JÉSUS PONTIFE ÉTERNEL
Celui qu'avaient prédit les antiques prophètes, Celui que d'Israël symbolisaient les fêtes. Le Pontife éternel, le Prêtre souverain Est né pour le rachat de tout le genre humain. Le Yerbe créateur, l'Être incommunicable A pour royal berceau la crèche d'une étable. Mais écoutez, là-haut, dans les Gieux entrouverts, Les Anges l'exalter dans leurs vivants concerts. Un groupe de bergers se présente et Tadore, Des rois que guide un astre accourent de l'Aurore, Lui présentant pour dons, l'or, la myrrhe, l'encens. La terre reconnaît le terme des vieux temps, A l'aspect éclatant de ces grandes merveilles. L'événement, d'Hérode a frappé les oreilles, II veut faire mourir le Sauveur, il a fui. Tandis que les faux dieux sont tombés devant Iui(*). Le Sauveur a douze ans ; sa divine science Efface des docteurs la vieille expérience. Vingt ans il grandira dans l'ombre et le labeur. Son heure vient, il dit : « Je suis le Rédempteur ! »
(1) D'après une pieuse tradition les statues des dieux égyptiens s'«bAttireat, et les oracles se turent er» présence de ïësus-Christ.
Il choisit des amis qui seront ses Vicaires.
Il soulage, il bénit de ses mains tutélaires;
En cent lieux, sur ses pas, le pauvre est consolé^
Il arrache à ses maux le malade accablé;
Les morts reprennent vie à sa seule parole.
Son cœur pour enseigner aime la parabole.
A ses discours divins le peuple transporté,
Ecoute auprès de lui la douce vérité.
Ce peuple qui le suit a faim, le Sauveur prie,
Et d'un peu d'aliments que sa voix multiplie
Tous sont rassasiés. Il commande à la mer,
Et la mer obéit au Créateur fait chair.
Les démons sont vaincus en d'étonnants spectacles,,
Il sème son chemin d'innombrables miracles.
Mais de sa passion est arrivé le jour. Il déclare son corps le sacrement d'amour. Sur un infâme bois meurt le Verbe fait homme, Et la rédemption du monde se consomme ! Cependant, du tombeau le Christ ressuscité Parle encore aux amis qu'a choisis sa bonté, Les disciples aimés que sa grâce illumine. Leur bouche à l'univers apprendra sa doctrine, Ils seront dans le temps les gardiens de sa loi. Les hérauts de son nom, les anges de sa foi. L'Esprit confirmera leurs puissants ministères, Mais Pierre en tous les temps confirmera ses Frères..
(diocèse de BESANÇON)
ODE LATINE
A SA SAINTETÉ P!E ÍX
Sedis Apostolicse Princeps, lux aurea Romae î
Tu decus et gentis doctor et almus amor ! Ecclesise caput es, primus Patriarcha per orbem
Pryeclarus meritis et pietate potens.
Sal terrse, mundi lux atque urbs inclita Jesu,
Das populo seternae lucis ubiquè viam.
Pol ! tua vox pollet reserare et claudere cœluui;.
Tu qui sceptra régis claviger asthereus ; Principi Apostolico Petro conjunctus in sevum
In terra cujus munia sacra geris.
Ad nostrum errores duros Altissimus œvum
Franges per Mariam, rex Pie, voce piâ.
Virginis hinc victor regnâris Papa Mariae
Quse populorum animis immaculata nitet.
Nobilitantque tuî regnum miracula, belli
Hydras per te pax hsereseosque teret.
Floruit usque fìdes indemutabilis unquàm
Spiritu adhùc splendet, Maxime, stante tibi. Schemata saevorum versanti dira caterva
Digna receptabunt stemmata vota preces.
Sejani et Seji simulârunt perfida castra
Proruet invitus le duce Saur ornâtes.
Dùm coryphseorum turmse Josephica fulget
iEtas, Antilheus, \ir cadet ore Dei.
Dum Pharaonum ululât minante dynastia bello,
Aurea Rex magnus fœdera pacis init.
Gloria viginti septem labentibus annis
Ridet, dùm cèdent Anglia Serque tibi.
Parthenopes, Hélices oratio vincet Aleram,
Pacis mox Pastor solus ovile reget.
ODE LATINE
A SA SAINTETÉ PIE IX
(TRADUCTION
Souverain du domaine temporel que vous ont légué les droits du Saint-Siège Apostolique, flambeau d'or de Rome,
Vous la gloire et le docteur d'une nation qui repose en vous son libéral amour !
Vous êtes le Chef suprême de l'Eglise, le Patriarche primat de l'univers catholique, illustre par vos mérites et puissant par votre auguste piété.
Sel de la terre, lumière du monde, vous êtes le souverain de cette ville, où réside la puissance éternelle de Jésus, dont vous êtes le représentant perpétuel, vous offrez partout au peuple la voie de la véritable lumière.
Oui, il est vrai, votre parole peut ouvrir et fermer le Ciel, divin Porte-clef, qui dirigez spirituellement les sceptres et les couronnes.
Vous êtes, par un lien indissoluble, attaché à Pierre, le prince des Apôtres, dont vous continuez sur la terre les fonctions sacrées.
Dans cette année de grâce jubilaire (1869), du plus sublime des trônes que supporte le globe terrestre, ô roi Pie, de votre parole sainte, par le nom de Marie, vous confondez, vous anathématisez les plus graves erreurs de ce siècle perverti, dégradé-
Pape de la Vierge Marie immaculée, vous aurez, triomphant dans le cœur des peuples, fourni un règne victorieux, immortalisé par de grands prodiges; par vous la paix terrassera l'hydre delà guerre et des hérésies.
Malgré de nombreux et cruels combats, la foi, toujours immuable, ô le plus grand des rois! resplendira sous le souffle vivificateur du saint Paraclet ; tandis que les légions ténébreuses des sociétés secrètes dont l'enfer inonde la terre en ces derniers temps, se préparent à tendre les plus infâmes pièges pour répondre à vos immenses bienfaits; les vœux et les prières incessantes de vos fidèles sujets recevront bientôt leur digne récompense.
Nos Photius, nos Luther, nos Lamennais et nos
Renan ont beau trouver de perfides stratégies,
le Sarmate, le Néron du Nord, viendra à vos pieds briser son glaive barbare et sanglant et reconnaître, dans sa honteuse défaite, le terrible coup de lance dont il a percé de nouveau et tant de fois le divin €œur de Jésus.
Par un oracle du Ciel, l'impie, en tombant, verra, dans sa rage infernale, briller le siècle de Joseph, aux yeux de ses impurs coryphées.
Alors que la dynastie des Pharaons vocifère con-
ire les menaces d'une guerre d'envahisseurs, un grand Roi s'en va tracer le pacte d'or de la paix ; et la gloire vient sourire à ces vingt-sept années qui s'écoulent du siècle pour le fermer, et commandera à la Reine des Trois-Royaumes et au Sultan du Céleste-Empire de déposer à vos pieds leurs couronnes et leurs tardifs hommages.
Votre langage sublime et vos ardentes prières entraîneront à vos autels les tyrans de la Grèce et de Naples, puis bientôt, dans l'un de vos heureux successeurs, le monde verra l'unique Pontife-Roi prêcher les lois de la paix à toutes les nations évangélisées.
JOHANNIS MORGON.
(diocèse de belley)
ODE LATINE
A l A TRÈS-SAINTE VIERGE
Dùm florum calici satis adsit guttula roris
Oceano quem augent flumina Amoris, Ave!
Tu, Labarum affulgens, cujus lux aurea semper
Naufragiis vigilat sidera velut, Ave !
Brahmanum atra frémit mens; jam Sivae ara tremis
Hydras, errorum mœnia frangis, Ave I Crimina, caupouas solidares dira foventes
Jàm cohibe audaces omnia perpeti, Ave!
Mox tuus Italiâ Thabor splendescat in acri
Hic, régnante Pio, plebs canat omnis, Ave! Quàm tibi Gangetis vocilat,, sine Ixttore Tellus!
Imperium grates Mzabita reddit Ave.
Berberus instanti dùm tempestate triumphat,
Touarega in castris, o Mada! dat pium Ave. Propter Goncilium miseratio dat tua grande
Yitam homini, tibi dant Fuscus et Albus Ave. Ahua sacrï cordis Domina, in quâ gratia fulget
Iníìnita, tibi Roma redhalat Ave.
Tu, Fidei Genitrico, profugi spes, vera Magistri
Matrona, et pulchri Mater amoris, Ave!
Tu quae ex naufragio salvasti me, ondula rivi,
Divinae Genitrix-Gutta salutis, Ave !
Doctarum libi Musarum concedit honores
Ars tibi per terras, Laus Raphaëlis, Ave ! Schisma negans ! nunc scire tuiim nihil omnibus ad sit
Virgini adhùc seriim mox popa cantet, Ave. 0 Maria, inferni dominatrix âlia, furoris,
Gloria Goncilii posterions, Ave î Gallorumque Oriens Régis Regina superbi
Per te Livium olans mox dominatur, Ave 1 Gentibus aima tuis nunc nuntia fœderis acti ,
Immaculata pii Yirgo pudoris, Ave !
Tcssiœ 14 Octobre 1869.
A LA TRÈS-SAINTE VIERGE (traduction)
Une goutte de rosée suffit au calice des ñeurs pour les féconder, mais vous. Océan d'amour, à qui il faut des fleuves, je vous salue, ô Marie! Vous, Labarum des âmes ! vous répandez autour de vous une lumière d'or, qui éclipse celle des plus brillantes étoiles du firmament, pour veiller sur les naufragés, je vous salue!
Déjà frémit la pensée du Brahme idolâtre ; déjà s'ébranle et chancelle le temple déserté de Siva, et voici que vous brisez de vos divines mains les hydres et les remparts souillés de l'erreur : Je vous salue !
Oui, dévoilez et forcez les tavernes sataniques où les clubistes enragés vont tramer tous les crimes, eux dont le cœur ulcéré est capable de tout ; ô Marie, salut!
Que bientôt la perverse Italie voie resplendir votre Thabor, au sol dont il fut expulsé (Lorette), et que tout le peuple y vienne applaudir la gloire du règne de Pie IX ; je vous salue !
0 terre sans rivage ! Vous qu'acclament sous ce
nom les peuplades dégénérées du Gange, le Mzabite éclairé par votre culte vous rend ses actions de grâces; je vous salue!
Tandis que le Berbère moins sauvage triomphe des tempêtes que lui suscite le père du mensonge, le Touareg, instruit des lois de votre doux empire, vous offre dans son camp solitaire, ô divine Mère des nègres, ses pieux hommages : Salut!
Dans ce Concile œcuménique, ouvert par votre miséricorde, vous redonnez la vie au monde, le noir et le blanc et le jaune Mongolien vous dressent des autels, je vous salue!
Bienfaisante Dame du Sacré-Cœur ! en qui resplendit la grâce infinie, Rome vous rend le culte de tous ses enfants. Je vous salue!
Mère de la Foi! espoir du transfuge, véritable Matrone du docteur, Mère du bel amour, Salut !
Onde du ruisseau d'où découla la goutte qui enfante la vie, Mère de la Grâce divine, qui m'avez sauvé du naufrage. Salut !
Vous à qui la science des doctes Muses céda les honneurs et sa prestigieuse influence sur la terre, Mère des beaux-arts, gloire de Raphaël, je vous salue !
Schisme insolent, qoi crois faire trôner toujours dans les cœurs ton système de négations, ton savoir n*est plus rien; ton pope, revenu de sa crasse et ignoble ignorance, va rendre à la Vierge immaculée ses chants d'intègre amour et son tardif salut...
0 Marie, puissante dominatrice de l'Enfer jaloux, vous la gloire de ce nouveau Concile, Salut !
Reine dont la splendeur naissante surpasse toutes les grandeurs humaines, Maîtresse des Francs protecteurs de l'Orient, Souveraine de ce Roi magnanime et superbe, dont le lis dominera bientôt ses audacieux ennemis, je vous salue !
C'est maintenant, ô douce messagère de l'heureuse alliance que vous avez contractée avec les nations de l'univers, c'est maintenant, ô Vierge- Mère immaculée, que je vous salue avec bonheur dans le couronnement de vos humbles vertus, où resplendit avec le plus pur éclat votre Apothéose immortelle.
Salut à vous, salut trois fois, 0 Marie immaculée, Vierge-Mère de Dieu! ! !
JOHANNIS MORGON.
(diocèse de belley)
h NOTRE TRÈS-SAINT PÈRE PIE IX
Dieu défend ceux qu'il éclaire, Son secours n'est point trompeur ; Il est la pierre angulaire Où descend l'ange vengeur.
Lieutenant du divin Maître, L'orgueil veut te déchirer, Mais nous verrons disparaître Le conspirateur, le traître Ne sachant que t' abhorrer.
Quand de leurs coupables armes, Tout irait subir la loi; Quand la guerre et ses alarmes Rugiraient autour de toi ; Ton cœur plein du Dieu qu'il aime Resterait sans s'émouvoir :
Dans cette épreuve suprême, La grandeur du péril même Affermirait ton espoir.
Oui, tu daigneras entendre, 0 mon Dieu, ton serviteur, Tu te lèveras pour défendre Ton Pontife, ton serviteur.
Par l'erreur, par l'arrogance De toutes parts assailli, Tu demeures son espérance.
En ta force sa confiance Un instant n'a point failli.
Et vous que lasse l'attente.
Justes au cœur abattu, Soyez forts, que plus constante Se montre votre vertu.
Au ñot de la bonté sainte Retrempez votre vigueur; Sachez comprimer la plainte.
Sachez espérer sans crainte, Yoici le jour du Seigneur.
Il luit enfin ce jour, cessons l'attente, Le jour de grâce et de pardon.
Jour qui doit éclairer la victoire éclatante Du peuple élu sur Pharaon.
En vain, dans sa haine implacable, Contre l'Éghse il aura blasphémé ; Le Seigneur a vengé, de sa main redoutable,. Son oint trop longtemps opprimé.
Que son espoir, illusion grossière,
Se change en un subit effroi ; Gomme le vent fougueux soulève la poussière,
Qu'ils soient dirpersés devant toi.
Qu'à ton aspect hâtant leur fuite,
Par mille chemins ténébreux, Ils frémissent longtemps de voir à leur poursuite
Ton glaive qui frappe sur eux.
Dans leur audace ils te lançaient l'outrage. Ils te condamnaient au trépas; Ils avaient jour et nuit, pour assouvir leur rage,. Creusé des pièges sous tes pas.
Les voilà donc ces mortels implacables, Dans leur défaite confondus, Enlacés dans les rets aux fils inextricables Que leur superbe avait tendus.
Pontife, alors que croissait leur malice, Qu'ils tramaient leurs desseins affreux.
Tu veillais, tu priais, et, vêtu d'un cihce, Tu conjurais le Ciel pour eux.
Ils complotaient contre leur Père, Ils lui préparaient un cercueil ;
Aux aspirations du criminel sectaire Qu opposais-tu ? Ton âme en deuil.
Mais le Seigneur, Dieu de toute justice,
A pesé tes droits et les leurs, 11 accepte l'encens de ton long sacrifice,
Et met un terme à tes douleurs.
Tl t'arme de son assistance,
Contre eux éclate son courroux.
Son Archange apparaît, il a saisi sa lance,
Méchants, expirez sous ses coups.
Qu'ils soient comblés d'honneur et d'allégresse,
Les défenseurs de l'Innocent; Qu'ils soient remplis de jours, et qu'après leur vieillesse,
Les reçoive le Tout-Puissant !
Reine du monde, 6 Providence,
Celui qui se confie en toi Doit recevoir un jour le prix de sa constance,
Le Ciel couronnera sa foi.
Gustave DEMANGE.
Mireooart, en la féte des glorimx apôtres Pierre et Paul.
(DIOCË)E de 8AI^T«0lé|