‹ La France actuelleChapitre 253 sur 288 · Dernière auucc de la statistique officielle · texte numérisé non relu

Dernière auucc de la statistique officielle

Nombre de

(Jhevaux-vaoeur

machines.

de ces machines.

français, ce nombre est de 63.138 machines de la force de 4.114.331 chevaux-vapeur. Elles se répartissent ainsi :

Entreprises Entreprises de Entreprises de industrielles voies ferrées navigation

Machines à vapeur. 50.252 10.997 1.879

Chevaux-vapeur . . 683.000 3.457.202 471.129

Si répandu que soit Tusage des machines à vapeur en France, il est des pays, comme TAngleterre et les Etats-L'nis du Nord, où la puissance mécanique est beaucoup plus largement représentée dans les exploitations industrielles. Pour cette raison, et sans méconnaître le progrès incessant de la France dans cette voie, je pense que l'industrie pourrait utiliser, plus qu'elle ne l'a fait jusqu'à ce jour, la puissance féconde des machines à vapeur.

Crise de l'industrie métallurgique. — En ce qui concerne l'industrie métallurgique, la découverte de la fabrication de l'acier par les ju'océdés Besemer et Martin ouvrit un large champ d'application : les rails d'acier remplacèrent presque entièrement les anciens rails de fer qui, outre leur grand poids, avaient une durée moindre. Cette substitution donna dès lors une grande impulsion à l'industrie métallurgique du for et de l'acier en France. Mais une fois que presque tous les raiis des chemins de fer furent changés dans ce pays, la demande baissa subitement, et la consommation courante diminua en raison de la durée plus grande du nouveau matériel. De là, la crise métallurgique qui, en ces dernières années, a sévi sur l'industrie du fer et de l'acier, industrie si prospère pendant la période de 18713 à 1882. Cette crise, trèsseiisible de 1883 à 1884, a paru s'arrêter dernièrement sur la pente fatale de la desrente qu'elle suivait d'une manière invariable. De nouvelles applications du fer et de l'acier* ont retenu le rapide courant qui menaçait d'anéantir un des plus importantes industries de France.

Mais toutes Ii»s industries n'ont pas subi la fâcheuse influence de la crise actuelle: l'in^luslrie des tissus de soie, avec ou sans mélange d'autres matières textiles; celle des tissus de laine; la tannerie et les industries qui en dérivent, comme la cordonnerie, la ganterie, la marocjuinerie et la sellerie ; la fabrication du sucre de betteraves et diverses autres industries qu'il est difficile d'énuniérer, sont aujourd'hui en pleine pros])érité ; et cette prospérité compense la décadence où d'autres in<luslries sont tombées.

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Ainsi s'explique ce fait que, malgré la crise industrielle, la France exporte pour plus de i milliard 630 millions de francs d'objets manufacturés, tandis que son importation en objets fabriqués ne monte qu'à 600 millions de francs. D'où, un excédent annuel de plus de 1 milliard en faveur de Tindustrie française.

C'est vrai qu'en 1881, 1882 et 1883 les exportations de ce pays en objets manufacturés étaient de 200 millions plus élevées que celles d'aujourd'hui ; tandis que les importations d'objets similaires furent, en moyenne, pendant ces trois années, supérieures à celles de 1885 et de 1886 d'une somme de 100 millions de francs. La différence entre ces deux chiffres, soit 100 millions de francs annuels, représente le préjudice que la crise industrielle a porté à ce pays ; mais l'évaluation n'a trait qu'à la perte subie du chef du commerce d'exportation, sans tenir compte de la consommation intérieure.

En fait de matières premières propres à l'industrie, la France importe pour une valeur de plus de 2 milliards de francs de marchandises, tandis que la valeur des matières premières exportées ne dépasse pas environ 800 millions de francs. La différence entre ces deux sommes égale presque l'excédent des exportations sur les importations d'objets fabriqués. La France paie donc, avec le contingent de son industrie, la valeur des matières nécessaires à la consommation intérieure d'objets industriels.

Si la production annuelle de l'industrie française est égale à 6 milliards et demi de francs, et si l'excédent de l'exportation d'objets manufacturés sur les importations similaires est égal à plus de 1 milliard de francs, il en résulte que la valeur annuelle des objets fabriqués pour la consommation intérieure en France égale 5 milliards et demi. Cola donne une consommation moyenne de près de lii francs par habitant.

Influence du traité de Francfort sur la crise industrielle en France. — Ce traité accorda à l'Allemagne le traitement de la nation la plus favorisée. En conséquence, les marchandises de provenance allemande arrivent sur le marché français dans des conditions avantageuses de prix, ce qui permet de les écouler facilement au grand profit des industriels d'outre- Rhin.

Jl est vrai (|ue la réciprocité donne des avantages égaux à la France sur le marché allemand. Mais le nouvel empire avait suivi une politique protectionniste dans ses traités commerciaux avec diverses nations, tandis qu'en France étaient encore en vigueur les traités internationaux conclus sous l'empire des idées libre-

échangistes de 1860. Il en est résulté que le protectionnisme international de TAllemagne n'a offert aucun avantage aux industriels de France, et que, par contre, les industriels allemands ont profité du traitement des nations les plus favorisées, dans leurs relations commerciales avec les Français.

C'est de là surtout qu'est venue la réaction protectionniste qui domine aujourd'hui en France et l'empressement du gouvernement à dénoncer les traités internationaux en vigueur, pour les modifier dans le sens d'une plus grande protection à l'agriculture et à rindustrie du pays.

Des intérêts opposés vont être débattus entre la France et les divers nations ayant des relations commerciales avec ce pays sous l'empire des traités existants ; et il est à désirer que la conclusion des nouvelles conventions ait lieu par un prompt accord, afin de ne pas entraver les rapports commerciaux, hase de leur mutuelle prospérité.

Moyens de combattre la crise commerciale. — Ces moyens sont, à mon avis, très variés. Voici ceux que je considère comme les principaux :

1** L'établissement du régime coopératif industriel assurant autant que possible un débouché direct aux produits, épargnant dans une certaine mesure le bénéfice des intermédiaires, et, en tous cas, faisant disparaître le péril des ventes à terme, qui occasionnent aux industriels l'emploi de grandes sommes d'argent immobilisées et le risque de pertes considérables.

2° La conclusion de traités internationaux mettant les industriels français à couvert de la concurrence étrangère, sans que pourtant ces traités arrivent en aucun casa être prohibitifs.

Entre une protection juste et rationnelle et les extrémités du monopole, il est une distance qu'aucun gouvernement prudent ne doit franchir.

30 La réforme de l'outillage s'impose comme une nécessité inévitable pour certaines industries françaises qui n'ont pas, à l'exemple des autres, suivi le mouvement de progrès actuel.

V Les efforts du ministère du commerce pour généraliser les musées commerciaux et l'établissement de chambres de commerce françaises à l'étranger, doivent être mis à profit par les industriels français pour se renseigner sur les pays où ils pourront trouver, à meilleur compte, les matières premières nécessaires à leur industrie, et sur les principaux centres de consommation du monde entier.

Telles sont les mesures à mettre en pratique pour sauver l'industrie française de la crise qui la désole, crise à la vérité moins grave que celle pesant sur l'agriculture.

SECTION III

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