptionis Virginis Marise 1869.

Fas sit exclamare cum sancto Cyrillo In Goncilio Ephesino :

« Hilarem video cœtum sanctorum omnium qui « convenerunt, promptis animis, à sancta et Dei Ma- « tre Maria, semper Virgine convocati. Laus et gio- « ria sit tibi sancta Trinitas, quae omnes nos ad banc « celebritatem convocâsti ! Sit etiam tibi, sancta Dei " Mater, lausî... » Gaude, virgo Maria, quia, ut cantat sancta Ecclesia, cunctas hœreses sola interemisti in universo mundo.

Beatse et immaculatge Virgini Marise,

înclytse Goncilii directrici, columnse Ecclesise.

Tôt tibi sint laudes, etc.

Exargat Ghristus, ruat impia daemonis aula! Eccè Léo Judae vicit mansuetus et agnus !

Exurgat Pater omnipotens, hsec verba triumphi intonet : « ÀdextrisDominisede, Ghriste, paternis î

« Stabis in seternum Rex regum altusqiie Sacerdos ! « Gunctatibi cœli et terrse subjecta manebunt, « Sub pedibusque tuis inimicos plecte superbos! »

Exurgat Michaël; radientibus inclytus armis, Fulguret, ac hostes subito ad nigra Tartara trudai ! Ut pulvis rapitur vento, igneque cera liquescit, Sic pereant omnes qui Ghristi régna repellunt !

Immaculata Dei Genitrix, surge, agmina Gœli Dirige ! dira premes quoque sub pede colla Draconis! Et cùm lethalis septem capita ardua tollit Heeresis; ô Virgo, nova prselia clara triumpho Nunc âge ! Goncilii dux esto, f œdus et obses ! Per te, Ponlifìces properant ad limina Pétri ! A te, summa Parens, sit maxima gloria Nato ! Pro gratisque tuis memori de pectore grates Fundimus innumeras : 0 Regina optima mundi, Tôt tibi sint laudes bona quot cœlestia pargis ! Tôt tibi sint laudes animas quot tollis ad astra ! Tôt tibi sint laudes quot in aere sidera currunt î Tôt tibi sint laudes quot lucis spicula fundit Àureus in terras sol, cùm solio emicat alto ! Tôt tibi sint laudes quot vultu luna sereno, Gursibus sethereis, nocturnas dissipât umbras ! Tôt tibi sint laudes, Virgo, quot cœlicus arcus Mille trahit varios densâ de nube colores ! Tôt tibi sint laudes quot fulgura clara videntur Et per inane volant, ut flamma nitore coruscans ! Tôt tibi sint laudes quot voce tonitrua magna Intonuere polis, et tela quot ignea frangis !

Tôt tibi sint laudes quot spargunt frigora brumas Atque nives, albo quse exornant vellere terram ! Tôt tibi sint laudes quot prospéra flamina spirant Et puisant imbres et nubila plena procellis ! Tôt tibi sint laudes quot dulcia tempora veris Succedunt gelidis et régnât purior aer!

Tôt tibi sint laudes quot aquae de fonte benigno Exiliunt placidge, indè fluunt nova flumina vitse ! Tôt tibi sint laudes quot ab sethere labitur unda ! Tôt tibi sint laudes quot gemmée roris in herbis ! Tôt tibi sint laudes quot guttas sequora vertunt ! Tôt tibi sint laudes quot bonis gramina pratis ! Tôt tibi sint laudes foliis quot sylva virescit ! Tôt tibi sini laudes quot agris grana aurea surgunt ! Tôt tibi sint laudes quot messes arva coronant! Tôt tibi sint laudes quotarenae in littore ponti ! Tôt tibi sint landes quot transnant per mare pisces ! Tôt tibi sint laudes quotavesnemorumatria lustrant! Tôt tibi sint laudes quot et undiquè carmina cantant! Tôt tibi sint laudes quot apes dant dulcia mella ! Tôt tibi sint laudes quot in arbore fructus ! Tôt tibi sinl laudes quot pendent vitibus uvse ! Tôt tibi sint laudes quot splendent floribus liorti ! Tôt tibi sint laudes quot odorant lilia campi ! Tôt tibi sint laudes quot mystica serta rosarum! Tôt tibi sint laudes quot, per te, mater amoris, Dona repleut mundum et cœli quoque diva lucesceni î Tôt libi sint laudes quot, te duce, Virgo magistra, Lumina Goncilii gentem effunduntur in omnem ! Tôt tibi sint laudes quot rex Paslorque supremus Et benedicat oves, simul imperia urbis et orbis î

— âl8 —

Tôt fcibi sint laudes quot conjunguntur in unum Pontiflces, capitique Pio divinitùs haarent ! Tot tibi sint laudes quot ad aras sacra célébrant Pastores magnâ populi comitante coronâ!

Tot tibi sint laudes quot sancta Ecclesia fundit Vota, preces, gemius, longa et suspiria puisât, Nam furiis venti et maris est agitata periclis ! Virgo potens, Mater clemens, pia vota tuorum Audi, die verbum, jube, nutu, navita Gliristi, Ipse Petrus pelago imperet, ac sternentibus undis^ Deducet navim usque ad littora tuta salutis ! Spiritus aime, veni, populos renovare per orbem, Discuties mentis tenebras et pectora mundes Expansisqae alis aspira flamen amoris !

Tune Christus regnabit et undiquè carminé plaudant Gentes, templa canunt Domini benefecta superni, Laus etiam resonat Ghristi Genitricis in orbe •'■

Amen.

AU CONCILE (traduction)

Qu'il nous soit permis, à l'ouverture du Concile qui commence le jour de la fête de l'immaculée Conception de la Très-Sainte- Vierge, dans la Basilique du Vatican, le 8 décembre 1869,

De nous écrier, comme autrefois saint Cyrille au Concile d'Éphèse :

<i Je contemple, dans des transports d'allégresse, (( la sainte assemblée des Pontifes convoqués par la « sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, toujours « Vierge, et qui se sont réunis dans ce lieu avec « empressement et exaltation d'esprit. Louange et c< gloire vous soient rendues, ô sainte Trinité, qui « nous avez appelés à cette solennité si imposante ! (( Gloire aussi soit à vous, ô sainte Mère de Dieu,... « Réjouissez-vous, ô Vierge Marie, de ce qu'il vous <c a été donné, comme le chante l'Eglise, de détruire, a vous seule, toutes les hérésies qui s'élèvent dans « le monde entier ! »

Oui, à la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, Glorieuse protectrice du Concile et colonne de FÉgiise Louanges infinies, etc.

Que le Christ se lève! et que la phalange impie du démon et tous ses partisans s'enfuient épouvantés. Le Lion de la tribu de Juda, l'agneau plein de douceur a triomphé !

Que Dieu le père se lève et qu'il entonne les accens du glorieux triomphe : « 0 Christ, ô mon Fils, « asseyez-vous à ma droite, je vous ai établi Roi des « rois et Pontife suprême pour l'éternité; tout ce « qui est au Ciel et sur la terre vous sera soumis; « vous renverserez à vos pieds vos superbes en- « nemis ! »

Que le radieux Michaël se lève et prenne en main ses armes invincibles, qu'il lance la foudre et précipite les ennemis du Très-Haut jusqu'au fond des noirs Enfers ! Que tous ceux qui combattent l'empire du Christ disparaissent comme la poussière emportée par les vents et comme la cire qui se fond devant un brasier ardent !

Et vous, puissante Mère de Dieu, Vierge immaculée, levez- vous, et marchez à la tête des armées célestes ; foulez aussi à vos pieds le Dragon infernal, et lorsque l'hérésie, semblable à l'hydre à sept têtes, veut élever son front audacieux, livrez-lui de

nouveaux combats suivis de la victoire; soyez l'appui, le gage et la directrice du saint Concile; conduisez vous-même les Pontifes empressés d'entrer dans les parvis de Saint-Pierre de Piome, et que, par vous, ô Mère glorifiée du Christ, une gloire infinie soit rendue à votre Fils divin! Et pour tant de dons gratuits que vous nous distribuez, ô bienfaisante Souveraine du monde, recevez autant de louanges que vous répandez sur nous de bénédictions célestes !

Recevez autant de louanges que vous élevez d'âmes au séjour de la gloire ! autant de louanges qu'il y a d'astres au firmament gravitant dans l'espace !

Recevez autant de louanges que le soleil, du haut de son trône étincelant, fait tomber de rayons lumineux sur les habitants de la terre ! autant de louanges que la lune, en sa course éthérée, lorsqu'elle montre son front radieux et serein, répand de splendeurs au milieu des ténèbres et des ombres de la nuit !

Recevez, ô Vierge sainte, autant de louanges que l'arc-en-ciel fait éclater de couleurs vives et variées au sein des nuages transparents !... Autant de louanges qu'on voit d'éclairs briller à nos regards et voler avec rapidité dans la vaste étendue des Cieux, semblables à une flamme ardente ! .. .

Recevez autant de louanges que vous brisez, dans les mains du tonnerre prêt à lancer la foudre, de traits embrasés, lorsque, en grondant avec un bruit effroyable dans les airs, il se fait entendre d'un pôle

du monde à l'autre!... Autant de louanges que les frimas des hivers font pleuvoir sur la terre de flocons de neige qui la couvrent et la décorent d'un vêtement d'une éclatante blancheur !

Recevez autant de louanges que les vents favorables et les zéphirs font, par leur doux murmure, fuir les nuages précurseurs des tempêtes et des ondées désastreuses!... Autant de louanges que le règne de l'aimable printemps qui succède à la saison rigoureuse, procure à l'homme de douces jouissances en faisant respirer un air plus pur !...

Recevez autant de louanges qu'il y a de sources jaillissantes qui, dans leur cours paisible, ressemblent à un ûeuve bienfaisant entretenant sur ses bords l'abondance et la vie ! . . .

Recevez autant de louanges qu'il y a de gouttes d'eau qui tombent du sein des nues, qui voyagent dans les mers, et de perles de rosée sur les herbes qui couvrent la terre ! . . .

Recevez autant de louanges qu'il y a de gazons dans les vertes prairies, de feuilles dans les forêts ombreuses, d'épis dorés dans les champs, de moissons abondantes qui couronnent les campagnes!...

Recevez, ô Marie, Vierge sainte, autant de louanges qu'il y a de grains de sable sur les rivages, de poissons qui nagent au sein des vastes mers, d'oiseaux qui chantent au milieu des bosquets qu'ils ont choisis pour leurs palais ! . . .

Recevez autant de louanges qu'il y a d'abeilles qui nous offrent leur doux miel, qu'il y a de fruits

sur les différents arbres, et de grappes de raisin suspendues à la vigne !

Recevez autant de louanges qu'il y a de fleurs splendides dans les jardins, de lis odoriférants dans les champs, de roses mystiques et épanouies dans les parterres.

Recevez, ô Marie, Mère aimable, autant de louanges que vous ajoutez à tant de bienfaits qui remplissent le monde, ceux mille fois plus éclatanls qui ont pour but de procurer l'héritage céleste!

Recevez, ô Vierge souveraine, autant de louanges que le saint GoncUe dirigé par vous, fera rayonner de lumières et de vérités aux yeux de toutes les nations de la terre !

Recevez autant de louanges que le Pontife-Roi répandra de bénédictions sur les empires de l'univers, sur la Ville Éternelle et sur tous les fidèles qu'il regarde comme ses brebis !

Recevez autant de louanges qu'il y aura de Pontifes réunis au Chef suprême, Pie IX, qui ne formeront avec lui qu'un seul et même Sénat divinement assemblé !

Recevez autant de louanges qu'il y a de ministres des saints autels, décorés du caractère sacerdotal, et qui célèbrent les divins mystères assistés d'un peuple immense qui compose la couronne de l'Église !

Recevez autant de louanges que, dans l'assemblée des chrétiens, on offre d'ex-voto, de prières ferventes, et qu'on pousse de gémissements et de profonds soupirs; car de nos jours le vaisseau de

l'Église est agité par les vents déchaînés et les ûots d'une mer en furie qui présente de toutes parts des écueils !

0 Vierge puissante, Mère clémente, exaucez les vœux de vos pieux fidèles; commandez, dites un seul mot; un signe de votre volonté suffira, et le gouverneur du vaisseau, représentant le Christ, Pierre lui-même commandera à la mer et lui dira : Calme-toi ! et ses ondes s'inclineront et conduiront la barque du Pécheur jusqu'au port assuré du salut!

Et vous, Ò divin Esprit, venez, assistez-nous, couvrez de vos ailes tutélaires les peuples du monde, renouvelez la face de la terre, éclairez les esprits, purifiez les cœurs, enñammez-les du feu de votre amour !

Alors je vois partout fleurir le règne du Christ; les nations applaudissent par des chants de triomphe; les temples célèbrent les bienfaits du Dieu- Très-Haut, et les louanges à la gloire de la Mère (Ivi Christ retentissent dans tout l'univers !...

Ainsi soit-il.

T';i prétre-missiomiaire,

(DIOCèSE CE LAVAL)

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