‹ La France actuelleChapitre 117 sur 288 · ET COOPÉRATIVES · texte numérisé non relu

ET COOPÉRATIVES

Les caisses d'épargne ont élé établies en France, depuis une soixantaine d'années. La caisse d'épargne de Paris fut fondée en 1818 ; c'est la plus ancienne. En 1882, leur nombre dans toute la France, s'élevait à 544 avec 926 succursales.

Cette institution possède ici un caractère privé et elle est soumise à des lois spéciales.

En 1881, on y apporta quelques réformes; la somme maximum qui peut èivQ déposée fut portée de 1.000 à 2.000 fr. et ce dépôt peut être effectué en une seule fois et non, comme autrefois, par fractions de 300 fr. Ces modifications ont eu pour conséquence d'augmenter considérablement les fonds confiés aux caisses d'épargne et le total des sommes déposées s'élève aujourd'hui h 2.2CiÙ.000.000 fr. ce qui entraîne pour l'Etal, un service d'inléréts se chiffrant annuellement par une somme de 88.000,000 francs.

L'adniinistrallon des caisses d'épargne est confiée à un comité de direction composé d'hommes ayant une haute situation politique ou financière et exerçant gratuitement ces fonctions. D'après la loi, les comités de direction sont tenus de remettre hebdomadairement aux caisses 'de perceptiçn des rentes de l'Etal, la totalité des dépôts de la semaine. Les caisses de perception payent, pour ces somnres un intérêt qui ne revient pas, en entier, aux déposants ; l'excédent est destiné au fond de réserve des caissos d'épargne, fond qui s'élevait en 1882, à la somme de 36.000.000 de francs.

En 1835, 121.526 déposants avaient confié une somme de 62.185.000 fr. aux Caisses d'épargne. Un demi-ôiècle après, en 1885, le nombre des déposants s'élève à 4.926.391 et le total des dépôts atteint le chiffre de 2.212.983.891 francs. En 1835, la

moyenne pour chaque déposant est de 511 fr. 70; elle est en 1885 de495fr. 51.

Le chiffre de 5 millions de déposants versant leurs économies <^aTis les caisses de i*Etat, donne une idée de la confiance que celui-ci inspire au public et du crédit dont il a toujours joui, même aux époques où la France traversait les crises les plus violentes.

Nous parlerons au chapitre du service des Postes et Télégraphes tes) des caisses d'épargne postales et du succès quelles ont eu auprès du public. En additionnant la somme de 150.(X)0.000 du fr. qui représente le total des dépôts accumulés dans les caisses d'épargne postales à celle de 2.212.983.891 que donnent les caisses d'épargnesordinairesnousarrivonsà un total de 2.362.983.891 fr. Tel est le capital inverti, en France, dans les caisses de ces institutions.

La planche X représente, graphiquement, les sommes déposées en France, dans les caisses d'épargne ordinaires depuis 18i'4 jusqu*à Tannée 1882, inclusivement. Un simple coup d'œil suffit pour faire voir (jue la somme des dépôts a suivi, en général, une progression ascendante interrompue seulement pendant la période 1847-1849 qui marque la fin du règne de Louis Philippe et le commencement de la deuxième république. Les désastres de 1870-71 font baisser le chiffre des dépôts qui, à partir de 1872, reprennent leur marche ascendante avec une progression plus marquée que jamais.

La troisième république a donc été favorable au progrès de cette institulion dont le principe est conforme aux qualités de travail, d ordre et d'économie qui caractérisent le peuple français.

Les dépôts des caisses ordinaires se subdivisent ainsi d'après les localités :

Noml»rc Localités de déposu^its.

Paris, 1 caiss* d'épargne 493.000*

Département du Nord,

27 caisses d'épargne.. 187.000

Département du Uliône ,

6 caisses d'épargne. . . 208.000

Département de la Seine- Inférieure, 12 caisses d'épargne 159.000

Département du Cantal

4 caisses 119.330

1. Le nombre de déposauts à Paris atteint le ciuqui«>nie de la population totale ; celle proportion n'est pour le reste de la France, que dans le rapport

Sommes

Moyenne

dÔl)0!:ié«S.

par dùposanl.

209 Ir.

CAISSE D ÉPARGNB, ETC. 321

Dans le Cantal, la moyenne par déposant est remarquable par son chiffre élevé ; il en est de même pour d*autres départements, comme la Lozère (600 fr. par déposant) et la Haute-Loire (500 fr. par déposant) dans le centre de la France.

Dans le Morbihan (Bretagne), la moyenne par déposant est de 618 fr. et elle est de 637 fr. pour la Corse. Nous trouvons là une preuve de Tesprit d'économie et du caractère persévérant des habitants de ces quatre départements.

Dans le département de la Haute-Savoie, Tépargnc est presque inconnue; les dépôts s y chiffrent pour une somme de 649.000 fr. avec une moyenne de 223 fr. 50 par déposant.

La somme de 2.362.000.000 fr. accumulée dans les caisses d'épargne n'est qu'une part de l'épargne française qui trouve d'autres emplois comme les soucriptions aux emprunts de l'Etat et aux valeurs émises par les villes et les départem-înts.

Une autre est consacrée aux valeurs étrangères et c'est l'épargne française — on peut même dire la petite épargne — qui a permis d'entreprendre les immenses travaux de Suez et do l\anamaetla souscriptionà nombre de titres de puissances étrangères.

La dette consolidée de l'Etat se chiffre par 25 milliards de francs ; celle des villes et départements par 7 milliards et la presque totalité de cette somme est placée en France.

Si on ajoute à ces sommes celles déposées dans les caisses d'épargne, on arrive à un moyen termi; (jui est d'environ mille francs par habitant, sans compter les capitaux converlis en emprunts étrangers, établissements de crédit, sociétés diverses industrielles, agricoles, etc.

liCS Français |)3uvent donc dire, avec orgueil, que leur pays est le plus riche du monde et celui où la richesse est plus divisée que partout ailleurs.

<1c 1 à 8. La moycniio par déposant à ParU n'atteint pas la moitié de la moyenne générale calculée pour le reste de la France, ce qui indiquerait que» dans la capitale, les dépoi^ants appartiennent, en général, à la classe pauvre* et, en effet, la moitié des dépôts est représentée par des sommes inférieures à 20 francs.

o2â TROISIÈME PAHTIK.

SOCIETES DE SECOURS ]iIUTUEL.S

Ces sociétés ont acquis en France un grand développement depuis 185i2. Leur législation, qui date de l'année dernière, les classe en deux catégories : celles qui sont flM^>mc'c's et celles qui sont simplement approuoties. Le nombre des premières était, en 185^2, de 2.438 et celui des secondes de 50, avec un clii-fTre de sociétaires de 2.201 et un capital total de 10.700.000 francs. En 1883, il y avait déjà 2.130 sociétés autorisées et 3. 366 sociétés approuvées, soit un total de 7.496 sociétés de secours mutuels avec 307.217 adhérents et un capital de 114.700.000 francs.

Dans l'espace d'un demi-siècle le nombre des sociétés de secours mutuels a augmenté dans une proportion qui dépasse le rapport de 1 à 3; le nombre des adhérents a augmenté suivant un rapport qui dépasse celui de 1 à 133 ; leur capital s'est accru comme 1 à 10,77.

LaplancheX représente, graphiquement, la progression continue des fonds de réserve des sociétés de secours mutuels. Une légère dépression est à noter dans la courbe pendant la période 1868-1870, mais à partir de cette époque elle reprend sa marche ascendante sans interruption. C'est à la caisse nationale de dépôts et consignations que sont déposés les fonds de réserve do» sociétés de secours mutuels.

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