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IMMIGRATION DANS LES COLONIES

Nous avons vu précédemment le rôle important que joue dans le dénombrement de la population l'immigration de l'étranger eu France ; il n'est pas non plus à négliger en ce qui concerne les colonies.

Pour TAlgérie les chiffres officiels des derniers démembrements de la population donnent :

y*» Année IS86, Territoire civil. Population 3.324.475 habitants.

.2*» Amiée 1886,

Commandement militaire 585.924 habitants.

Ensemble 3.910.399 habitants.

3^ Année 1881.

Territoire civil. Population 2.822.947 habitants.

Commandement militaire 487. 465 —

Ensemble 3.310.412 habitants.

Résumé :

1886 3.910.399 habitants.

Augmentation 599.987 habitants.

Voici la population des six principales villes de TAlgérie :

Habitants 1881 Habitants 1886 Augmontation

Alger 70.747 74.792 4.045

Oran 59.377 67.681 8.304

Constantine 42.721 44.960 2.239

Bône 28.536 29.6i0 1.104

Tlemcem 25.370 28.204 2.834

Philippcville 18.329 22.177 3.848

Le tableau suivant donne pour T Algérie le mouvement de la population par nationalités (non compris les militaires).

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En rapportant ici quelques mots sur l'histoire de la population coloniale en Algérie, nous relevons qu'en 1856 il n'y avait en Algérie que 159.282 Européens qui s'y étaient établis. En 1861, le chiffre a atteint 192.801 Européens établis. En 1861, elle dépassait déjà 200.000 individus. Depuis lors, les conditions d'existence des colonies s'étant améliorées, la vie s'y est normalisée : le nombre des décès a été graduellement inférieur à celui des naissances, si bien que, si les chiffres qui se produisent depuis 1853 persistent, la population Européenne de l'Algérie aura doublé en 56 années. La France, elle, y mettrait 141 ans ou même 150, attendu que depuis ces calculs, la décroissance d'augmentation, comme nous Tavons vu, s'y est assez fait sentir.

L'Algérie peut, de la manière dont s'est successivement groupé rélément colonisateur européen, soutenir avec avantage le parallèle avec les colonies anglaises de l'Australie, mais il faut compter avec l'élément étranger en Algérie, et suivant la « Démographie figurée » du D' Ricoux, voici les chiffres qu'il fournit, d'après le recensement de 1876, pour la population europée>\\e de l'Algérie.

Français 165.700

Espagnols 92.500

Italiens 25.800

Maltais 14.200

Allemands 5 . 700

Autres nationalités 17.500

Populations diverses 8.900

Total 320.300

Soit environ 50 0/0 de Français seulement. Depuis 1876 le mouvement colonisateur ascendant des Espagnols en Algérie n'a pas discontinué et a causé des inquiétudes sérieuses, soit aux publicistes, soit aux administrateurs ; à ce sujet, ils peuvent se rassurer s'ils s'adressent à l'opinion des colons français de l'Algérie, les premiers intéressés ; le colon français sera toujours considéré par l'indigène comme plus maître dans le pays que ne peut l'être le colon espagnol ou d'une autre nationalité. Le point essentiel est que la protection la plus efficace soit accordée à l'indigène, afin que, peu à peu, l'assimilation se fasse avec l'Européen. Elle a offert et offre encore des difficultés à peu près insurmontables. Pourtant encore une d'entre elles, la plus sérieuse est celle des croyances religieuses, question délicate qui pendant de longues années encore sera un obstacle infranchissable entre les indigènes d'Algérie et les colons français. La France, quand même, poursuit en Algérie une œuvre de civilisation qu'amènera

après rassimilation de toutes les races qui peuplent cette vaste région.

En France, ce qui a toujours entravé l'expansion coloniale, c'est un attachement prononcé pour le sol natal, qui est venu presque toujours contrebalancer les efforts des gouvernements pour arriver à faire de la nation une puissance coloniale de premier ordre, bien entendu dans l'intérêt de la métropole. Enfin, Ton a compris que, s'il était difficile de tirer parti des nationaux, il était possible d'utiliser les étrangers, d'assimiler les indigènes des possessions françaises. Cette voie est très pratique et les gouvernants la suivent tellement aujourd'hui, qu'ils sont disposés à tous les genres de protection qui pourront amener l'augmentation des populations mixtes dans les colonies françaises ; on s'inspire assez de ce qui s'est passé aux Etats-Unis où les nationalités les plus diverses se sont très naturellement agglomérées pour former un tout d'une très graude prospérité.

Nous croirions laisser une lacune, si nous ne disions pas un mot de la question des salaires qui joue un rôle très grand dans celles d'immigration, d'émigration et par conséquent de colonisation.

Ainsi il est un fait notoire, enregistré par l'économie politique, c'est que dans les pays tels que l'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne et la Chine, où les populations sont très denses, les salaires sont excessivement bas, et alors il se forme de ces pays un courant tout naturel vers des contrés telles que le Brésil, les Etats-Unis, l'Australie, où les populations sont clairsemées et les salaires élevés.

Il est à remarquer qu'en Italie, non seulement les salaires sont bas, mais les bras abondent, le travail manque et le courant des émigrations y est plus fort que partout ailleurs. En France, par contre, l'écueil à l'émigration est l'élévation des salaires. En outre, après les chiffres que nous avons présentés et les considérations générales qui les accompagnent, nous devons conclure que si la décroissance de l'augmentation de la population en France la met dans une espèce d'infériorité vis-à-vis des autres puissances pour arriver avec ses propres éléments à être une des plus grandes nations colonisatrices, il faut donc que le gouvernement, les législateurs parent aux inconvénients signalés, en prenant toutes les mesures opportunes qui tendront à faire bénéficier la France de l'écoulement des produits de son industrie, tout en activant son commerce avec les pays lointains; alors l'expension coloniale se fera toute seule, quand le mouvement général aura été intelligement imprimé malgré les difficultés à vaincre.

384 QVATHIÈHE PARTIE.

TABLEAU DES ÉHIGRA^ITS FRANÇAIS l'AR PORT D'EMBAROl'VMK^fT (aNNÉE 188i},

RiUTS d'Embirqainirol.

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