‹ La France actuelleChapitre 250 sur 288 · QUESTION INDUSTRIELLE · texte numérisé non relu

QUESTION INDUSTRIELLE

Généralités. — En France, comme dans tous les grands pays manufacturiers, l'industrie est parvenue à un tel degré de <léveloppement que la production est supérieure à la demande. Je ne veux pas dire qu'elle soit supérieure à la consommation possible, car une grande partie de l'humanité manque, suivant la juste observation de M. Paul Leroy-Beaulieu, des choses nécessaires à la vie, produites par l'industrie moderne. Le manque <l'équilibre entre la production et la demande a amené l'arrêt de la production industrielle ; et, comme conséquence fatale, le chômage de quelques manufactures plus ou moins importantes.

Malheureusement, je n'ai pu me procurer des renseignements statistiques suffisamment complets pour établir un jugement exact sur la portée de la crise industrielle.

Population et salaires industriels. — On peut compter qu'en France 25 pour 100, c'est-à-dire le quart des habitants, vivent de l'industrie.

En 1881, sur 37.672.000 habitants, on en a relevé 9.324.000 vivant de l'industrie. Ce chiffre constitue la moitié de la proportion correspondant à la population agricole, et elle est à peu près égale aux proportions unies des habitants vivant du commerce et <les transports (4.614.000 habitants) et de ceux qui appartien-

nent à la force publique, aux professions libérales ou à des professions innommées, des rentiers, etc., etc. (5.454.000 habitants.)

Dans Tagriculturc, le tiers des individus qui en vivent (6.913.000) s'occupent directement des travaux ; et un peu moins, des deux tiers (11.335.000) sont membres des familles dont les chefs exercent directement la profession agricole, ou bien sont des domestiques attachés au service de ces familles.

En faisant un calcul analogue pour l'industrie, on peut déduire que les 9 millions et demi de personnes vivant du travail industriel comprennent plus de 3 millions de propriétaires, d'ouvriers ou employés supérieurs des fabriques.

Supposons un salaire moyen d'au moins 800 fr. par an pour chacune de ces personnes directement employées dans les manufactures ; il en résultera une somme approximative de ^ milliards et demi, comme valeur totale des salaires annuels de rindustrie française. Cela étant, les salaires agricoles seraient supérieurs aux salaires industriels pour une somme annuelle de plus de 1.500 millions de francs.

L'évaluation de 800 fr. par an est quelque peu inférieure à la réalité, si Ton tient compte des salaires élevés que tous les ouvriers de rindustrie gagnent aujourd'hui en France. Mais il faut aussi compter que beaucoup de ces ouvriers ne travaillent pas certains jours de l'année, soit par manque d'ouvrage dans les fabriques, soit parce que ces ouvriers prennent des jours de repos en plus des dimanches. En mettant à 200 le nombre annuel des journées de travail pour les ouvriers ou employés de l'industrie ; et, en calculant, en moyenne, à 800 francs le salaire annuel de ces travailleurs, le salaire moyen serait de 4 francs par jour.

Ce produit de 2 milliards 500 miUions de francs que je compte pour les salaires de l'industrie française, quand on l'apprécie d'une manière absolue, est inférieur aux salaires des agriculteurs (4.150 millions de francs) ; et quand on l'apprécie d'une manière relative, eu égard au nombre des travailleurs de l'agriculture ou de l'industrie, le salaire des ouvriers industriels paraît plus élevé que relui des ouvriers agriculteurs.

Il va sans dire qu'en l'absence de renseignements positifs, ces évaluations ne sont que le fruit de déductions pures. Selon le tableau ci-joint, on a des renseignements très complets sur certaines industries, comme l'industrie minière ; sur d'autres, les renseignements sont incomplets ; enfin il y a des industries sur lesquelles les renseignements font absolument défaut.

i$.I8T).,UU Dp

ojqiuo{s{

9J((UJO>^

Cd

CQ 0>

CQ

CQ

Cd

Cd

•sauuox 'niuiuosuo.i yiqijsn.iiuuO

*89UUO^ .IV<i

03V|(I jns uaXoui xuj

tfi

^Êm

wmê

kA

Ci ^

eo o

Page 1