XLV
Swclié de Mende,
« Mende, 18 octobre 1869.
« MoNsiEUK LE Directeur,
« On ne peut aimer l'Eglise, sans applaudir à tout ce qui tend à sa glorification; et on ne peut non plus aimer la France, sa fille aînée, sans être heureux de la voir figurer au premier rang des contrées qui saisissent toutes les occasions et prennent tous les moyens de lui off'rir le tribut filial de leur obéissance et de leur amour. Aussi est-ce avec bonheur que j'ai appris le noble et pieux projet, celui de la lyre française, inspirée par la foi 'des Clovis et des Clotilde, des Charlemagne et des saint Louis : elle fera entendre, dans des hymnes sans nombre, dont le concert formera comme un grand hymne national, la voix de la nation très-chrétienne (1). Inspirée par le cœur de la France, elle dira ce qu'il y eut dans le passé, ce qu'il y aura toujours dans ce grand cœur de tendresse dévouée pour le Vicaire de Jésus-Christ, et d'àdmiration pour la pensée qu'il a conçue de faire entendre au monde, avec sa grande voix, qui est bien la voix de TEglise, celle de l'Eglise elle-même tout entière.
(1) Cette parole de Mgr l'Evèqiie de Men<le est vraie de teut point ; les 600 pages de notre Album, glorifient, sous une admirable diversité de titres, l'Église de Jésus-Christ et les services qui lui ont été|rendus par ïa grande nation française, depuis plus de quatorze siècles.
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« Elle dira les vœux ardents de tous les cœurs catholiques, elle dira leurs espérances, appuyées sur les promesses divines ; et, pour sa part, elle aussi disposera les âmes à recevoir, à réveiller avec un saint respect, aux âmes pieuses, à méditer les oracles du Vatican, qui doivent faire briller à tous les yeux la céleste lumière, et ramener le calme après les tempêtes d'une époque tourmentée.
« Je m'empressc^^de souscrire à votre Album, et je voudrais pouvoir en favoriser la diffusion.
« Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma haute estime et de mon affectueux dévouement.
« f Jean-A.-Marie, évêque de Mende. »
E^êché (le Frejus et Toulon.
« Fréjiis, le 23 novembre.
« Monsieur,
« Si mes nombreuses occupations ne m'ont pas permis de vous remercier plus tôt de votre gracieuse communication, je ne veux pas, du moins, partir pour le Concile, sans m'acquitter d'un devoir bien doux à mon cœur.
« OiTrir à Sa Sainteté Pie IX un Album de poésie, dont ce vénéré et cher Pontife forme tout le sujet, est une heureuse et belle pensée. C'est là une preuve de filial attachement au Père commun de tous les fidèles.
Aussi ne puis-je que vous en louer et vous en féliciter bien cordialement.
« Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
« f J. Henri, Ev. de Fréjus et Toulon. »
Evêché de Carcassonne.
« Carcassonne, le 5 novembre 1869.
« Monsieur, ■
« J'ai bien vivement regretté que mes nombreuses occupations ne m'aient pas permis de répondre plus tôt à votre aimable et engageante lettre. J'ai été très-heureux d'apprendre que mon diocèse avait fourni quelques vers (1) à votre beau Recueil, et faurais été très-fier moi-même d'être rangé au nombre des collaborateurs de votre Œuvre ; mais les travaux qu'exige de moi la prochaine réunion duConcilene me permettent malheureusement pas de consacrer à la poésie une seule minute de mon temps. Permettez-moi, du moins, Monsieur, de vous féliciter cordialement de votre belle et chrétienne pensée, et veuillez agréer l'expression de mes plus sympathiques et distingués hommages.
« f François, Ev. de Carcassonne. »
(i) Le diocèse de Carcassonne est celui qui nous a donné le plus grand nombre de poètes. La Semaine religieuse du diocèse et un ami nous y ont admirablement secondé, il est vrai. C'est toute une pléiade gracieuse qui nous est venue de ce point privilégié du Midi. Faut-il s'étonner que des lyres nombreuses chantent les amabilités de la Foi, là où l'Evêque est héri. iier de la harpe du Psalmiste ?
Svêché da Puy.
(( Le Puy, 17 novembre 1869.
« Je vous autorise à me mettre au nombre des souscripteurs.
« L'Œuvre est bonne en soi assurément, l'entreprise honorable ; et je ne reconnais à personne le droit de se croire plus dévoué que moi au Saint-Père et à l'Eglise de J.-C.
« f P. Evêque du Puy. »
E^ècî.ié d'Arras.
« Jrras, le 3 novembre 1869.
« Monsieur,
« Absent depuis longtemps pour une tournée pastorale, je n'ai pris connaissance que bien tard de votre projet à'Album. Je joins bien volontiers ma souscription à celles dont l'ont déjà honoré un grand nombre de mes vénérables collègues.
« Agréez, Monsieur, l'assurance de mes sentiments bien dévoués en Notre-Seigneur.
« t S.-î3.-J.,Ev. d'Arras. »
Bvèc'ic d'Annecy,
« Annecy, le 25 octobre 1869.,
« Monsieur le Directeur,
« Ce n'est qu'aujourd'hui, et même par l'effet du hasard, que j'ai pu prendre connaissance de la lettre et du prospectus y annexé que vous avez bien voulu m'adresser sur la fin du mois de février dernier, au sujet de V Album de poésies à offrir au'^^Très-Saint-Père, à l'ouverture du prochain Concile. Cette lettre me sera parvenue sans doute au moment où j'entreprenais quelque course, et je l'ai si bien serrée, que je ne l'ai découverte qu'au» jourd'hui. Je vous fais mes excuses de ce retard involontaire que je m'empresse de réparer autant que faire se peut.
« Je ne puis qu'applaudir, Monsieur le Directeur, à votre ingénieuse idée, et je vous prie de m'inscrire au nombre des souscripteurs de votre Album, J'espère pouvoir sous peu, vous transmettre une pièce que je viens de demander à l'un de mes jeunes prêtres.
« Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de mes sentiments très-distingués.
t C. Marie, Ev. d'Annecy.
Evêclié de Saint-Claude.
« Saint-Claude^ le 6 octobre 1869.
« Monsieur.
« Je souscris volontiers et avec grand empressement à V Album de la Poésie catholique, que vous faites paraître à l'occasion du Concile, et pour être offert en hommage au Saint-Père. Je serai heureux d'y voir le faible tribut de mon diocèse.
<* 11 manque à ma collection de votre Semaine reli". gieuse le 1«'" numéro de 1868 que je n'ai pas reçu. Vous m'obligeriez beaucoup en me le procurant.
« Recevez, Monsieur, l'assurance de mes sentiments dévoués.
« Louis-Anne, Ev. de St. -Claude. »
Evèciié de Dijon,
« Dijon, le 18 octobre 1869»
« Monsieur^
« J'ai l'honneur de vous adresser en timbres-postes, la somme de f. 17. Cette somme solde : 1" les annuités 1868 et 1869 de Monseigneur l'Evêque de Dijon à votre Semaine religieuse; 2° sa souscription à Y Album de la Poésie catholique,
a Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
« V. SiLVESTRE, C. b. S. G.
PÍ^ÉFACE
Aa pied de cette colline de Four- Yière dont le sommet présente au regard l'image de la Mère de Dieu, de quelque point que l'on entre dans la ville des Martyrs et des aumônes, un signal a été donné; il a été dit: « La Poésie, c'est Fidiome divin ; c'est le langage par excellence de l'âme ; formons de tous les points de la France, ô chantres Chrétiens, un concert pour l'Église, pour son Chef visible, pour les Évêques^ au moment où va se réunir à Rome le Concile, et saluons de nos accords ces grandes Assises du Cathohcisme. »
Cette invitation, prononcée sur le seuil de la Primatiale de Lyon et celui du Sanctuaire de Fourvière^ a été redit par Fange de ces Eglises aux échos d'autres lieux saints, et quelques semaines ont suffi pour grouper un nombre imposant de lyres. -Sans avoir eu recours aux moyens ordinaires de la publicité, nous avons vu accourir pour la croisade harmonieuse, plus de poètes que n'en attiraient, dans la même cité, les jeux célèbres institués par un prince romain, à l'autel de Rome et d'Auguste, qui s'élevait au confluent du Rhône et de la Saône.
Plus d'une personne, d'ailleurs bienveillante, avait d'abord douté du succès de notre Album, en en voyant éclore le projet. Ce doute n'existait pas pour nous, alors même que le temps fût courte et que nous ne dussions pas nous dissimuler que le plus grand nombre des journaux rehgieux laisseraient passer près d'eux l'ange de l'inspiration chrétienne,sans s'apercevoirdesaprésenceet
sans répondre a sa demande. Quelquesuns ont admirablement accueilli le messager céleste^ et nous leur en témoignons ici tous nos remerciements pour lui. Si la presse catholique, moins distraite^ eût écouté et reproduit le cri de foi qui lui arrivait, notre manifestation poétique^ si belle d'ailleurs, fût devenue prodigieuse. Nous savons que beaucoup d'auteurs n'ont rien su de notre mélodieuse levée de boucliers, ou du moins qu'ils ont été informés trop tard.
Quelle vitalité de croyance et de génie^ cependant, dans cette France que tant d'influences mauvaises sembleraient avoir énervée! Que de qualités précieuses au fond de ce pays si fortement travaillé par l'action ténébreuse de l'abîme! On reconnaît en l'observant que la protection divine est là manifeste, et que la vertu apostolique semée sur le sol de notre patrie^ depuis saint Paul qui la parcourut, pour aller en Espagne, jusqu'aux martyrs de 93^ lui
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a donné une force énorme de résistance contrôle mal, et une égale énergie pour accomplir, dans les occasions solennelles, les œuvres de Dieu. Cette parole de nos aïeux est toujours vraie : Gesta Dei fer Francos.
Nous assistons aux dernières scènes de ce drame formidable, engagé depuis plus de trois siècles entre l'impiété et Terreur, et qui est à la veille de se terminer par le triomphe éclatant de l'Église. La célébration actuelle du Concile du Vatican^ au niilieu des ruines à la fois morales, religieuses et politiques qui couvrent l'Europe, est un fait éminemment providentiel. C'est la plus grande ironie que le Maître des mondes, dont le doigt mène et régit toutes choses avec nombre^ poids et mesure, ait jamais jetée, peut-être, à la face de l'incrédulité et de la révolution. Ce tribunal suprême est assemblé pour condamner les démences doctrinales de nos temps et pour confirmer à la face du monde
ìes traditions catholiques. Or, celui qui a tendu la main au Concile œcuménique pour le réunir, n'aura pas de peine à en couronner les travaux, par la pleine application de ses décrets.
Quelle est cependant la situation sociale, à l'heure qu'il est^ en dehors des grands coupables qui sont les ministres directs de l'athéisme et des complices qui en sont les propagateurs?
Des âmes choisies^ un peu dans toutes les conditions, vivent disséminées et sont, par leur foi et leur pureté, F objet des complaisances du Seigneur. Là se sont réfugiés tous les héroïsmes, tous les mérites, toutes les perfections. Si une circonstance venait à grouper ces âmes privilégiées, elles attireraient, pensons-nous, les esprits célestes, qui les visiteraient familièrement comme cela avait lieu pour nos premiers parents dans l'Eden. Ces véritables fils de la Justice sont destinés à préparer le règne
de Dieu vers lequel nous marchons et ils seront alors les envoyés de Celui qui commande en maître aux éléments, qui renverse les superbes, et qui en soufflant sur les puissances de la terre, les dissipe comme une fumée.
Nous laissons donc de côté les grands coupables qui outragent la Majesté Suprême avec une ardeur effrénée, et qui se déclarent les lieutenants de l'arcbange infernal Ceux-là n'éviteront pas les flèches des jugements d'En-Haut, et leur chute sera d'autant plus retentissante qu'ils auront affecté plus de frénésie, plus d'hypocrisie sacrilège.
Nous interpellerons seulement cette grande majorité des hommes qui, avec l'apparence du respect des principes, n'en sacrifient pas moins à l'indifférence perturbatrice de l'accord divin, à l'avidité qui pétrifie^ à Fégoïsme qui étouffe la sensibüité, au vice qui dégrade et rend cruel, à l'affaissement qui captive-
les élans de F âme et paralyse les mouvements du cœur. Au sein de cette presque généralité des individus, la poésie n'a point d'accès ; ces hommes ne s'élèvent plus dans ces régions supérieures où le Ciel se communique à nous avec ses lumières et sa douce influence. Rien de vraiment grand ne s'agite parmi ces créatures aplaties; le beau n'a plus le pouvoir de les transporter; les rapports avec eux sont d'un prosaïsme desséchant Le chiffre rigide, le froid calcul, les vues rétrécies, la médiocrité en tout, établissent leur servitude sur ce monde ainsi corrodé par un marasme qui atteint aussi bien l'esprit que le corps.
Se figure-t-on la désolation du juste^ plein des énergies et des mansuétudes évangéliques, jeté à travers ces foules adoratrices de la matière, et tellement rivées à leur servitude sensuelle qu'elles finissent^ en partie du moins, par s'imaginer remplir les desseins de Dieu lorsqu'elles en grimacent pitoyablement les
œuvres? L'ignorance domine là en souveraine et la vanité réussit néanmoins à y faire paraître de la science. La médiocrité, ce désespoir constant des natures d'élite, affiche son despotisme, et les choses vont se traînant dans un état de délabrement qui effraie*
Le Concile, barrière lumineuse entre un passé qui s'efface et un avenir qui paraît^ se trouve en face de cette société dont nous n^examinons ni les fraudes, ni les tromperies habilement calculées, ni les fortunes insolentes greffées sur la rouerie et les escamotages des mystères de la finance. Nous ne touchons pas non plus aux chapitres des mœurs, du luxe, de la prodigahté pour les choses vaines ou illicites, toujours suivies de lésinerie , lorsqu'il s'agit d'encourager ce qui a trait à la vie de l'esprit.
Le Concile édictera les volontés d'En-Haut, et la patience de Dieu étant lasse, ce sera le moment pour chacun de
choisir. Or, les endurcis, ies lâches, les prévaricateurs qui ne se soumettront pas seront exterminés. Les avertissements n'auront pas manque et la miséricorde ayant épuisé ses invitations^ la justice visitera les hommes. Tout ce qui ne sera pas trouvé doux, pacifi€|ue, croyant, charitable, sera retranché de la présence du Seigneur.
Les auteurs de V Album de la Poésie Catholique, eux que la tiédeur, le respect humain, la pente commune n'a pas retenus, appartiennent à cette partie fidèle que le Christ considère avec amour. Ils sont au nombre de cette postéritédes saints, et ils ne sont pas déshonorés par la rouille qui dévore le reste, ils ont manifesté une foi vive, et ont attaché un prix considérable à la bénédiction du Père commun des fidèles. Leur foi sera récompensée.
11 if y a donc pas seulement dans ce recueil un magnifique hommage
rendu au Concile, Févénement le plus mémorable du XIX' siècle, mais une haute leçon de sagesse et de généreux enthousiasme donnée à la dégradation et à Faffaissement moral de nos jours. Ce livre est une vive protestation contre les indécentes clameurs et les concilia- ^ bules de la libre pensée,, comme aussi un blâme jeté sur les écarts de certains écrits irritants sortis du camp religieux. Le Concile étant l'Église, et l'Église étant infaillible, certaines criailleries ont été une sorte de manque de foi et un mauvais exemple.
Paris, la ville du mirage par excellence^ la ville centralisatrice, la ville du scandale^ aura eu ses poètes chrétiens dans les pages de notre Album du Saint- Père, mais elle n'en aura pas eu l'honneur. Dieu ne permet pas que les fronts flétris, portant des stigmates^ puissent se couvrir des roses destinées au sacrifice. C'est peut-être parce que Lyon a' possédé, dès le onzième siècle, un autel
dédié à rimmaculée Conception, qu'il lui a été donné d'être la ville où se sont réunis nos poètes, pour aller exécuter leur concert sacré à Rome, tandis que les Pères du Concile, présidés par le Pape, auront fait leur entrée dans la cathédrale du monde, pour y prendre place dans la salle conciliaire.
Le vulgaire, et plus d'un esprit dédaigneux de parti pris, n'apercevront peut-être dans cette manifestation qu'une sorte de curieux concours dû à une active et heureuse témérité. Ce ne sont pas de pareils ramollis ou de tels suffisants que nous prenons pour juges»
Rien d'humain ne nous ayant guidé, et les intentions de nos poètes nous étant connues, nous considérons avec une conviction profonde cet hommage de FinteUigence au souverain Pontife^ comme un fait capital qui sera du domaine de l'histoire. Le Concile du Vatican F enregistrera dans ses fastes, comme une des circonstances les plus dignes
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d'attention que sa célébration ait provoquées et comme un des plus fermes témoignages d'amour exprimés à l'Église par le talent, dans une occasion si solennelle. Ce présent de l'inspiration poétique sera unique dans son genre, et comme l'intelligence, et surtout la poésie, sa forme la -plus étliérée, est la reine des choses d'ici-bas, il nous sera permis de placer ce don qui, par sa nature, doit demeurer pour la postérité, au - dessus des dons matériels déposés aux pieds de Pie IX.
Quels sont cependant les poètes qui composent notre essaim harmonieux?
Noos les signalons dans leur ordre alphabétique, auquel nous ne nous permettrons de déroger que pour donner la place d'honneur à :
EDOUARD TURQUETY, une grande voix de la tombe, dont le chant du cygne avait ici sa place marquée.
On dit à bon droit de ce créateur, en
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parlant de plusieurs de ses travaux :
Cela est beau comme Homère et les Livres Saints !
Viennent ensuite par ordre alphabétique :
M. ASTIER, une de ces âmes fortes comme elles abondent dans le diocèse de Nîmes, où Ton vit encore et où Ton mourrait pour la foi.
M. ANDREVETAN , une nature alpestre et qui en a Foriginalité.
M. ANGER, un esprit supérieur, qui forma longtemps les jeunes lévites dans les saintes lettres, et- qui actuellement, dans sa retraite laborieuse, cultive avec un succès égal la muse latine, la muse française, les études orientales.
Mlle AMIGUES, une âme nourrie à l'école de sainte Thérèse.
M. ANCÉ, M. ALBOISE, M. ANDRIEU, M. AïGUEPERSE, des hommes de Dieu,
qui, après avoir répété au temple les psaumes du Roi-prophète, en écrivent eux-êmes dans leurs moments de loisir.
M. ÂULâRD, un patriarche de Fharmonie.
M. BOURRELLY, un félibre proven-cal, héritier de la lyre des troubadours,
M. BURGADE, un investigateur des archives des temps passés, dont il répand le parfum dans ses rapports et dans ses travaux poétiques.
M. Hector BERGE, un disciple de Lamartine et de Victor Hugo, au temps de leur heureuse renommée-
M. BOURGOIN, un de ces chantres de la province qui ne le cèdent en rien en mérite aux poètes prônés à Paris.
M.'BOUDEYILLÂIN, M. BASGÂNS, M.
BARBIER, trois mérites cachés comme il en est tant à notre époque, où la médio-
crité tapageuse occupe injustement une place imméritée.
Mme BARUTEL, lauréat de l'institut, un talent aussi naturel que gracieux et solide.
M. Jules BASSET, une bonne volonté que Ton aime.
M. BRUN (Marie), le zèle personnifié du bien.
M. De BAUMEFORT, un chevalier, un ami des voyages d'arts un archéologue, un poète agréable.
Mme CAYAÎLLEZ , la foi qui prie et qui chante devant le crucifix et la madone, dans le sanctuaire de la famille.
M. BRIAULT, M. CARBONEL, deux prêtres qui réveillent le psaltérion de la Bible.
M. COURDOUAN, Famour de la vérité, la foi des vieux âges, la simplicité antique.
M. Joseph CARSIGNOL, le poète qui a visité Rome, qui en a baisé les reliques et respiré la poésie, qu'il s'efforce de reproduire dans ses chants frappés au coin d'une piété ardente.
M.CAUBLOT, M. CHiMSON, M. CONS- TANTIN, trois hommes du sanctuaire que le zèle de la maison de Dieu dévore, et qui l'expriment en langage mesuré.
Mme Eugénie GAZ ANO VA, de Zicavo, une autre Desbordes-Yalmore, avec plus d'énergie dans la voix et une foi mieux accusée.
M. CAMINAT, un poète de la bonne école, qui médite les fortes conceptions de Michel-Ange, les chants vigoureux de Dante.
m:.GHARTIEZ, une organisation éminemment poétique, carrière interrompue par l'infortune.
M. Henri GÂLHIAT, un Millevoye catholique.
Mme Flavie CABROL , une Racliel qui pleure un fils atteint d'une maladie incurable, et dont la foi espère en la sainteté de Pie IX, pour obtenir une guérison par un prodige.
M. Jean CAL VET, M. Léon GROS, M. AbelCHÂUVET: la loyauté, la piété, le zèle du beau leur mettent la lyre à la main.
M. Gustave DEMANGE, la croyance vivace des pays montagneux, et qui avec de la culture conserve les parfums de la solitude.
M. l'abbé DONÎS, une belle intelligence du sacerdoce catholique, un brillant satellite de cette éminente illustration de la pourpre qui se nomme le cardinal Donnet.
M. L. DROUX, une fleur agreste du Jura, mais avec toute la vivacité de ses couleurs et de son arôme natifs.
M. Fabbé DAUJARO, un disciple de saint François de Sales, qui trouve des heures pour répandre son âme dans des vers bien frappés.
M. Emile DESGHAMPS, un émule de G. Nodier, une des plus délicates individualités de cette grande école lyrique dont Lamartine fut l'initiateur.
M. DADOPi, un lévite de la loi nouvelle.
M. Fabbé FAYET, un philosophe catholique, un poëte à la diction pure, au langage dicté par la Bible.
M. FÉRAUD, M. FANIER, deux mérites dont la parole captive.
M. FITERRE, un conteur aimable, la foi qui chante.
M. le docteur FRESTIER, un homme de la science qui sait exprimer en vers de pieuses pensées.
. M. Eugène GALÂIS, im jeune chantre très-heureusement doué.
M. GIRARD, pèlerin de la Terre- Sainte, le défenseur des Saints -Lieux, directeur infatigable de VOEuvre religieuse de r Orient^ justement aimé des vénérables Évêques de ces pays, qu'avec quelques dons on peut régénérer.
M. GAY-TRÉHU, un croyant, un sage, un homme de méditation.
M. l'abbé GIRAUDET, une lyre harmonieuse.
M. D. GINOUX, un chantre chrétien.
M. Georges GARNIER, une nature douce qui module de délicieuses prières sur les falaises de la Normandie, où le flot murmure et unit son hymne à celle du poète.
M. P. GADRAT, un autre Jean Reboul, qui allie le travail manuel au doux labeur de l'intelligence.
M. Armand GRANEL, une voix éclose des accords que fait encore entendre la harpe des Méditations.
M. l'abbé GANNAT, un poète à la parole mâle autant qu'inspirée.
Mme Pauline HENRY, une mère pieuse, ange qui veille sur la famille, en répandant au dehors sa charité, et qui, à ses heures, glorifie les amabilités de la religion.
M. le Comte D'HUMIÈRES, un digne fils des Croisés.
M. J AME AUX, un vétéran du sacerdoce qui a des strophes pour exalter les principes, d'autres pour flageller les tendances subversives.
M. JOBEY jeune, le père de famille des âges de foi, pèlerin de Rome, défenseur des bonnes et vraies traditions.
M. G. De KERHARDÈNE.le narrateur de ses voyages en Palestine, le collabo-
raíeur de Micliaud, le poëte légendaire.
Mme Marie De KERHARDÈNE, nous l'appellerons la violette qui s'épanouit à côté du rosier.
M. ÂULÂRD, baron de KîNNER, uo sage, un de ceux dont un grand écrivain a pu dire : Je suis vieux, écoutez les paroles d'un vieillard.
M. Victor De LAPRADE, le poëte le plus justement en renom des temps présents, honneur de Lyon par sa résidence ordinaire, gloire de Paris comme membre de l'Académie française.
M. le Marquis De LAINCEL, poëte qui unit l'énergie à la grâce, et dont les travaux critiques ou d'humour^ prouvent que G. Nodier n'est pas mort entièrement.
M. Auguste LESTOURGIE, un des chantres que prendrait aujourd'hui l'Equité si elle devait former en France une pléiade contemporaine.
M. Fabbé Y. DeLESTANG, M. l'abbé LEMÂÍRE, deux vétérans du sacerdoce, qui retrouvent la vigueur du jeune âge pour célébrer le Christ et la Vierge Immaculée.
M. J.-P.-M. LESCOUR, une de ces âmes à forte trempe du pays breton, dont les poésies ont la vivacité de celles des anciens bardes, dans ce même langage des Celtes encore conservé sur ce sol où les traditions demeurent. M. Lescour, à l'énergie antique, à la piété des âges de foi, unit une sensibilité exquise et des formes non moins aimables.
M. J. - M. LE JEAN, M. MÍLIN , M. PRIGENT, trois autres bardes bretons, avec les qualités de M. Lescour, leur doyen, leur président.
Mme MARIE LECORPS, une charmante muse chrétienne.
M. l'abbé LOMINY, un poète nourri de la lecture de la Bible.
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M. Victor LAC de BOSREDON, un chantre de l'école des Odes et Ballades^ avecle catholicisme d'Edouard Torquety.
M. l'abbé LESAGE, un poète qui chaiitejors même qu'il peint des choses belles, mais peu susceptibles d'ornements, et qui a des idées et des images pour ]es célébrer.
M. De LÂUGERIE, un chevalier, un croisé de la parole.
M. l'abbé LAMOUROUX, la foi qui agit, l'enthousiasme du bien et du vrai.
M. F. MAURY, un autre poète qui choisirait l'Équité si elle avait à composer une pléiade.
Le fr. MARÎE-SYMPHORIEN, la contemplation du cloître^ l'amour du Crucifix, le goût de la prière.
M. Charles MARTEL, M. Charles SOULEYROL, deux adolescents, deux cousins^ petits-fils d'un homme de ia
science aujourd'hui un Siméon qui, avant de dire son NuncldimiUis^ voudrait voir, si FÉglise le trouve juste, Marie-Ange, celle qu'il croit pouvoir appeler la Sainte de Béziers, et dont il a écrit la vie toute surnaturelle, béatifiée.
M. FÉLIX MARQUÉS!, un artiste distingué de la Normandie, une supériorité qui, comme|Micliel-Ange, à la palette du peintre unit^a lyre du poète.
M. JoHANNis !MORGON, le chantre voyageur, touchant également bien la lyre latine^et la lyre française.
M. l'abbé MESNARD, M. Fabbé MINGASSON, M. Fabbé MANUEL, une triade qui ! monte à Fautel, au marbre duquel elle attache Finstrument divin docile sous ses doigts.
M. MAHON DE^MONAGHAN, un philosophe catholique, unMillevoye chrétien.
xM. MAYRÉ, une aurore poétique que la culture rendra un beau jour.
M. Alphonse MARTIN, la simplicité, mais la sincérité du chrétien.
M. MÉGURY, encore une aurore pleine de promesse.
M. P. MAURÍÈS, un cœur qui aime Dieu et qui Flionore.
M. AcmLLE MILLIEN, poète qui rappelle Virgile dans les Géorgiques, Théocrite dans YIdylle, Soulary dans le sonnet humouristique, Gœthe dans la légende; le tout forme un esprit plein de distinction et d'originalité. M. Million a atteint aujourd'hui beaucoup de perfection littéraire.
M. Théobald NEVEUX, c'est Lefranc de Pompignan dans ses meilleures odes.
M. Stanislas NEVEU, grâce et fermeté dans les vers.
M. Louis OPPEPIN, il mérite le titre d'un de ses recueils : Le Barde aux pieds de Marie.
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LeFr. PAGÈS, un survivant des âges de foi.
M. Fabbé PEYRET, la fidélité, la foi agissante, le cœur, un prêtre selon l'esprit de l'Évangile.
Mlle Marïe-âmélie PROST, Mme RI- CHARD, deux personnes qui4)nt l'expérience des hommes et des choses, et qui ont de bonne heure embrassé la subhme folie de la Croix.
M. Adrien PELADAN, qui ne nous permet de parler de lui que pour rappeler les 25 années de sa vie consacrées à la glorification de FÉglise^ et pour dire qu'il a écrit dans Y Album, le prologue^ l'épilogue et trois autres pièces qui complètent le plan auquel devait répondre l'ouvrage.
M. Adrien PELADAN fils, jeune érudit dont de vieux savants recherchent la conversation et louent le tact médical et les connaissances nombreuses.
M. PRACHE, M. POSTEL, Faffirmation de la croyance dans un siècle indifférent.
M. Fabbé PECH, nous l'appellerons volontiers un fori devant le Seigneur, parce que sa poésie a des accents qui révèlent un caractère élevé, des idées lumineuses, l'intelligence des temps mauvais que nous traversons.
M. Paul PiEYNAUD, âme droite, forte conviction, dévouement à toute épreuve, cette loyauté qu'un poëte épique choisirait pour un type de l'amitié.
M. l'abbé ROBIN, M. l'abbé REVER- TÉGAT, la vertu sacerdotale qui fait l'œuvre de Dieu sans préoccupation humaine.
M. le chanoine RÎBIERE, administrateur, directeur de la jeunesse, revêtant d'atours naturels les leçons qu'il présente; sage, dont les discours s'adressent avec fruit à tous les âges.
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M. ANTON Y RÉNAL, aujourd'hui dana la tombe, mais dont le charme poétique vit dans la mémoire de tous ceux qui le connurent.
M. Camille REY, le cœur droit qui exprime ce qu'il sent.
M. l'abbé TURC Y; ses œuvres accusent deux fortes études, les plus grandes au point de vue littéraire : la Bible et Homère.
M. J.-B. VALLÉE, l'amabilité del'âge mûr qui retrace des souvenirs ou peint de douces impressions.
M. VAUCHOT, la simplicité qui prie avec confiance.
M. Louis de VERRIERES, le Soulary chrétien du Limousin, le poète du sonnet, l'appréciateur des sonnettisteâ :
ces mots renferment tout un éloge.
Enfin vingt-cinq ou trente auteurs dont nous omettons les noms, ou qui
ont signé par de simples initiales : ces poètes luttent avec leurs confrères^ de mérite, d'originalité, de charme, d'élévation.
Cette longue énumération faite, que dirons-nous de FEpiscopat français, relativement à Y Album du Saint-Père?
Le nombre imposant des Evêques qui nous ont honorés de leur souscription et qui nous ont adressé des encouragements si touchants, sont pour nous comme une cassolette de parfums exquis, que nous tiendrons dans nos mains avec amour et dont la vue sera toujours pour nous un sujet de joie. C'est à peine si nous oserons faire remarquer que les préparatifs de départ de nos vénérés prélats, leurs travaux pour le Concile, ont coïncidé avec la publication de V Album et ont sans doute empêché plus d'un d'entre eux de nous donner aussi son précieux suiTrage.
Nous ne saurions clore ces ré-
flexions, sans nous réjouir devant ces listes nombreuses de souscripteurs qui, protestant contre Finertie actuelle des âmes pour les actes de foi qui demandent un dérangement, nous ont spontanément apporté leur généreux concours.
C'est là un dédommagement qui nous fait oublier la longueur de nos veilles, la persistance de notre sollicitude pour atteindre le but désiré.
Oui, oui, ô poètes aimés, heureux confidents des anges qui vous prêtent leur voix, oui^ chrétiens qui vous êtes réunis à nous pour écouter nos poètes et pour participer à leur hommage solennel au Saint-Père, votre action est belle, votre conduite digne d'admiration. Et nous, qui n'avons fait que deviner votre pensée et vos dispositions, en vous conviant à cette pacifique croisade, nous ne pouvons achever d'écrire ces lignes sans nous sentir attendris.
C'est que vous nous avez révélé tant de respect pour nos dogmes saints, tant
d'amour pour Jésus - Christ^ que nous bénirons jusqu'à notre dernier jour l'occasion qui nous a fait connaître ces riches trésors de génie et de tendre piété possédés par notre France adorée.
Exaltez, exaltons à l'envi Pie IX, notre souverain Pontife, le concours de nos Evéques, l'Eglise en un mot, cette mère céleste qui nous reste toujours, quand tout nous abandonne dans ce monde menteur. C'est l'unique pensée de ce livre, et nul n'oserait avancer qu'elle n'ait pas été couronnée de succès.
La Commission de l'Alhum>