XIV PRÉFACE
de la grande latitude laissée au ministre pour accorder ou refuser des congés. Cette latitude est telle que le dernier ministre a pu imposer trois ans de service à toute la partie du contingent appelé à Tactivité en 1887, tandis que la loi dispose qu'un tiers environ de cette partie du contingent ne servira qu'un an. Lors même que la loi serait moins facile à tourner, le ministre serait bien obligé de trouver un moyen de s y soustraire, parce que le contingent réel est supérieur au contingent budgétaire ; en d'autres termes, parce que les crédits qui lui sont alloués ne suffisent pas pour nourrir et entretenir la totalité du contingent.
On ne sait môme pas très exactement combien coûte par année l'entretien d'un homme. Vous dites, Monsieur, plus de mille francs. En effet le Journal des sciences militaires, que vous avez probablement suivi, et vous ne pouviez pas suivre un meilleur guide, évalue à 1078 francs la dépense annuelle d'un soldat en France, si on tient compte seulement du budget ordinaire, et à 1274 francs si on tient compte en même temps du budget extraordinaire. Cette dépense ne s'élève en Allemagne qu'à 913 francs dans le premier cas, et à 990 dans le second. Mais ces chiffres sont obtenus en divisant le budget de la guerre par le nombre d'hommes, et par conséquent ils comprennent pour plus de moitié des frais qui ne sont pas occasionnés par l'entretien d^un soldat. En France, quand l'intendance calcule la dépense produite par une augmentation de l'effectif, elle prend pour base le chiffre de 500 francs. Pour élever de 19.000 liommes le service de l'infanterie en 1888, elle n'a demandé que 8.»)84.1i0 fr., ce qui fait ressortir la dépense par homme à 441 fr 27 c. 1/2.
Une autre administration qneje puis invoquer pour montrer la difficulté de la statistique, c'est l'instruction publique. Vous voulez, je suppose, déterminer le nombre des enfants qui obéissent aux prescriptions de la loi sur l'instruction obligatoire. Il faut pour cela connaître le nombre desenfnnts qui fréquentent les écoles municipales, des enfants qui fréquentent les écoles libres et de ceux qui sont instruits dans leurs familles. Pour cette dernière catégorie, les renseignements font presque com-