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LYCEES ET COLLEGES DE JEUNES FILLES

liOi du 31 décembre 1880. — Cette loi, votée après plus de deux années d'études, sous le ministère de M. Jules Ferry et sur la proposition de M. Camille Sée, député, a constitué les lycées et collèges déjeunes filles. L'éducation delà jeunesse féminine était jusque-là presque entièrement laissée aux mains des congrégations religieuses de femmes. Actuellement encore, tandis que la grande masse des jeunes garçons sont élevés dans les établissements de l'État, la plus grande partie des jeunes lîlles font leurs études dans les couvents.

Comme conséquence de la loi ci-dessus, il a été voté, le 29 juillet 1881, une autre loi ayant pour but la fondation d'une Ecole normale de professeurs-femmes. En exécution de cette loi, a été créée V Ecole normale de Sèvres.

INSTRUCTION PUBUQUE. 635

Lycées et collèges, — Il a été fondé 23 lycées et 26 collèges. En outre, le ministre a ouvert, par arrêtés, 2 lycées à titre provisoire, soit en tout 25 lycées qui sont convenablement répartis sur tout le territoire. On en trouve à Montpellier, à Rouen, au Havre, à Besançon, à Bordeaux, à Reims, à Moulins, à Nantes, enfin 3 à Paris, etc.

Les 26 collèges sont aussi répandus partout. On peut citer ceux d'Auxerre, de Chartres, de Lille, de Marseille, de Grenoble, de Saumur, d'Oran (Algérie) etc.

Les lycées créés sont ouverts, sauf cinq, et quant aux collèges, trois seulement sont encore à ouvrir.

On attend des décrets créant 3 lycées : àConstantine, Limoges, au Puy ; et un collège à Sedan.

Les Conseils académiques de Chambéry et de Rennes ont approuvé la création de lycées à Chambéry et à Brest.

Auxerre, Cambrai, Grenoble demandent la transformation de leurs collèges en lycées.

Alger, Dijon, Versailles, la Roche-sur- Yon demandent des lycées. Neuf autres villes réclament la création d'un lycée ou d'un collège. Onze villes encore veulent un collège.

Sur les vingt-trois lycées créés, il en est onze, sur les vingtsix collèges créés, il en est vingt, auxquels les municipalités ont été autorisées à annexer un internat.

Sur les onze lycées, il en est six dont Tinternat est ouvert, à savoir : Montpellier, Roanne, Montauban, Toulouse, Tournon et (îuéret.

Sur les vingt collèges, il en est douze dont l'internat est ouvert à savoir : Saumur, Louhans, La Fère, Lille, Abbeville, Armentières, Cambrai, Vitry, Vic-Bigorre, Agen, Chartres, Oran.

Lons-le-Saulnier, Avignon, Carpentras, ont, en attendant la construction des bâtiments déQnitifs, ouvert un internat provisoire ; la ville de Niort sera autorisée à ouvrir un internat, lorsque les bâtiments définitifs seront achevés.

Le promoteur de la loi a toujours considéré l'internat comme nécessaire, malgré certains inconvénients, et la tendance générale est vers linternat. Mais comme il n'est pas obligatoire, il faut que les municipalités le demandent; c'est ce qui arrive fréquemment.

]¥ombre des établissements et des éléires. — Voici les plus récents renseignements puisés aux sources officielles. Ils sont du mois de novembre 1887.

Établissements Élèves

20 lycées 3.248

23 collèges 2.598

67 cours secondaires 4.372

110 Totaux 10,218

Les cours secondaires sont des cours établis par M. Duruy, en 1867, et qui avaient été beaucoup délaissés. Ils ont repris faveur.

Les jeunes filles sont conduites dans un local ad hoc parleurs mères ou d'autres personnes et y suivent des leçons faites avec soin. Ce sont comme des externats. Pour calmer les impatiences et répondre au désir des populations, en attendant la création du lycée ou du collège, on ouvre et on encourage ces cours. On cherche môme à leur donner, le plus possible, le programme de la loi de 1880. Mais ils sont peu uniformes et l'action des professeurs sur les élèves est faible. Aussi sont-ils destinés à disparaître pour faire place aux lycées ou collèges. L'Etat n'encourage les municipalités et ces cours que là où il y a espoir d'aboutir à la fondation d'un lycée ou d'un collège.

Profi^pamme. — L'article 4 de la loi de 1880 le trace ainsi : « l'enseignement moral ; la langue française ; la lecture à haute voix et au moins une langue vivante ; les littératures anciennes et modernes ; la géogi*aphie et la cosmographie ; l'histoire nationale et un aperçu de l'histoire générale : Tarithmétique et les éléments de la géométrie, de la chimie, de la physique et de l'histoire naturelle ; l'hygiène, l'économie domestique ; les travaux à l'aiguille. »

M. Camille Sée se plaint qu'en rédigeant les détails de ce programme on l'ait développé outre mesure. Il fait des vœux pour (ju'il soit ramené à de justes bornes, car il s'agit d'élever la généralité des femmes et non pas de faire des femmes savantes.

Dépenses. — Les sommes dépensées pour la fondation de rÉcole normale de Sèvres, pour les lycées et collèges de jeunes filles sont considérables. En 1881 et 1884, un crédit de 11.666.606 fr. 66 c. a été ouvert au ministre de l'instruction publique, comme subvention de l'Ktat. Une autre somme de 10 millions d'avances a été mise à la disposition des départements et des communes. De plus, pour les lycées de jeunes Jillcs de Paris, il a été engagé 3.600.000 fr. pris sur le crédit de 12 millions ojjvert par une loi de 1885, aux lycées ou collèges à la charge de rfitat. Le projet de budget de 1888 porte 550.000 fr. pour les établissements déjeunes filles de Paris. Il faut ajouter 7.621.000 fr.

de dépenses engagées à supporter moitié par TÉtat, moitié par les villes (loi de 1885). Enfin les dépenses qui figurent au projet de budget de 1888, s'élèvent à 1.610.000 fr.

DépensesAlachari^edel'État.— Crédit: 11. 666.666 fr.66.

Voici quelles ont été les dépenses engagées pour TÉcole normale de Sèvres, destinée à préparer des professeurs-femmes pour les écoles secondaires de jeunes filles :

En iSH±

En 1883.

En 1884.

En 1885,

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