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Je fais allusion à l'arrachage des pieds

n'y avait plus que 80.000 hectares ensemencés de lin ; en 4880, seulement ()4.(K)0 hectares ; et, enfin, en 1883, il ne restait que 43,000 hectares qui ont produit 321. 0(K) quintaux d'une valeur d'environ 80.000.000 francs. Il faut toutefois remarquer que les cultivateurs restés fidèles à cette culture ont augmenté le rendement de 5 quintaux 57 par hectare à 7 quintaux 35, phénomène qui parle très haut en leur faveur.

Il résulte naturellement de cette situation que l'industrie française importe des quantités considérables de lin, principalement de Belgique et de Russie, cette matière étant d'ailleurs exempte de droits :

Pays importateurs. 18KI. 1885. 188t».

Angleterre. 8.986 quintaux 2.956 quintaux 3.592 quintaux

Belgique. .. 100.485 — 157.549 — 128.927 — Allemagne. 19.820 — 8.649 — 2.331 —

Russie 515.606 — 440.825 — 321.527

.\ulrespays

réunis... 12.715 — 11.573 — 13.668 —

Totaux.. 652.612 quintaux 621.552 quintaux 470.045 quintaux

Voici la production du lin dans les principaux pays.

Superficie PavR. ensemencée. Production annuelle.

Russie 1.000. 000 hectares. 5.000.000 quintaux.

Autriche- Hongrie.. 160.000 — 800.000 —

Belgiqu- 60.000 — 350.000 —

France 43.000 — 321.000 —

Angleterre 53.000 — 300. 0(K) —

Allemagne 50.000 — 300.000 —

Italie.. 80.000 — 250.000 -

Je n'ai pu, faute de renseignements sérieux, ajouter à ce tableau l'Espagne. Les Etats-Unis et le Mexique cultivent le lin sur une assez grande échelle, mais surtout dans le but d'en utiliser la graine. Toutefois, l'industrie textile commence à acquérir de l'importance aux Etats-Unis qui, s'ils s'adonnent à la production du lin, feront bientôt concurrence à la Russie elle-même.

Chanvre. — La culture de cette plante tend à disparaître, car elle est difficile, anti-hygiénique et peu productive; en outre, la concurrence des produits similaires d'origine indienne ou des textiles de la famille de l'agave, originaires de Manille et du Me-

xique lui ont fait une grande concurrence. En 1875, le chanvre occupait en France 98.000 iiectares, en 4881, il était réduit à 86.000 hectares et, enfin, dn 1883, il ne comptait plus que 72.000 hectares produisant 417.000 quintaux qui, au prix moyen de 85 francs Tun, représentent une valeur d'environ 40.000.000 francs.

L'importation du chanvre, après avoir atteint le chiffre de 200.000 quintaux (1883) s'est réduite à 115.000 quintaux (1886) quoi qu'elle soit libre, ce qui prouve que les industries aUmentées par cette matière tendent h se restreindre.

Les contrées qui produisent le plus de chanvre sont :

Pays. Superficie ensemencée. Production.

Russie 600.000 hectares. 2.000.000 quintaux.

Italie 133.000 — 1.000.000 —

Autriche-Hongrie. 100.000 — 500.000 —

La plus grande partie de l'importation française est de provenance italienne.

Graines oléagineuses et olives. — Je réunis sous ce titre le colza, la navette, le chénevis, l'œillette, toutes plantes dont laculture présente en France une décroissance notable que Ton doit attribuer aux avantages présentés par l'importation des graines oléagineuses originaires des colonies. Cette importation se chiffre annuellement par 2.500.000 à 3.000.000 quintaux et n'est frappée d'aucun droit ; elle se fait surtout par Marseille.

En ce qui concerne la production indigène, c'est le colza qui tient la plus large place : 150.000 hectares en 1876 ; 129.000 en 1880, et, enfin, 105.000 en 1883, année pour laquelle la récolte a été de 1.375.000 hectolitres représentant une valeur d'environ 25.000.000 francs. Quand aux autres plantes oléagineuses, elles étaient réduites de 47.000 hectares qu'elles occupaient en 1873, à 27.000 hectares en 1883.

Ce recul compensé par l'importation n'a pas été préjudiciable à l'industrie des huiles ni à celle des savons, comme je le ferai voir plus loin.

Un phénomène analogue semble se produire pour l'olivier qui a été réduit de 148.O0J hect. (1883) à 110.009 hecl. en 1880 et 1883. La récolte pour cette dernière année a été de 1.550.000 hectolitres représentant une valeur de 30.000.000 francs.

L'importation des olives en France est à peu près égale à la production ; l'Espagne et l'Italie en fournissent la plus grande partie.

La Russie consacre 500.000 hectares au chanvre, 80.000 hect.

au tournesol et 25.000 hect. aux autres plantes oléagineuses, et récolte chaque année plus de 7.000.000 hectolitres de graines. L'Autriche cultive le colza sur environ 100.000 hectares produisant i. 500.000 quintaux. L'Espagne et l'Italie sont, par excellence, les pays de l'olivier qui occupe, dans le premier 900.000 hectares et dans le second 1.000.000 hect. au moins.

Aux Etats-Unis, la situation des cultures oléagineuses est toute spéciale, en ce sens que 20.000.000 quintaux de graine de coton y fournissent une grande partie des huiles industrielles. Toutefois, le lin, surtout dans la vallée du Mississipi, est cultivé sur une grande échelle.

Quant à l'Angleterre, c'est à ses colonies qu'elle emprunte la matière première nécessaire à son immense fabrication d'huile, et l'agriculture anglaise trouve un réel profit à l'achat des tourteaux résultant de cette fabrication, sans parler de ceux qu'elle importe. Il est à souhaiter que les colonies françaises et particulièrement l'Algérie 1 jouent bientôt le même rôle auprès de la métropole. Les pays de l'Amérique espagnole et spécialement le Mexique produisent une grande quantité de graines, telles que celles du lin, du sésame, de l'arachide, du ricin, etc., qui sont appelées à alimenter un jour les marchés européens.

J'insiste sur ce fait que la décroissance des cultures oléagineuses en France ne présente aucune gravité, car il y a toujours avantage pour Tagriculture à laisser importer des matières premières riches en sous-produits alimentaires et fertilisants. Les tourteaux d'origine étrangère consommés par le bétail ou directement assimilés par le sol, constituent un apport véritable d'éléments empruntés à la terre du pays exportateur.

Apicnltiire. — Le sucre et la glucose d'une part, la stéarine et la paraffine de l'autre, ont fait une concurrence considérable à Tapiculturc en se substituant au miel et à la cire. Il en résulte que le nombre des ruches a sensiblement diminué : on en comptait en 1876 environ 2.500.000, et, aujourd'hui, il ne doit pas en rester plus de 1.800.000. En 1883, elles ont fourni 2.600.000 kilos de cire et 8.500.000 kilos de miel, représentait une valeur d'environ 14 millions.

La Bretagne et le Gàtinaissont les régions de la France où l'apiculture est le plus en honneur, mais nulle part elle ne constitue une industrie spéciale.

Les Antilles, une grande partie d'Amérique latine, le Sud des Etats-Unis, la Grèce, l'Espagne, l'Italie produisent de la cire et du miel.

1. L'AIjçérie est presque arrivée à égaler la France pour la culture de l'olivier (1,250,000 quintaux d'olive? par an).

Séricîcultiire. — Cette industrie, introduite en France il y a cinq siècles, a augmenté graduellement et elle est devenue Tune des plus importantes du pays. Elle fut sérieusement menacée par la maladie qui s'abattit à partir de 1841 sur les vers à soie avec tant d'intensité que, en 1865, la production de cocons s'abaissa à 6 . 000 . 000 kilog. tandis qu'en temps normal elles'élevait à 25.000.000 kilog. Les savantes études micrographiques de M. Pasteur sauvèrent cette industrie de la ruine qui la menaçait, sans toutefois qu'elle revînt à son ancienne prospérité. Voici quelques chiffres relatifs à la productioD depuis 1865 :

Années. Cocons.

1865 5.500.000 kilogrammes.

Le prix des cocons s'est naturellement ressenti des fluctualions qui se sont produites dans les récoltes : en 1886, on évaluait le prix moyen du kilogrammme à 10 fr. environ, ce qui attribue à la récolte de cette année une valeur de 82.000.000 fr.

L'introduction des races étrangères, et, particulièrement, japonaises, paraît appelée à donner de bons résultats ; en 1886, elles figuraient dans la récolte pour plus de 600.000 kilog. de cocons. Toutefois, leur rendement est resté jusqu'ici inférieur à celui de la race française :

Rendement moyen en cocons frais d'une once de graines.

Races françaises (graines françaises) 34kil.240

Races du Japon (graines directement importées) 27 66 Races du Japon (graines de reproduction

française) 32 08

Autres races étrangères 32 64

Moyenne générale 33 kil. 98

Une once de graines coûte de 10 à 12 francs selon l'origine.

La sériciculture est limitée en France aux départements du Midi dont le climat est favorable à la culture du mûrier ;

L'enquête séricicole de 188G en signale 24 comme s'étanl livrés à cette industrie. IL faut signaler spécialement :

Cocons en 1886.

Le Gard 2.304.000 kilogrammes.

L'Ardèche 1 .810.000 —

LaDrôme 1.654.000 —

Vauclusc 1.036.000 -r-

qui ont fourni à eux seuls les 3/4 de la récolte.

La production de la France suffit difficilement aux besoins de son industrie. Les cocons importés, qui ne sont soumis à aucun droit, sont originaires d'Italie pour les 3/4; il se fait, d'ailleurs, une exportation considérable en apparence, mais dans laquelle doivent figurer beaucoup de cocons d'origine étrangère francisés. Voici le tableau de ce mouvement pour les trois dernières années :

Années. Importation. Exportation.

1884.. . . 813.000 kilogrammes. 725.000 kilogrammes. 1885.... 585.000 — 292.000 —

L'importation a sensiblemenld irainué : en 1867, elle était de 2.600.000 kilog., et, en 1876, de 4.700.000 kilog.

Les œufs de vers à soie donnent lieu à des échanges qui semblent favorables à la race française :

Années. Importation. Exportation.

1884. . . î).900 kilogrammes. 40.500 kilogrammes. 1885... 7.800 -- 48.800 —

Les principaux pays producteurs de soie sont :

Corons produits annuellement.

La Chine 150.000.000 kilogrammes.

Le Japon 30.000.000 --

L'Italie 30.000.000 —

L'Inde Anglaise 8.000.000 -

L'Espagne 3.000.000 —

L'industrie séricicole a beaucoup souffert en Italie ; jadis la production de cocons y atteignait 50.000.000kilog. Au Japon, c'est l'intelligente application des méthodes de M. Pasteur qui a préservé félevage des vers à soie. Il est curieux que le gouvernement

de ce pays ail institué une école de sériciculture et cela prouve une fois de plus Tintelligence et Tesprit d'assimilation des Japonais. Quelques pays de l'Amérique Latine et spécialement le Mexique élèvent des vers à soie, et, en certains endroits, obtiennent des rendements supérieurs aux rendements Français; l'avenir de ce genre d'industrie est immense dans ces régions.

En France, TEtat a institué des concours de sériciculture, et les écoles d'agriculture ainsi que les stations agricoles du Midi sont munies d'un excellent matériel microscopique pour Tétude des germes morbides.

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