‹ La France actuelleChapitre 56 sur 288 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

coahherce:

Commerce général de la France. — Il est a peu près impossible d'estimer avec quelque certitude Timportance du commerce général de la France, c'est-à-dire des transactions de toute espèce, soit intérieures soit extérieures. On n'est même pas d'accord sur l'acception du mot commerce au point de vue statistique ; faut-il n'entendre par « acte de commerce » que les opérations portant sur des marchandises, ou étendre la définition aux affaires de Bourse et de Banque, ce qui rendrait toute évaluation absolument impraticable ; même en me limitant au premier sens, j'ose à peine formuler un chiffre, et je suis encouragé dans ma réserve par l'exemple d'économistes distingués, parmi lesquelsM.de Fovillequi, malgré sa haute compétence, se borne à dire que le commerce intérieur français atteint et même dépasse 40 milliards par an. Il faudrait ajouter à ce chiffre celui de 7 milliards pour le commerce extérieur dont les variations sont exactement connues grâce aux documents statistiques des douanes. Toute la difficulté provient donc de Tincertitude qui règne sur la valeur du commerce intérieur.

Sans prétendre résoudre directement la question, j'estime que le lecteur se fera une idée suffisamment exacte de l'accroissement des transactions générales, en examinant, d'une part les circonstances de variation du commerce extérieur, de l'autre l'augmentation graduelle du trafic sur les voies de communication de toute espèce.

Commerce extérieur. — Je m'étendrai donc assez longuement sur le commerce de la France avec l'étranger. La planche n° Vil représente graphiquement les moyennes décennales de l'importation et de l'exportation depuis 1847 jusqu'à notre époque, mais je crois indispensable de la compléter par le tableau suivant qui considère chaque année séparément:

•éi

Ikk,

Importation. Exportation.

Années. millions millions

Excédent de

Excédent

l'importation millions

de Texportation millions

Cette longue suite de chiflfres donne lieu aux conclusions suivantes :

1** L'importation et Texportation se sont accrues, la première avec plus de rapidité que la seconde, ce qui fait que, à partir de 1867, la France importe plus qu'elle n'exporte, sauf en 1872, 1873, 1874, 1875, années exceptionnellement prospères pour l'agriculture ;

2° L'importation, après avoir pris des proportions excessives par suite de la crise agricole et des événements financiers de 1876 à 1883, redevient normale.

3^^ Les variations de l'exportation ont été de moindre amplitude que celles de l'importation auxquelles elles ne sont liées par aucune loi.

Toutefois, il semble que, à partir de 1880, le rapport de quantités importées aux quantités exportées ne s'éloigne pas beaucoup de i à 3.

Ces considérations n'offriraient qu'un intérêt fort médiocre si elles n'étaient complétées par quelques renseignements sur la nature des marchandises échangées.

Classification des produits importés ou exportés. — La douane divise les marchandises de toute espèce en trois catégories : objets fabriqués, matières nécessaires à l'industrie et objets d'alimentation.

Il est bien évident que tout accroissement dans l'importation des matières nécessaires à l'industrie, telles que coton, laine, plumes, bois de teinture, est d'un favorable augure pour l'industrie locale correspondante. L'indice sera d'autant plus caractéristique que l'exportation de ces mêmes produits à l'état brut, sera moindre et plus grande à l'état manufacturé.

Voici, pour les années 1877 à 1886, les renseignements statistiques fournis par la douane à ce sujet :

Années.

Page 1