‹ La France actuelleChapitre 252 sur 288 · ae · texte numérisé non relu

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690 UL'ITIÈME PARTIE.

Valeur de la production industrielle. — Cette valeur est au moins double de la somme des salaires et appointements des ouvriers et employés de l'industrie. En conséquence, la production industrielle peut être estimée à un total minimum de 5 milliards par an. Bien que cette évaluation puisse être tenue pour exacte, eu égard aux industries extractives, elle est au-dessous de la vérité, eu égard aux industries employant des matières premières de grande valeur ou aux industries dans lesquelles le travail intelligent et persévérant de Thomme intervient comme facteur principal de la production. Ce ne serait donc pas s'aventurer beaucoup ([ue d'évaluer à 6 milliards et demi la valeur annuelle de la production industrielle en France. Ce chiffre constitue à peu près la moitié de la valeur de la production agricole, réelle, évaluée à 13 milliards de francs par an.

Causes fliverses ayant influencé la crise industrielle. — Outre Texcès de la production sur la consommation actuelle, cause principale de la crise industrielle qui se fait sentir dans l'univers entier, il y a diverses autres causes que je vais indiquer sommairement.

L'élévation graduelle des salaires industriels a renchéri considérablement la production. On calcule qu'en Allemagne, par exemple, le salaire moyen des ouvriers de l'industrie est de 2 fr. 60 centimes, tandis qu'en France, surtout dans les grands centres de population ouvrière, le salaire moyen n'est pas inférieur à i francs. Les industriels allemands sont donc en mesure de produire à meilleur marché que les industriels français.

En Angleterre, le système libre-échangiste, ouvrant un facile accès aux produits alimentaires de provenance étrangère, la vie* matérielle y est à bon marché et les ouvriers peuvent se contenter de moindres salaires ([u'en France. Dans ce dernier pays, le système protectionniste établi par l'inéluctable nécessité lie sauver l'agriculture gravement menacée, et les impôts élevés frappant certains objets de première nécessité, comme les sucres, ont produit un renchérissement fatal de la vie. Les subsistances devenues plus chères ont forcément amené l'élévation des salaires des ouvriers industriels.

11 n'y a donc rien d'étonnant que», pour certaines manufactures, pour celles surtout qui sont ordinaires et n'exigent pas l'habileté caractéristique de l'ouvrier français, il n'y a rien d'étonnant, dis-je, (jue la concurrence étrangère, basée sur le meilleur marché et non sur la meilleure qualité des marchandises, ait -graduellement limité le marché français à l'étranger, réduisant ainsi à la fois le commerce et la production industrielle.

Mais, à côté d'industries qui ont sombré dans une lutte inégale, il en existe d'autres dont la prospérité va grandissant et qui ont déjà exercé sur la valeur de la production et de l'exportation une influence bienfaisante.

L'ouvrier de l'industrie française produit surtout des œuvres remarquables par la perfection ou la beauté ; tandis qu'aujourd'hui le desideratum est la production abondante et à bon marché, même en sacrifiant partiellement la perfection.

Il est nécessaire que la France suive ce courant pour ne pas voir diminuer son mouvement d'exportation. Il est indispensable de faire une part plus grande dans les ateliers français à la force mécanique, afin de remplacer largement la force individuelle de l'homme isolé. Certes, cette dernière force peut donner une plus grande perfection aux produits industriels, mais elle est plus chère que la puissance féconde des machines. Une sage application de ces dernières réalise l'idéal qui est de produire beaucoup avec économie de temps et d'argent. Telle est la devise principale de l'industrie des États-Unis du Nord, et l'on peut dire que dans ce pays la production est arrivée à la limite du bon marché.

Les industriels français, convaincus de l'importance de la force mécanique, lui font une part de plus en plus large dans leurs travaux.

Voici un tableau indiquant la progression suivie en France par l'application des machines à vapeur à l'industrie.

Années.

L'augmentation a donc été croissante et elle prouve bien le progrès constant de l'industrie française.

Le nombre de 50.254 machines développant une force de 683.000 chevaux-vapeur, ne représente que l'application des machines aux ateliers industriels.

Quant au nombre total de machines à vapeur employées en France, ou pour mieux dire par les entreprises françaises dont le siège est sur le territoire ou à bord des navires portant pavillon

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