‹ La France actuelleChapitre 2 sur 288 · MI PRÉFACE · texte numérisé non relu

MI PRÉFACE

abrégé bien fait, qui donne de la France une idée juste, et qu'on aimera à consulter quand on voudra se rendre compte de notre action sur les affaires européennes.

Vous n'avez pas consacré un chapitre particulier aux ques-^ tiens religieuses, et je le comprends parce que la statistique des diflérents cultes tiendrait en très peu de pages. Cependant les affaires religieuses ont tenu une grande place dans notre politique depuis six ans, et il peut se faire que l'avenir leur réserve une influence plus considérable encore. Les congrégations non reconnues par la loi ont été expulsées ; mais il reste un grand nombre de congrégations autorisées dont plusieurs sont riches, puissantes et agissantes. Peu de questions sont discutées chez nous avec plus d'âpreté que celles qui ont rap port au budget des cultes et à l'immixtion du clergé dans renseignement et l'assistance publique.

Ceux qui ne sont pas statisticiens s'imaginent qu'il n'y a rien de plus aisé que de rassembler des chiflres. Au contraire, je doute qu'il y ait une opération plus remplie de difJicultés et de périls. Les administrations ont souvent intérêt à cacher leurs chiffres, ou à les atténuer ; les oppositions diverses cherchent à les grossir. Il faut une grande habitude, beaucoup d'impartialité et un jugement très sûr pour discerner la vérité ou la probabilité à travers ces affirmations contradictoires. Voyez, par exemple, ce qui se passe pour le budget. Chaque année, deux ou trois membres de l'opposition font de grands discours pour démontrer que nos finances sont aux abois, et le ministre répond, ou qu'elles sont prospères, ou qu'il est facile de remédier à des embarras passagers ; il suffit pour cela d'avoir recours à son spécifique. Les arguments de part et d'autre sont connus à l'avance ; ce ne sont que des redites.

Il y a incontestablement dans tout cela une part de vérité et une part d'erreur; mais que de documents à compulser, que de calculs à faire et que de lacunes à combler pour se faire en tout cela une opinion exacte. Un budget bien établi est un chefd'œuvre que nous avons bien rarement l'occasion d'admirer.

On dirait que l'administration de la guerre prend à tâche de nous dérober la situation de nos effectifs. Vous avez choisi pour

PREFACE. xnr

ce chapitre un système d'exposition qui est lumineux. Vous prenez le nombre de régiments dans chaque arme, et le nombre des hommes par régiment, distinguant Tétat de paix et le complet de guerre, ce qui vous donne notre effectif actuel et notre effectif possible. Une autre méthode consisterait à donner le chiffre moyen de la classe, c'est-à-dire des jeunes gens qui ont eu vingt ans révolus dans le cours de Taimée précédente; à distraire de ce chiffre les exemptés, c'est-à-dire ceux que la loi ou la nature exclut du service. Ce qui reste après cette élimination constitue le contingent qui renferme cinq parties. La première partie comprend tous les hommes propres au service actif, c'est le fond de l'armée en temps de paix. La seconde partie comprend les dispensés de l'article 17, c'est-àdire les fils aînés de veuve, ceux qui ont un irère sous les drapeaux, etc. Ces dispensés ne jouissent que d'une dispense provisoire et peuvent être rappelés en temps de guerre. La troisième catégorie est celle des dispensés de l'article 20, les professeurs, les séminaristes. On met, dans la quatrième catégorie les jeunes gens que leur santé rend incapables d'un service armé, et qui peuvent être employés dans les services auxiliaires. Enfin, la cinquième catégorie est celle des ajournés. Ont ajourne ceux qui n'ont pas encore la taille réglementaire, ou dont la santé momentanément ébranlée promet de se raffermir. Ces jeunes gens sont soumis Tannée suivante à un nouvel examen. Pour donner une idée de l'importance relative de ces diverses catégories, je prends les chiffres de Tannée 1885 dont les résultats sont définitifs. La classe était de 306.854 jeunes gens. Les exemptés formaient un total de 39.760 individus, ce qui réduisait le contingent à 267.094 jeunes gens, divisés de la façon suivante : Première partie, jeunes gens propres au service, 132.496. Seconde partie, dispensés comme soutiens de famille, etc., 46.466. Troisième partie, professeurs, séminaristes, etc. , 31.875. Quatrième partie, services auxiliaires, 16.531 . Cinquième partie, ajournés, 39.726. Il est presque nécessaire d'avoir ce tableau sous les yeux, pour suivre les débats qui vont s'ouvrir sur la nouvelle loi de recrutement militaire. L'obscurité dans les comptes de la guerre, résulte surtout

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