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Le numéraire compris dans cette somme ne représente pas la totalité de la monnaie métallique transportée en Allemagne. Le monnayage allemand a démonétisé, en effet, 847 millions de francs en pièces d*or françaises, dont :
273 millions fournis par le gouvernement français 245 — achetés à la pièce, en Allemagne. 287 — achetés au poids, en Allemagne. 42 — achetés au poids en Angleterre.
Total: 847 millions *.
{, La perte probable pour la France a été de 1 milliard en or et une rentrée de 300 millions en argent, ce qui représenterait une perte fmale pour le stock métallique de 100 millions de francs, soit de il à 14 0/0.
L'adoption de Tétalon d'or par TAUemagne avait eu pour conséquence de faire refluer sur la France de Targent, et le gouvernement français devait naturellement profiter de cette circonstance pour frapper avec de Targent allemand des pièces de 5 francs qu'on pouvait comprendre dans les versements. Sur les 239 millions de francs versés en argent àrAllemagne,92 millions ont été frappés en pièces de 5 francs avec des lingots allemands.
S*" catégorie. — Cette troisième catégorie de payements s'élève à 4.248.326.374 francs 26.
Elle se subdivise ainsi:
Valeurs allemandes libératoires 2.799.514.183 fr. 72
Valeurs autres qu'allemandes y compris
les marcs Banco 1.448.812.199 fr. 54
Total 4.248.326.374 fr. 26
Décomposée en monnaie, cette somme donne :
Thalers 2.485.313.724 fr. 04
Florins de Francfort 235.128.159 79
Marcs Banco 265.216.990 40
Heichs Marcs 79.072.309 89
Florins de Hollande 250.540.821 46
Francs de Belgique 295.704.546 40
Livres Sterling 637 . 349 . 832 28
Total 4.248.326.374 fr. 26
La France a, en réalité, fait passer à l'étranger le plus de capitaux possible, en prenant tous les changes qu'elle pouvait acquérir sur quelque pays que ce fût, et a ensuite dirigé sur TAUemagne tout ce qu elle avait apprivisionné ailleurs.
Si nous prenons comme type le change sur Londres, nous trouvons que le cours moyen auquel ont été faits les achats est de 25.4943. Du mois de juin 1871 au mois de septembre 1873, le cours le plus bas coté a été de 25.21 1/4 en juin 1871, et le cours coté le plus élevé a été de 26.18 3/4 en octobre 1871.
En 1872 le cours coté le plus bas a été de 25.26 i/4 en avril.
En 1872 le cours coté le plus élevé a été de 25.68 1/2 en novembre.
En 1873 le cours coté le plus bas a été de 25.33 en mars.
En 1873 le cours coté le plus élevé a été de 25.57 en juin.
Ces variations sont très faibles, si Ton considère l'importance des changes à effectuer.
Dans le nombre des opérations qui ont amené sur le marché de Paris l'énorme quantité de lettres de change sur lesquelles on a pu faire toutes les transactions relatives au paiement de Tin-
demnitc de guerre nous nous bornerons à signaler les procédés employés par le Trésor français pour réunir un portefeuille en valeurs étrangères.
Ces procédés sont au nombre de quatre :
1° Faciliter la souscription première des emprunts à l'étranger ou, ce qui revenait au même, le paiement en valeurs étrangères de souscriptions faites en France.
2» Faciliter les anticipations de versements faites à l'étranger, ou faites en France en valeurs étrangères.
3° Combinaison d'une opération de change avec la garantie donnée à la souscription de l'emprunt de 3 milliards par les maisons de banque.
i" Acquisition directe sur la place.
La souscription du premier emprunt a fourni 213 millitms de francs, et la souscription du second 389 millions de francs en changes étrangers. Les libérations ultérieures su..!cessives ont donné sur le premier emprunt 186 millions et sur le second 985 milUons de change; de sorte que par ces deux procédés, le Trésor a réuni 1.773 millions de francs en valeurs étrangères.
Un traité fut passé par le Trésor avec un syndicat formé de toutes les grandes maisons de banque de l'Europe pour la fourniture de 700 millions de francs en change.
Les souscriptions aux emprunts français et les libérations successives àFétrangeravaient produit par le change . 1.772.000.000
Le traité conclu avec le syndicat de banquiers avait fourni 700.000.000
Ensemble 2.473.000.000
Le reste, soit 1.774.000.000
a été successivement acheté sur place, sans que les changes aient atteint des cours aussi élevés qu*on aurait pu s'y attendre. On ne peut expliquer ce fait que par Thabileté avec laquelle cette vaste opération a été conduite : ont contribué beaucoup l'action du commerce, et surtout l'épargne de la France qui perçoit nombre tle coupons do valeurs étrangères. Il y eut alors des titres étrangers exportés en grande quantité, et il en est resté en France des (juantités plus considérables encore dont les coupons ont fourni du change ; ce sont là deux faits acquis, bien qu'il soit impossible de calculer même approximativement quel fut le compte exact des exportations et du stock restant.
Les empranto* — Le gouvernement français se procura les fonds nécessaires au paiement de l'indemnité de guerre par des emprunts à la Banque de France, et deux émissions de rentes: la première (21 juin 1871) de 2.225.904.045 francs, la seconde (15 juillet 1872) de 3.498.744.639 francs.
438 CINQUlbHE PARTIE.
SECTION IV