‹ La France actuelleChapitre 6 sur 288 · JULES SIMON · texte numérisé non relu

JULES SIMON

AVANT-PROPOS

Une question bien intéressante s'est posée devant moi : la France, depuis les désastres de 1870-1871 et sous le gouvernement de la troisième République, a-t-elle continué sa marche ascendante dans la voie du progrès, ou bien, comme l'affirment certains écrivains, a-t-elle rétrogradé en abandonnant le chemin de la prospérité?

Pour trouver une réponse juste et vraie à cette question si importante, j'ai dû recourir aux renseignements de la statistique^ qui, tout en me donnant une idée exacte de la France actuelle, m'ont permis d'étudier les diverses branches de la richesse et de l'administration publique de ce pays, depuis le commencement de ce siècle jusqu'à nos jours. En même temps, consultant les statistiques d'autres pays, j'ai essayé d'établir une étude comparative aussi complète que possible, afin de connaître le rang qu'occupe réellement la France parmi les principales nations du monde.

Cette étude qui embrassait un si vaste objet, prit peu à peu une extension considérable, et cela me

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suggéra l'idée de la publier; car je crois que le jugement le plus certain sur l'état des nations est celui (jui résulte des données de la statistique. En effet, la statistique seule résout bien les questions sociales à la froide lumière de la raison, avec l'appui persuasif et irréfragable des chiffres.

Une fois décidé à publier les études que j'avais d'abord entreprises dans le seul but de m'éclairer personnellement sur des questions si intéressantes, j'ai pensé que la méthode graphique, si usitée de nos jours, donne d'excellents résultats, en condensant les renseignements statistiques sans fatiguer la vue par d'interminables colonnes de chiffres, et que cette .méthode serait un utile complément de l'œuvre que j'allais entreprendre. Les excellents travaux de statistique graphique qu'on trouva dans les publications otïicielles des Ministères des Travaux pubHcs et de l'Instruction publique, comme aussi dans d'autres publications de statisticiens éminents de France, me décidèrent h établir les tableaux graphiques qui figurent dans ce volume.

Insensiblement j'ai été amené à augmenter et à compléter mon travail pour lequel il aurait fallu disposer d'un temps plus long que ne me le permettent mes occupations ordinaires. Sans doute des erreurs doivent s'y être glissées, erreurs naturellement involontaires et ayant échappé à mon attention. Ce que j'ai cherché surtout à mettre dans ce livre, c'est une entière bonne foi, une impartialité sincère.

J'avais déjà terminé la plupart de mes tableaux graphiques et le texte en était arrivé à la partie (jui concerne l'Industrie, quand parut un livre sérieux

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de M. de Fo ville, La France économique. Aussitôt, je chargeai mon regretté secrétaire particulier, M. Louis Privât, qui avait si inlelligemment collaboré avec moi pour rétablissement des tableaux graphiques et pour la partie traitant de l'Agriculture, de faire connaître au chef du Bureau de statistique au Ministère des Finances, Tétat avancé de mon travail, afin d'indiquer la simple coïncidence de notre pensée, bien qu'au fond l'ouvrage de M. de Foville et le mien différent en plus d'un point. 1/auteur de La France économique reçut mon envoyé avec la bienvcMllance d'un savant et s'offrit courtoisement à me fournir les renseignements dont je pourrais avoir besoin par la suite.

Malheureusement le temps dont je disposais, je l'ai déjà dit, n'était pas suffisant pour parftiirc mon travail au gré de mes désirs. Bien des renseignements statistiques m'ont manqué. Mais j'espère pouvoir, dans une nouvelle édition, compléter surtout mes statistiques comparées, en y ajoutant des renseignements que je m'efforcerai de recueillir, par ticulièrement sur les nations hispano-américaines qui sont pour moi d'un intérêt tout spécial.

Plusieurs Ministres d'Etat et un grand nombre de dignes représentants des puissances, accrédités près le gouvernement français, m'ont procuré, avec amabilité, bien des renseignements statistiques qu'on n'aurait pu obtenir autrement. Je dois exprimer à tous mes sentiments de sincère gratitude. J'ai contracté également une dette de reconnaissance envers les Présidents des Chambres de commerce et des Compagnies de chemins de fer, qui m'ont donné certaines informations nécessaires à mon livre.

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Ne disposant pas du temps nécessaire pour établir une liste complète de tous les ouvrages que j'ai consultes, je me suis borné à en citer un grand nombre dans le cours de mon travail. En général, les publications statistiques officielles des divers Ministères, si complètes aujourd'hui, m'ont fourni des matériaux abondants.

J'espère que cette étude sera accueillie avec bienveillance par le public en général, vu la bonne foi qui m'a guidé, et spécialement par les peuples latins, grandement intéressés à tout ce qui touche à ce pays, depuis longtemps placé à l'avant-garde de la civilisation de notre race.

Paris, avril 1888

Divisions agricoles du territoire fraoçaïK

Terres labourable!

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